CHAPITRE V. — AURÉOLE
extrémités Q et 0' en communication avec les armatures d'une batterie AB,
et interrompre le circuit en DE. Dans ce cas, rextrémité positive Q envoie
Fig. ^10. ^^^ fluide dans la batterie, et le fluide positif
de l'armature extérieure, passant en CD, vient à travers l'intervalle DE recombiner l'électricité neutre dans la bobine. La batterie se charge aussi fort et plus rapidement qu'avec une machine électrique.
Stratifications. — Toutes les fois qu'on fait passer la décharge de la machine de Ruhmkorif dans un espace vide, elle donne une lueur continue (Jîg. 4io). De la pointe positive A on voit partir une gerbe rouge qui occupe presque toute rétendue de l'œuf, et qui offre auprès de A un maximum d'éclat. La pointe négative C ne donne point de gerbe, elle est entourée de trois couches de lumière d'un bleu violet, qui ne s'étalent pas, et il y a toujours un espace obscur entre la gerbe et la boule C. Celte apparence change quand on introduit dans l'air raréfié des vapeurs d'alcool, d'éther, de sulfure de carbone, etc. Dans ce cas, la gerbe se divise en couches perpendiculaires à AC, qui sont alternativement lumineuses et obscures, et qui font paraître la lumière comme stratifiée.
L'expérience peut se faire avec des tubes dits de Geisslrr (Jig. 4n))
Fig. 4 1 1 •
formés par des boules et des conduits étroits, qu^la lumière illumine, en pri sentant les mômes particularités de stratification. Il est aujourd'hui dé-
432 LIVRE V. — ÉLECTRO-MAGJIÉTISME.
montré que ces courbes se retrouvent dans toutes les décharges électriques. On ignore la cause de ce brillant phénomène.
Composition de rétincelle d'induction. — L'étincelle donnée par ces machines est composée d'un trait de feu brillant qui en occupe Taxe, et d'une auréole extérieure rouge-orangé, beaucoup moins lumineuse. Le trait de feu est instantané , mais l'auréole dure pendant un temps appréciable. Dès lors, celle-ci devra contenir la presque totalité de rélectricilf' qui passe. C'est pour cela que l'on nomme l'auréole la flécharge de quantitéy le trait la décfiarge de tension.
Le trait perce une feuille de papier sans l'échaufîer, comme le fait Fétiocelle des machines électriques ; mais Tauréole l'échauffé jusqu'à l'enflamnier.
Une action mécanique quelconque ne produit aucun effet sur le trait instantané, mais elle agit sur l'auréole, parce qu'elle dure. Un courant d'air rapide entraîne l'auréole et la- sépare du trait ; si l'on fait éclata l'étincelle entre deux veines liquides ou entre deux conducteurs animas d'un mouvement rapide et commun, on voit l'auréole en retard du trait.
Quand on condense la décharge totale dans une batterie (Jîg, 4cS avant de la laisser éclater dans l'air, toute l'électricité, soit celle de lau* réole, soit celle du trait, commence par se condenser dans la batterie, qui ensuite se décharge, suivant les conditions ordinaires, en un seul trait de feu qui est instantané, et conséquemment plus large et plus brillant.
Actions magnétiques. — La décharge d*induction, tout aassi bien que Tarr voltaîque, est formée de courants qui circulent à trarers l'air; ils éproav«fii les mêmes actions mécaniques que des conducteurs solides.
Soient {fig. 4i3;) A et B deux pôles d'aimant, et O un courant rertical. Su
Fig. 4 13* P
regarde A, il a sa droite vers P ; s'il est tourné vers B, c'est sa gauclie qui «^ dirigée en P. Or entre ces deux pôles il est dans la même situation qu^ \^ courants de la roue de Barlow, et il doit être chassé vers sa droite par A, trr» sa gauche par B, c'est-à-dire dans le sens de la Ûèche P.
En effet, M. Quet a vu l'arc voltalque, placé entre les pôles A et B dVa éie^'tro-aiiqant très-énergique, se dévier vers P en prenant la forme d'un dard ie chalumeau. Quand on remplace cet arc par la décharge d'induction, le trait et feu instantané n'est point influencé, mais la lueur est chassée dans la directe o de P, en s'étalant sous forme d'un éventail rouge.
Dans le vide, le trait disparait, et l'étincelle se transforme en une gerbe Ib>