BAYARD, DE MERGY
DE MERCY, dans le fond, sans voir Bayard. L'aimable personne 1 Que de grace^ d'élégance!... Et jolie!... Des yeux admirables, un teint d'une fraîcheur ! — Ah ! si je m'écoutais, je crois que j'en deviendrais amoureux.. . Il est inutile d'y songer, demain je serai loin d'ici, et, dans quelques jours, je n'y penserai peut-être plus... D'abord, elle n'aime pas les militaires, elle vient de me le dire... Bah ! j'ai de la fortune, je donnerais ma démission. Oui, mais il est trop lard, ce prétendu... Eh! eh ! qui sait? on pourrait peut-être trouver un moyen pour renvoyer ce monsieur Bayard à son
greffe. (Apercevant Bayard.) Le VOici !
BAPTISTE, entrant avec la valise. Voici la valise de monsieur.
(Bas à Bayard.) Ils y SOnt !
BAYARD, de même. Merci. (Apercevant de Mercy, à part.) H arrive à propos.
DE MERCY, à part. S'en irait-il? (Haut.) Vous partez, monsieur?
BAYARD. Hélas, monsieur! Il le faut bien.
DE MERGY. Comment cela?
BAYARD. J'espérais, en venant ici^ obtenir la main de mademoiselle Filoche. C'était une entrevue^ mais ce maudit notaire me refuse sa fille qui, entre nous soit dit, ne demanderait pas mieux que de m'épouser, sous prétexte que je ne suis pas militaire.
DE MERGY. Vous n'aviez pas prévu cette difficulté.
BAYARD, 11 m'avait pris pour je ne sais quel Bayard dont il avait lu le nom dans leMoîùtcur de l'Armée. Je ne peux cependant pas m'en gager.
DE MERGY. Ah! c'esl fâcheux, mademoiselle Filoche esi jolie I
BAYARD. Monsieur, c'était une affaire superbe ! Cent mille francs et des espérances — une vieille tante sans enfants!...
DE MERGY. Le fait est qu'une vieille tante sans enfants...
BAYARD. Je vois bien à qui en a ce diable d'homme. Ce n'est pas encore tant parce que je ne suis pas militaire qu'il me refuse la main de sa fille, mais parce qu'il ne me croit pas brave... Entre nous, il n'a pas tout à fait tort.
DE MERGY. Il u'ost pas absolument nécessaire d'être brave...
BAYARD. Pour être greffier, oui; mais pour épouser mademoiselle Filoche, il faut l'être ou du moins le paraître. Si je pouvais lui persuader que j'ai tout autant que lui l'humeur belliqueuse...
DE MERGY. Ce Serait difficile.
BAYARD. En vous prcvoquaut devant lui, par exemple. . Ah ! monsieur, quel service vous me rendriez ! Un officier tel que vous. Vous comprenez...
DE MERGY. L'idée Gst assez originale. Mais si mademoiselle
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Filoche vient à apprendre... Vous serez perdu dans son esprit...
BAYARD. Je lui dirai que c'était une petite scène arrangée d'avance entre nous pour obtenir le consentement de son père.
DE MERCY. Très-bien... mais si monsieur Filoche veut que nous nous battions... il ne plaisante pas, lui !
BAYARD. Nous uous dounerous rendez-vous au bois de Meudon... il y a par là un restaurant excellent.