CHAPITRE TH. — ÉMISSION
qu'à une distance double ou triple, sa surface apparente, vue de B, deviendra 4 ou 9 fois moindre, et la quantité de rayons qu^elle recevra sera 4 ou 9 fois plus petite; en général, celte quantité sera en raison inverse du carré
de la distance r, et s*exprimera par
Ew'
Si CD s'incline d'un angle i' sur sa direction primitive et se place en CE, elle ne recueillera que les rayons qui passent sur sa projection C£'= a-' cos<',
c'est-à-dire une quantité égale à 5 — • De même si la surface échauffée
AB était inclinée de / , elle se trouverait réduite à sa projection ÂF' et enverrait sur CE une quantité de rayons Q, qui serait
^ Eicos/j'cosi'
Pour justifier cette loi de l'émission oblique, on remarque que si Ton regarde ou le soleil ou un boulet rougi, on les voit comme des disques plans, ce qui prouve qu'une portion quelconque de leur surface émet la même quantité de lumière que leur projection sur un plan normal aux rayons. On arrive à la môme conséquence par une expérience de Leslie, en limitant par des écrans PQ, RS [fig, 61 5) le flux calorifique émis par une
Fiff. 6i5.
surface AB, le recevant sur un miroir MN et ensuite sur un thermomètre F. L'effet ne change point si l'on incline la surface AB d'un angle 1 quelconque.
La formule (1) exprime la loi générale de l'émission; E varie à la fois avec la substance considérée, avec la température à laquelle elle a été portée; il varie aussi, et graduellement, avec la réfrangibilité du rayon que l'on considère. Nous allons commencer par réunir ces rayons en groupes, en attribuant à E une valeur moyenne que nous supposerons commune à chaque radiation.
n. — ÉHI88I0V DES GHALEDB8 0B8GUBSS.
Comparaison des ponvoin émiasiiii. — Pour comparer les pouvoi^^ émissifs de diverses surfaces, Leslie plaçait devant un miroir concave [fig. 6i5) un cube ÂB rempli d'eau bouillante, dont les quatre ûiœs verticales étaient couvertes : la première de noir de fumée, et les autres (k^ diverses substances qu'on voulait étudier. Au foyer du miroir UN, était disposée la boule F d'un thermomètre diflérentiel, revêtue de noir de fumée ; elle s'échauflait et arrivait à un excès final de température.
Après Leslie, MM. de la Provostaye et Desains ont remplacé le minûr et le thermomètre par la pUe de Melloni ; ils ont obtenu les nombres suivants, qui représentent les pouvoirs émissifs de diverses sur&ces cotth parés à celui du noir de fumée, pris comme unité :
Noir de fumée i , oo
Gémse i ,00
Colle de poisson 0,91
Encre de Chine o,85
Gomme laque 0,7a
Platine 0,11
Cuivre o ,oS
Or 0,04
Argent o,o3
Argent bruni 0,03
On voit qu'à 100 degrés, les divers corps ont des facultés éffiis6ivp^ très-diverses; elles ne dépendent point de la couleur, comme Pavait cfu Leslie. En général, elles augmentent avec la rugosité des surCacp<; mais cela tient plutôt aux changements de densité que l'on produit en polissant ou en rayant les corps. Ce qu'il faut signaler, c'est le peu de pouvoir émissif des métaux.
Influence de la température. — Quand la température croit, E augmcfiU; tant qu'elle ne dépasse pas 100 ou 300 degrés, on peut admettre que E lui est
proportionnel. Posons donc E =. er, et il vient
Fig. 616.
Qssrr
icosi l'cos/'
Q représente la chaleur envoyée par la surface s sur s'. sous des angles d'émisaion et d'incidence égaux à i et à 1'. Cherchons la somme des chaleurs envoyées par mn = s {J!g. 616) sur tous les éléments AB de la wfhètt décrite de O, comme centre, avec un rayon éfpd à Tunité. AB reçoit la chaleur normalement ; r= o, et l'on a
^ «j'cosi
f'cosr est la projection PQ de AB sur MN. Si donc on fait la somme de toutes les chaleurs envoyées sur des élémeots