SCÈNE IX
DUREMÈRE, LUCIEN.
LUCIEN, entrant. Monsieur Duremère, je pense?
DUREMÈRE. Oui, monsieui",
LUCIEN, saluant. Monsieur I (A part.) Quelle figtire ! (Haut.) Mettez-vous donc là, je vous prie. Mon oncle ne peut tarder à rentrer.
DUREMÈRE. Ah ! MousieuF est le neveu. . .
LUCIEN. De monsieur Durand, oui, Monsieur.
DUREMÈRE. Ma préseuce ici n'est probablement pas alors un mystère pour vous.
LUCIEN. En effet, Monsieur, j'ai appris
DUREMÈRE. J'arrive dans des circonstances fâcheuses. Je ne me doutais nullement de ce que vient de m'apprendre le domestique qui m'a ouvert la porte. . . 11 paraît que Monsieur votre oncle ne va pas très-bien.
LUCIEN, Dites plutôt qu'il va très-mal. . .
DUREMÈRE. Eu vérité!
LUCIEN. Oh ! maintenant c'est fini ! . . Heureusement qu'il ne se voit pas s'en aller
DUREMÈRE. Et connaît-ou la maladie?
LUCIEN. Il a une gastrite chronique arrivée à son dernier terme. Tous les médecins l'ont condamné. . . Mais à le voir on ne se douterait jamais qu'il est aussi mal. C'est ce qui
TOUS SES CEUFS... i/tO
fait que ma tante et ma cousine se font sur son état une illusion que je ne peux malheureusement pas partager. . .
DUREMÈRE. Ainsi, la maladie présente des symptômes tout à fait inquiétants?
LUCIEN. Sa tête s'embarrasse facilement. . . ce sont des indigestions continuelles... Aujourd'hui encore, sans aller plus loin... Oh! 11 est perdu!
DUREMÈRE. Mais, ujademoiselle se porte bien?
LUCIEN. Hélas, Monsieur ! ma pauvre cousine a une santé bien délicate. . . qui réclame bien des soins et des précautions; il lui faudrait Fair du midi. .. Elle tient malheureusement de sa mère.
DUREMÈRE, Commeut, ]\Iadame Durand?
LUCIEN. Est attaquée de la poitrine, oui, Monsieur. Oh ! il n"y a aucun remède, c'est héréditaire.
DUREMÈRE, à part. Ah, ça ! mais je suis donc dans un hôpital ici!
LUCIEN. Voici mon oncle et ces dames.