SCENE XIU
DURAND,|à son bureau, MADAME DURAND.
MADAME DURAND. Sais-lu si le pâtissler est arrivé ?... je suis d'une inquiétude...
DURAND, tendrement. T'ai-je jendue heureuse, mon Isabelle?
(Il lui tend la main.)
MADAME DURAND. J'ai bien le temps de t'écouter vraiment. Dérange ton fauteuil, il faut que j'ouvre celte armoire.
DURAND, se dérangeant. Ah ! ma pauvre amie!... Que nous sommes peu de chose sur la terre !...
MADAME DURAND. Ah! mon Dieui... Qu'ai-je fait de mes clefs? je les avais il n'y a qu'un instant !... Tu ne les as pas vues ?
DURAND, il se remet à son bureau. Il s'agit bien de tes clefs!...
Mais regarde-moi donc...
MADAME DURAND. Eh bien ?
DURAND. Eh bien, mon affaire est réglée !
MADAME DURAND. Ah tant Efiieux ! Il y a assez longtemps que cela traîne... Est-ce que tu n'aurais pas dû on finir plus tôt.
DURAND. Au fait!.,. Comment, madame Durand... ce sont là les sentiments que vous avez pour moi !
MADAME DURAND. Tu ne parles donc pas de ton affaire avec l'architecte?
DURAND. Comprends donc ce que Ton te dit. Il est question de l'état désespéré dans lequel je me trouve...
MADAME DURAND. Tu rêves^ je crois. (Cherchant ses clefs.) OÙ peuvent-elles être? (S'approchant du bureau de Durand.) Ah ça! que fais-tu là ? quelle est cette quittance?,..
DURAND, à part. Diable! la quittance du bracelet 1...
(Il veut la reprendre.)
MADAME DURAND, lisant, a. Doit : monsieur Durand , un bra- (t;celet monté en émeraudes... mille francs!... «Mille francs!... Que veut dire cela?... Je ne l'ai pas vu^ ce bracelet, moi?
DURAND, cherchant. Ce bracelet?... Ah! oui... c'était...
MADAME DURAND. Pour votre maîtrcsse, dites-le donc tout de suite... Est-ce que vous croyez que je ne vous vois pas rougir!
DURAND. Mais, ma chère amie !...
MADAME DURAND. Des mœurs pareilles... un vieillard!
DURAND. Attends donc que je t'explique. , .
MADAME DURAND. C'est Cela, pendant que madame fait des économies, se prive de tout... monsieur se ruine pour des . . .
DURAND. Mais, Isabelle, écoute-moi donc...
, MADAME DURAND. Oh! iiiais Cela ne se passera pas ainsi... Je veux tout savoir... Comment s'appelle cette personne ? Où demeure-t-elle? Que fait-elle?... Voyons, parlez!,..
DURAND. Isabelle, y songes-tu ?... Je n'ai.. .
MADAME DUKAND. Et moi Quï avais la naïveté de croire que vous alliez tous les soirs faire tranquillement votre partie au café de la Régence.
DURAND. Mais, ma chère Isabelle, écoute-moi donc! je n'ai...
BAPTISTE, annonçant. Monsieur Fabre !
DURAND . Notre notaire ?
MADAME DURAND, a Baptiste, Faites entrer dans le petit salon. (Baptiste soit ; à Durand). Je reviens à rinstant. Je veux connaître toutes vos fredaines... j'en sais déjà assez pour vous faire interdire.
DURAND. Je ne suis pas...
MADAME DURAND. Vous êtes un!... Je ne veux pas dire ce que vous êtes...
DURAND. Isabelle!
(Madame Durand lui ferme la porte au ne*) .