CHAPITRE IV. - FUSION ET SOLIDIFICATION
Tableau des imnts de fusion.
Fer martelé anelais iCoo®
Fer doux français 1 5oo
^"«ï* i/|00 à i3oo
Fonte grise t20o à i loo
Fonte blanche i lOO à io5o
Or pur laSo
Argent pur looo
Bronze qoo
Antimoine q3j
Zinc 3(5o
Plomb 3aC
Bismuth aCa
Étain 33o
Camphre i ^5
Soufre . 1 10
'ode ,07
Sodium QO
Acide stéariquc "o
Cire blanche
Cire jaune
Potassium
Phosphore
Suif .'.
Beurre .
Glace
Acide hypoazotiquc
Essence de térébenthine. .
Brome
Cyanogène
Mercure
Acide carboni:|uo
Ammoniaque
Acide sulfureux
Acide sulfhydriquo
Protoxyde d'azote
Gi
Fig. 1C7.
Variations des points de fnsion et de solidification. - Les lois précédentes ne sont point tout à fait absolues, comme on lavait d'abord admis.
On a récemment découvert que des changements considérables dans la pression amènent des variations faibles, mais sensibles, dans les températures de fusion et de solidification. M. W. Thomson a étudié la fusion de la glace au moyen d'un appareil en verre dans lequel on pouvait développer des pressions énergiques (Jig. 1 67) , et il a trouvé qu'elle a lieu respectivement à - o^ o5 et à - o", 1 3 sous les pressions de 8 et 17 atmosphères. M. Mousson est parvenu à faire descendre le point de fusion de la glace encore bien plus bas, au moyen de pressions beaucoup plus fortes. la glace diminue brusquement de volume lorsqu'elle se liquéfie. Mais d'îlutres substances éprouvent, au contraire, une dilatation subite quand elles se fondent ; pour ces mêmes substances-, le point de
fusion monte avec la pression. C'est ce que M. Bunsen a démontré ponr V blanc de baleine et la paraffine, en observant la fusion de ces corps ec Fl0.i68. CD (Jig. i68) dans un siphon fermé où on développait de fortes pressions par la dilatation d*une colonne de mercure EB que Ton chauffiiit. Le point de fusion de la paraffine, par exemple, monte de 46"*, 3 à 49'*,9 quand la pression atteint loo atmosphères.
Outre cette cause générale de N-ariation qui affecte égaA^ ment le point de fusion et celui de solidification, il est dfif circonstances qui font varier le point de solidification seuk^ ment. Ueau mise à Tabri de Tair dans un ballon fermé on sous une couche d'huile peut rester liquide jusqu'à — 12 d<>grés ; mais le moindre choc suffit alors pour déterminer uoe brusque congélation. Despretz vit le même effet se prodairt
ddans des tubes capillaires, où Teau resta liquide jusqu'à — 20 degrés.
Ce phénomène de la surfusion n'est pas particulier à Teau : on Ta aussi observé avec Tétain, le salpêtre, le soufre, k phosphore, etc. Le phosphore peut rester liquide jusqu'à 22 degrés , si on le fait refroidir dans de Tean noo agitée. Enfin les dissolutions salines sont dans le même cas. Ainsi, une dissolution de sulfate de soude saturée à chaud et renfermée dans un tube effilé, à Tabri du contact de l'air, peut se refroidir sans cristalliser, quoiqu'elle devienne alors plus que saturée; mais elle cristallise aussitôt que Ton casse la pointe du tube. M. Gemez a donné l'explication de ce phénomène ; il a démontré que la cristallisatioo des dissolutions sursaturées est toujours déterminée par des particules solides du même sel qui étaient disséminées dans l'air qu'on laisse rentier ou qui sont apportées par les corps que Ton plonge dans ces dissolutions.
Ghangementa de volume pendant la fusion. — En dehors de la dilatation que tous les corps éprouvent aussi bien à l'état solide qu à Tétat liquido, leur volume, et par conséquent leur densité, subit encore un changement brusque au moment du passage de Tun de ces états à l'autre. Ainsi l'eau se dilate en se congelant, puisqu'elle fait alors éclater les vaso> fermés qu'elle remplit complètement. La fonte de fer, l'antimoine, le bismuth'sont dans le même cas; la plupart des sels se dilatent aussi en cristallisant. Mais le mercure, le phosphore, le soufre, la stéarine, la paraffine, etc., diminuent de volume en se solidifiant, et ce dernier cas est l' plus habituel.