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CHAPITRE IV. — CHANGEMENTS DE VOLUME. J

M. Erman a fait une étude spéciale de la marche du phénomène dans Teau, le phosphore et Talliage formé de i partie d'étain, i de plomb et a de

Fig. 169.

bismuth. 11 a trouvé que la glace', prise au-dessous de zéro, se dilate d'abord rapidement {fy, 169]; lorsqu'elle approche de zéro, elle commence à se contracter, et cette contraction très-rapide se continue après la liquéfaction jusqu'au maximum de densité, en D, qui a lieu à 4 degrés ; ensuite, la dilatation recommence et se régularise {fi^. 1G9). Le phosphore se dilate avant et après la fusion, mais son volume augmente, en outre, brusquement au moment où celle-ci a lieu {fig. 170). L'alliage fusible se dilate d'abord uniforrnén^ent jusqu'à 44. degrés, puis il diminue de volume et atteint un mini munn à 69 degrés, après quoi il se dilate rapidement jusqu'à 100 de-

Fî(j. 170. Fîg. 171.

grés, en passant par le point de fusion qui est à q4 degrés; à {)artir de icM> degrés, la dilatation suit la même loi qu'au-dessous de 44 degrés {fis- >7i]* Ce corps se dilate donc de la même manière à l'état solide et à l'état liquide, sauf une anomalie qui a lieu dans le voisinage du point de fusion, et son maximum de densité est à 69 degrés.

Fnsioii des alliages. ~ Les alliages formés de plusieurs mi'taux se liqiiéGent complètement à une température qui est fixe, et généralement plus basse que les points de fusion des éléments qui les composent. Voici les points de fusion de quelques alliages définis :

Sn»Pb 194»

Sn'Pb 187

Sn Pb 341

Sn Pb» .' 289

Sn"Bi îoC»

Sn Bi i4i

Pb*Sn»Bi' 100

Pb Sn Bi« ... 9/1

Dans la plupart des cas, la fusion complète est précédée d*un ramoiliâeement, ce qu'on explique en admettant que Talliage se partage en deux aotre>. de fusibilité diiïérente, et dont Tun se liquéfie pendant que Fautre re&4^ solide. Quand ce phénomène est très-prononcé, on l'appelle Uquation.

En refroidissant un alliage complètement fondu, on observe le phénomèur inverse, c'est-à-dire une solidification partielle qui précède la totale. Rudberg a trouvé qu'avec deux métaux, tels que le plomb et l'étain par cxempk, le moins élevé des deux points de fusion demeure invariable et égal à \%r^. pendant que l'autre varie avec la proportion des métaux alliés ; les dei3 points de fusion coïncident pour l'alliage Sn^Pb, le seul qui ne se dédoubir pas, et que Rudberg appelle pour cette raison alliage chimique.

AUotropie. — Trois substances simples, le soufre, le sélénium et Ir phosphore, ont offert aux chimistes des particularités très-rennarquabJe?.

Chauffé jusqu'à 4oo degrés, le soufre devient visqueux, et si on lo coule à cet état dans l'eau froide, il se maintient en filaments élastiques et verdâtres : c'est le soufre mou. De son côté, le sélénium, quand on la maintenu fondu pendant longtemps à %io degrés et qu'on le laisse refroidir lentement, prend également vers 5o degrés un nouvel état solide amor]^. Ainsi, préparés {)ar une manipulation qui est très-analogue, ces deux corp> acquièrent des propriétés toutes nouvelles, et il faut chercher à se rendre compte des causes' qui modifient alors leurs caractères ordinaires. Or, s on les porte tous les deux progressivement jusqu'à loo degrés environ, ii arrive un moment où ils s'échauffent brusquement et spontanément : Ir soufre mou jusqu'à i lo degrés et le sélénium amorphe jusqu'à i4o. Aprè« cela, ils ont repris leurs propriétés ordinaires. Il est donc évident qu'ilsavaient conservé de la chaleur et qu'en la perdant ils perdent également les propriétés nouvelles qu'ils avaient acquises.

Le phosphore, chauffé pendant huit ou dix jours vers aSo degrés, prend une couleur de carmin et devient ce que l'on nomme le phosphore rouge. En cet état il est insoluble dans l'alcool et l'éther ; il ne prend feu qu'à une température très-haute ; il cesse d'ôtre un poison et ne ressemble plus en rien au phosphore ordinaire; mais il revient à son état premier quand on le chauffe à a6o degrés, et probablement alors il abandonne de la chaleur comme le font les corps précédents.

Regel. — On comprend sous ce nom une série de faits dont la première découverte est due à Faraday, et qui font ressembler la glace à un corps visqueux. Ainsi, deux morceaux de glace fondante mis en contact gèlent aussitôt ensemble, même au sein de l'eau chaude. M. T\iidall rattache à ces phénomènes le moulage de la glace, qu'il a obtenu par

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