‹ Petit traité de physique à l'usage des établissements d'instructionChapitre 224 sur 377 · CHAPITRE II. — DIAMAGNÉTISME · texte numérisé non relu

CHAPITRE II. — DIAMAGNÉTISME

gnclique (le plusieurs substances. M. Ed. Becquerel a donné le tableau

suivant :

Fer -h I ooo ooo

Perchlorure de 1er -f- 1 /|0 .

Eau — 9,08

Oxygène -*- ^77

Air -+-88

On voit que l'oxygène est quatre fois plus magnétique que Tair, ce qui prouve que Tazote est indifférent, i mètre cube d'oxygène équivaut à 54 centigrammes de fer, et l'atmosphère tout entière agit comme une couche de fer qui envelopperait la terre et aurait jj do millimètre d'épaisseur.

Explication du diamagnétisme. — On sait que si l'on présente un morceau de fer à un pôle austral, il se forme à son extrémité un pôle contraire qui est attiré. Le diamagnétisme résulte d*une action opposée; il se forme un pôle de même nom. Voilà pourquoi le barreau est repoussé. On le démontre en plaçant un barreau de bismuth dans une spirale traversée par un courant, et en lui présentant une aiguille aimantée. On reconnaît que le barreau a pris* un magnétisme opposé à celui que prendrait le fer dans les mêmes conditions.

Ces faits paraissent en opposition avec la théorie d'Âmpèro, qui perdrait ainsi sa généralité. On va voir que cette opposition n'est pas cependant aussi radicale qu'elle le parait.

Faraday reconnut, en effet, que la nature du milieu ambiant peut changer complètement les propriétés des corps. Par exemple, un tube contenant une solution de sulfate de fer est magnétique dans l'air ; il le devient davantage dans Teau ou l'alcool ; mais il devient diamagnétique dans une solution de sulfate de fer plus concentrée que celle qu'il contient.

Cela s'explique par le principe d'Archimède.

Plaçons dans le voisinage d'un pôle d'aimant une cuve pleine d'un li* quide : il n'éprouve aucun mouvement. Or isolons par la pensée une masse quelconque dans son intérieur : elle est sollicitée par le pôle avec une force /, positive ou négative suivant qu'elle est magnétique ou diamagnélique ; et comme elle ne se déplace pas, il faut que le milieu qui len- (cure exerce sur elle une poussée •— / égale et contraire. Remplaçons maintenant cette masse que nous avons isolée, par une autre qui soit limitée à la même surface, mais qui soit de nature différente; elle éprouvera, de la part de l'aimant, une action différente/' positive ou négative, et de la part du liquide une mémo poussée — /; la résultante sera /' — /.

Par conséquent Taclion que le pôle d'un aimant exerce sur un corps quelconque plongé dans un milieu fluide , est égale à la différence de celles qu'il exercerait séparément sur ce corps et sur le fluide qu^il déplace.

Quand le milieu est magnétique, / est positive, et/'— /tendàélre négative ; par conséquent , un corps quelconque tend à devenir diamagnétique. Inversement, dans un milieu diamagnétique, /est négative; la substance tend à être magnétique.

Or tous les corps de la nature sont plongés dans Féther, et ce milieu, qui transmet la lumière et l'attraction, qui a delà masse, pourrait trèsbien être magnétique. En résumé on se trouve dans cette alternative, ou de supposer la loi d*Àmpère très-particulière, et de ne point expliquer le diamagnétisme, ou d'admettre la généralité de cette loi et la propriélé magnétique de l'éther; alors le diamagnétisme se prévoit. M. Ed. Becquerel a admis avec raison, je crois, cette dernière solution.

Page 1