CHAPITRE 1. — HYPOTHÈSE DES FLUIDES
négativement. Deux disques du même verre, entre lesquels il n'y a d'autre (lifTérence que le poli, s'électrisenj entre eux et dans le même sens que prëcédenunent. Quand il a été chauffé dans la flamme de Talcool et refroidi ensuite, ou bien baigné dans un acide concentré et rincé à l'eau distillée, ce même verre devient négatif. 11 en est encore de même s'il est chaud et frotté sur du verre froid ; enfin deux disques identiques s'électrisent par leur frottement mutuel tantôt dans un sens et tantôt dans l'autre. En général, deux corps identiques s'électrisent mutuellement et celui qui réchauffe le plus devient négatif : c'est ce qu'on réalise en frottant une |)Otile surface sur une grande ou en promenant un long ruban de soie ()erpendiculaireraent à la largeur d'un autre ruban pareil.
Tout ce que nous venons d'exposer se réduit à cinq faits généraux qui résument toutes les propriétés électriques : i* les corps frottés attirent les corps légers, ils s'électrisent; a** il y a des substances qui transmettent la vertu électrique et d'autres qui la maintiennent fixement sur elles : il y a donc des corps conducteurs et des corps isolants ; 3"* il existe deux modes difTérents d'électrisation ou deux électricités : les corps se repoussent ou s^attirent quand ils ont de l'électricité de même nom ou de nom contraire; 4"^ le frottement développe sur les deux substances qui se frottent des quantités équivalentes d'électricités opposées ; 5"* les électricités contraires en proportions équivalentes détruisent leurs effets en se réunissant.
Symmer a imaginé un système hypothétique qui coordonne ces faits avec assez de commodité.
Hypothèse des deux fluides électriques. — i** Il admet que tous les corps à rétat naturel contiennent en eux une quantité indéfinie, ou au moins qu'on ne peut épuiser, d'une manière subtile et sans poids, que Ton désigne sous le nom ûejlitide ciectrif/ue neutre,
i"* Ce fluide est formé par la réunion de deux espèces de molécules, les unes positives y les autres négatives; quand elles sont combinées, le corps qui les contient est à l'état naturel ; quand il y a un excès plus ou moins grand de l'une ou de' Tautre espèce de molécules, le corps est plus ou moins électrisé, positivement ou négativement.
3^ Les deux fluides peuvent circuler avec une grande rapidité à travers certains corps qui sont conducteurs; mais ils restent fixés sur les molécules des substances isolantes ^ sans pouvoir cheminer d'un point à un autre.
4° Quand on frotte deux corps l'un sur l'autre, le fluide neutre se dérompose, les molécules positives passent d'un côté et les négatives de l'autre; dès lors les deux corps se chargent d'électricités contraires, dès lors aussi, quand on les réunit après le frottement, ils se remettent à l'état
naturel, puisque les deux fluides se combinent pour reproduire l'électrici lé neutre.
5*" On admet que les molécules de même nom se repoussent, et que le fluides de nom contraire s'attirent, en vertu d'une affinité spéciale qui tend à les combiner quand ils sont en présence et que le frottement parvient a vaincre. Si cela est ainsi, deux corps électrisés avec des fluides de même nom ou de i\pm contraire devront se repousser ou s'attirer, c'esl-à-dirr s'éloigner ou se rapprocher sous l'influence des actions que les fluides exercent entre eux, actions qui entraînent la matière elle-même.
Il est essentiel de remarquer que la théorie de Symmer est tout à fait hypothétique. C'est une simple traductioi\ des lois générales de réieciricîtê. On la conserve par habitude, bien qu'on ait de graves raisons pour douter de sa réalité.
m. ~ LES MAGHIIIES ÉLECTBIttUBS.
Machine électrique ordinaire. — La machine employée en France a pour organe principal un plateau de verre (fig. 218], traversé par un axe métallique autour duquel on le fait tourner par une manivelle M. Par ce mouvement, les points des deux faces du verre viennent successivemeni passer entre deux systèmes de coussins A et À' et y prennent l'électridu^ positive.
Si les coussins étaient isolés, ils prendraient —<? d'électricité pendant que le verre prendrait + <?, et l'équilibre serait atteint quand la tendance de ces électricités à se recomposer serait devenue égale à l'action séparatrice du frottement. Cette tendance diminue si l'on met les coussins en relation avec le sol, et, en continuant le frottement, on produit une nouvelle décomposition qui ajoute une certaine quantité de fluide à celle que le [^teau avait déjà acquise.
Les coussins communiquent avec le sol par une règle de cuivre qui règne sur toute la longueur du support EE' et qui se relie à une chaîne qu'oo laisse toujours pendre. Ils sont formés d'une plaque de bois recouv^te de cuir, bourrés de crin, soigneusement garnis de feuilles métalliques et pressés sur le verre par des ressorts. Ils développeraient très- peu d'électricité si on ne les couvrait avec certaines substances, telles que l'or musif ou un amalgame d'étain et de zinc.
Deux cylindres de laiton HK, U'K', réunis entre eux et soutenus sur d(v pieds de verre, sont dirigés perpendiculairement au plateau vers les deux