SCÈNE V ' LUCIEN, LOUISE
LOUISE. Bonjour, Lucien.
LUCIEN, froidement. BonjOUr.
LOUISE. Ah! ça, qu'as-tu donc ?
LUCIEN. Rien.
LOUISE. Si fait, tu as quelque chose, voyons, parle, que t'est-il arrivé? Comment?... tu t'en vas? (Lucien va pour sortir). Lucien ?
LUCIEN, s'arrétant sur la porte. Mademoiselle !
LOUISE. Viens là... non, là... ici... près de moi... bieni
LUCIEN. Que me voulez-vous?
LOUISE. Encore!... Dis-moi donc ce que tu as?
LUCIEN. Pourquoi m'interroger ?... vous le savez bien.
LOUISE. En vérité, je ne sais rien... que veux-tu dire?... explique-toi.
LUCIEN. Quoi! ignorez-vous que vos parents viennent d'accorder votre main à un médecin de Tours?...
LOUISE. C'est là ce qui te tourmente ?
LUCIEN. Au fait, c'est vrai, j'ai tort... donner sa foi à un ami d'enfance, puis la reprendre parce qu'il se présente un parti beaucoup plus avantageux... il n'y a rien là après tout que de très naturel.. . ça se voit tous les jours.
LOUISE, La fleurette est mignonne!... Ainsi, voilà l'estime que tu fais de ma promesse ?
LUCIEN. Qui m'assure que vous la tiendrez?
Louise. Oh rien I
(Elle pleure).
LUCIEN. Louise ! pardon !
LOUISE. Laissez-moi.
LUCIEN. Reste, je t'en supplie!
LOUISE. Oh non ! . .. Adieu ! je ne veux plus te voir. . . tout est fini entre nous I
LUCIEN. Tiens, regarde, je suis à genoux,
LOUiSEj se rapprochant. Douter ainsi de moi I
LUCIEN. Que veux-tu, je perds la tête.
LOUISE, C'est bien vrai !
LUCIEN. Il y a de quoi aussi,.. Comment ! j'accours ici tout joyeux annoncer que j'ai enfin manomination.,, je m'attends à m'enlendre dire ces mots charmants : Louise est à toi... pas du tout, on m'apprend froidement que l'on vient de t'accorder à un je ne sais quel monsieur Duremère. . .
LOUISE. Et loi, lui as-tu donné ton^consentement à ce monsieur Duremère?... Non, n'est-ce pas?.. . Eh bien, qu'as-tu à craindre ?
(Elle lui tend la main que Lucien baise).
LUCIEN. Tu m'aimes donc ?
LOUISE, apercevant Baptiste qui entre, elle se dirige vers l'autre porte,
(Baissant les yeux.) Peut-être!
(Elle sort à gauche.)