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CHAPITRE VI. — MÉTÉOROLOGIE

bres, des hangars, des toiles, etc. Si le ciel est serein et découvert, elle ne reçoit rien en échange de ce qu'elle envoie et se refroidit. Well ayant placé un thermomètre dans l'herbe le vit baisser de 2,3, . . . et môme de 5 degrés. On conçoit que les corps légers, mauvais conducteurs et doués d'un grand pouvoir émissif, sont ceux qui se refroidissent le plus.

L'air qui touche ces corps prend leur température, et si le refroidissement est sufGsant, il atteint son maximum de saturation et la rosée se dépose. Elle ne se produit pas sous les arbres, les hangars, les abris quelconques, puisque là il n'y a pas de refroidissement; elle ne se dépose pas pendant les temps couverts par la môme raison, ni pendant l'été parce que le refroidissement terrestre est insuffisant; mais elle est abondante au printemps et en automne, et elle est proportionnelle à l'étendue de ciel visible du point où est situé l'objet considéré.

Sereins, Brouillards. — Le serein et le brouillard sont dus au refroidissement de l'air; le premier est produit par des gouttes de pluie qui tombent sans nuages, le deuxième par une condensation en particules assez ténues pour ne pas tomber, car la résistance que l'air oppose à la chute des particules déliées est une fraction de leur poids d'autant plus considérable qu'elles sont moindres. Les nuages sont des brouillards plus élevés ; ils marquent généralement la limite entre des couches inférieures chaudes et non saturées et une nappe supérieure froide. La pluie qui provient d'une condensation plus abondante occasionne toujours un refroidissement.

n. — MOUVEMERTS DE L'AmOSPHËBE ET DES MERS.

11 n'y a pas de mécanisme plus simple que celui qui règle la circulation générale de l'atmosphère. Tout vient du soleil; les pôles ne sont point échauffés, et les diverses contrées le sont d'autant plus que leur latitude est moindre. On a tracé sur le globe terrestre : i*" des lignes qui indiquent de degré en degré les températures moyennes de l'année, lignes isothermes; a* des lignes de température égale d'été, isothères; 3® des lignes de même température d'hiver, ou isochimènes. Elles ne sont point parallèles. Les températures d*été sont très-hautes, celles d'hiver sont très-basses au centre des continents , par exemple en Russie et en Chine : ce sont des climats* extrêmes. Au contraire, les oscillations sont moindres dans les lies, parce que Tévaporation de l'eau rafraîchit l'air en été et que la mer, qui se refroidit à peine en hiver, tient l'air à une température voisine de la sienne.

Il y a toujours une zone qui reçoit le soleil d'a{ikMQb, c'est comme un

foyer annulaire; c'est là que Tair est le plus chaud et le plus léger; d(^ lors il s^élève et entoure le globe d'un anneau de ^az ascendant. Cest Vanneau d'aspiration.

U ne peut y avoir d'aspiration sans appel d'air. Au nord et au sud •«- Tanneau on constate des vents qui viennent du nord et du sud pour se n^ joindre et s'élever : ce sont les alizés. Arrivés aux limites supérieuir^ de leur course ascendante, ils se séparent en deux courants équatonain qui s'élancent vers les pôles, passent au-dessus des contrées tempérées oû descendent sur la terre qu'ils échauffent en se refroidissant et retoumeot vers l'équateur pour recommencer le même trajet indéfiniment.

Dans notre hémisphère les alizés ne viennent pas directement du nord au sud, mais du nord-est au sud-ouest. En effet, l'atmosphère partage le mou\ement terrestre et décrit, de l'ouest à l'est, des cercles d'autant plus grands que la latitude est moindre. Un vent qui part de Paris du nord au sud po^sède une vitesse vers l'est de 280 lieues à l'heure ; en marchant il pas«4> au-dessus de points ayant une vitesse plus grande, et il retarde sur e<j\. il se dirige vers l'Espagne, les Canaries et le Mexique : c'est un vent &t nord-^t. Arrivé à l'équateur, il s'élève en hauteur et continue sa rtmtf vers l'ouest, même quand il conmience à marcher vers le nord pour former le courant équatorial; mais finalement, il prend une vitesse du sud-ouest au nord-est, par suite du décroissement de la vitesse de rotation des poinb: qu'il traverse à des latitudes croissantes.

L'existence de ces deux courants superposés de direction contraire a é\ê constatée par les ascensions exécutées au pic de Ténériffe et par des projections de cendres provenant des volcans de l'Amérique centrale.

Le calcul indique que, si rien ne tempérait leur marche, ces deux courants atteindraient une vitesse dix fois supérieure aux ouragans les plus violents. C'est en se mêlant qu'ils se modèrent. Sous la zone torride, dans l'hémisphère boréal, les alizés soufïïent éternellement du sud-ouest, et le courant équatorial supérieur ne se môle point à eux; mais, à mesure qu'il converge vers le nord, ce courant se rétrécit et envoie vers le sol de? remous descendants qui se mêlent aux vents alizés. Les deux vitesses de signe contraire tendent à s'annuler ou oscillent entre les directions des deux courants. Sous le 35' degré la compensation parait complète, plus haut vers le nord les vents de retour dominent de l'ouest vers Test.

Ces mouvements généraux de l'air distribuent la pluie. Sous les vent< aiizés l'air vient du nord; il est froid, il s'échauffe progressivement en marchant; son état hygrométrique baisse, il est sec et desséchant; pas de pluie, les arbres perdent leurs feuilles. Dans l'anneau d'aspiration l'air sr dilate, s'élève, se refroidit et dépasse le point de saturation. Dès lors il

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