‹ Petit traité de physique à l'usage des établissements d'instructionChapitre 155 sur 377 · CHAPITRE 111. — CAS DES MAUVAIS CONDUCTEURS. 27ô · texte numérisé non relu

CHAPITRE 111. — CAS DES MAUVAIS CONDUCTEURS. 27ô

i"* Matteucci suspendit par un fil de cocon de petites aiguilles de soufre, de résine ou de gomme laque, et approcha d'elles un corps électris^é A : à Finstant elles se dirigèrent vers lui en exécutant des oscillations autour de leur position d'équilibre. Tant que dura l'influence, elles donnèrent des signes électriques, contraires à ceux du corps inducteur à leur bout le plus rapproché de lui, et de même sens à leur extrémité la plus éloignée. Aussitôt que Ton éloigna le corps électrisé A, les aiguilles revinrent instantanément |i l'état naturel. Ces eflets sont identiques à ceux que montrent les corps conducteurs.

Cependant, le mode de distribution électrique n'est point le môme dars les deux cas. Pour savoir ce qui se passe ici, considérons le cas hypothétique où l'on aurait une suite de conducteurs très-petits et très-voisins A, B, C, D, E {fig. 236)-. A l'instant où nous placerons en avant de A un corps

• Fîg. q36.

(^lectrisé négativement, les fluides neutres se décomposeront tout le long (ie la série> chaque extrémité antérieure se chargera positivement et chaque bout postérieur négativement ; les fluides de noms contraires détruiront leurs actions dans les intervalles de deux conducteurs voisins, et l'efTet total de la série de corps sera sensiblement réduit à celui des électricités positive et négative qui se trouvent aux deux bouts A et E. Or, pour expliquer l'influence exercée sur les corps isolants, on admet que chacune de leurs molécules se conduit comme chacun des conducteurs A, B, C,. . . , et l'on dit qu'elles sont j)olarisécs.

2° Quand un corps inducteur électrisé A touche une substance isolante, l'efTet que nous venons d'analyser se produit d'abord ; mais quand l'action £0 prolonge, le mode de distribution change. Les fluides de nom contraire à A attirés par lui et les fluides de même nom qui sont repoussés se déplacent peu à peu sur la substance, qui n'est jamais absolument isolante, et bientôt les points en contact avec A sont électrisés positivement, s'il est négatif; les parties plus éloignées ont l'électricité négative, et ces charges électriques persistent après l'éloignement du corps inducteur.

Celte explication est confirmée par une expérience qu'on doit ù Matteucci . Ayant formé une pile de lames minces de mica superposées et pressées, il annales faces extrêmes de deux conducteurs métalliques et fit communiquer l'un avec la machine électrique, pendant que l'autre touchait au sol. Au bout de quelque temps, il sépara les lames qu'il trouva toutes électrisécs d'une manière permanente, savoir : négativement sur la face qui re-

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gardait le conducteur positif, et positivement sur la surfoce opposée. Chacune des lames de mica avait donc subi le genre de décomposition qtit' nous venons de décrire.

Il faut remarquer que, malgré le contact, la transmission du fluide w se fait pas d'un corps conducteur à un corps isolant, ni réciproqnema^c. Pour le. prouver, on électrise par frottement un g&teau de résine , qui devient négatif, et l'on dépose sur sa surface un plateau métallique ; celui-c subit la décomposition par influence sans recevoir 4'électricité par oommunication, car si Ton touche sa surface supérieure, on reçoit une étinceL'-. négative, et si après cela on le soulève avec un manche isolant, il est cbar^* positivement, c'est-à-dire d'une électricité contraire à celle du gfttean.

3** Quand l'expérience est prolongée davantage, ces effets d'induction disparaissent et la communication électrique directe se fait entre le corp^ chargé et la substance isolante ; ainsi les isoloir^ des machines électrique prennent de l'électricité positive dans toute leur étendue ; ainsi les lan^ de mica superposées finissent par être toutes chargées positivement >ar leurs deux faces.

Cette transmission lente se fait par la masse entière des mauvais conducteurs. On touche une machine électrique par un bâton de résine, qu. finit par devenir positif dans une grande longueur ; après cela on le frott<> avec une étoffe de laine, ce qui le rend négatif. Abandonné à lui-mémp il redevient neutre, puis reprend de l'électricité positive, ce qu'on yen' expliquer en supposant que cette électricité, primitivement fournie pr la machine, a pénétré dans le corps, qu'elle a été ensuite recouverte «Je fluide négatif par le frottement, et que peu à peu elle revient de l'intérieur à* la surface. Un cube de spermacéti ou de stéarine est d'abord électrise par la machine. Quand l'action a duré pendant longtemps, on le lavt> à l'alcool, ce qui lui enlève toute électricité; mais quelque temps après elle revient de l'intérieur et reparaît à la surface.

n. — THÉORIE DE L'ÉTDIGELLE.

Formation de rétincelle. — Quand on approche une sphère B d'un conducteur électrise A {fig. a34, p. 273), l'influence de A amène du fluide négatif en B, et la réaction de celui-ci sur A accumule du fluide positif en regard. Il y a donc en présence sur A et B des charges électriques de nofli contraire dont les épaisseurs croissent à mesure que leur distance diminue, et dont les molécules, qui se repoussent mutuellement, tendant à s'échapper

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