SCÈNE II AMÉLIE, seul
Pauvre garçon!... mais vraimenl il est insupportable! (Elle regarde à la fenêtre.) Quelle imprudence et quelle légèreté j'ai commise d'aller seule aux bains de mer!... (Ecoutant.) Enfin^ voilà le chemin de fer qui part... 11 était temps!... Le prétendu que mon père m'annonce par celte lettre doit arriver aujourd'hui même, si je ne me trompe pas...
(Lisant.)
« Ma chère Amélie, retenu par ma goutte, je t'annonce pour jeudi, <o, »
(S'interrompant.) Aujourd'hui, c'est bien cela.
(Continuant.) a La vi.^ite de M. Pivert, que j'avais espéré pouvoir te présenter moi-même, et sur le compte duquel j'ai les meilleurs renseignement?. Rien n'est plus difficile, dans le monde, ma chère enfant, que la position d'une veuve de vingt-cinq ans, surtout si elle est jolie. Le mariage est presqu'alors un devoir. Le monsieur qui va venir te rendre visite est un honnête homme, un excellent cœur, et;, ce qui ne gâte rien, un membre de l'Institut... C'est un de nos naturalistes les plus remarquables... S'il peut te plaire, c'est un parti convenable sous tous les rapports. 11 se présentera sous prétexte de le donner de mes nouvelles, ei de t'apporler quelques fleurs de mon petit jardin... »
DE MADAME D ERVILLY 27