SCÈNE XVIIl DE MERCY, BAYARD, puis FILOCHE
BAYARD. Moi, un ducUiste I ... Grand Dieu! (Poursuivant
Louise.) Je vous en conjure, écoutez-moi... Comment? Elle s'en va ! . . . Elle ne se retourne même pas I . . . Ah ! maudite invention!... Et cet abominable Filoche qui veut absolument que nous nous battions, là, sur l'heure. . .
DE MERCY. Il a raison, autant vider notre petite affaire tout de suite...
BAYARD. Comment ! vous aussi!... mais vous savez bien que tout cela n'est que pour rire et que. . . DE MERCY. Non, monsieur, la chose est plus sérieuse que
VOUS ne le pensez. . . Je vous avais prévenu de ne pas aller trop loin... Vous n'en avez tenu aucun compte.... Mademoiselle Filoclie a été témoin de la scène la plus ridicule, la plus inconvenante
BAVARD. Mais.
DE MERGY. S'il uc s'agissail que de moi... Mon Dieu, cela pourrait peut-être passer, mais j'appartiens à un corps qui se trouve offensé dans ma personne... Mettez-vous à ma place... Enfin, il faut nous battre.
BAVARD. Moi ! me battre avec vous !
DE MERcv. Je ne suis pas si terrible... Qu'ai-je encore eu?... Cinq ou six duels... Il est vrai que je m'en suis toujours assez bien tiré, mais qu'est-ce que cela prouve?.. .
BAVARD. Ce que cela prouve ! ... Si vous croyez me rassurer.. . Songez donc que je suis un homme de plume, que je n'ai jamais tenu une arme de ma vie.
DE MERCY. Mais votre malle en est pleine.
BAYARD. Elles ne sont pas à moi, je les ai prises à monsieur Filoche.
DE MERCY. Ceci cst votre affaire.
BAYARD. Mon Dieu ! — Je ne sais plus où donner de la tête. . . Voulez-vous que je vous fasse des excuses !