CHAPITRE VU. — ANALYSK SPECTRALE
belle raie verte; et enfin dans celui du baryum, le plus compliqué de tous, un ensemble nombreux de lignes brillantes comprises entre le rouge et le bleu.
Fig. 619.
AaBCD E b F G H
En résumé, les six métaux alcalins connus, combinés avec des corps quelconques, déterminent, quand on les introduit dans la flamme, certaines raies spectrales qui les caractérisent et permettent non de les doser, mais de reconnaître leur présence. Tel est le principe de l'analyse spectrale.
Cette méthode est d'une sensibilité extraordinaire. En faisant détoner dans une chambre 3 milligrammes de chlorate de soude, on répand dans Tair une quantité suffisante de sodium pour que le spectroscope en accuse la présence à l'extrémité opposée de la chambre. Grâce à cette prodigieuse sensibilité, on a reconnu l'existence de parcelles de soude dans presque toutes les poussières ; on a constaté également que les autres métaux alcalins sont beaucoup plus répandus qu'on ne l'avait supposé. Ce n'est pas tout : la nouvelle méthode a fait découvrir plusiArs nouveaux corps simples, qui se sont révélés par les traits brillants de leurs spectres.
MM. Kirchhoff et Bunsen avaient fait dissoudre i5o kilogrammes de lépidolite de Saxe. Après avoir précipité successivement tous les métaux «pe la solution contenait, excepté le sodium et le potassium, ils découvrireni au spectroscope, outre les caractères de ces deux métaux, des raies noovelles qui n'appartenaient à aucun des alcalis connus. 11 y en i\d\\. àm dans le rouge et deux autres moins vives dans le violet [fig.^^^]. U^et conclurent que le liquide devait contenir un métal alcalin jusqu'alors iaconnu, caractérisé par ces raies rouges si brillantes, et ils le nommèrrr/ rubidium (métal rouge). lis parvinrent ensuite à l'isoler. Le rubidiumpour équivalent 85; il est isomorphe avec le potassium, et il a desalBnit^'^ plus énergiques que ce dernier.
Dans les eaux mères des salines de Durckheim, les mêmes physideo? découvrirent ensuite un autre métal, le cœsium, caractérisé par (k\ raies bleues. M. Crookes découvrit, à son tour, le thalliutu^ qiii fui k4 par M. Lamy; il se distingue par une belle raie verte. MM. Reich t^ Richter ont trouvé de la même manière Vindium^ qui a une raie trfcaractéristique de couleur indigo.
Les spectres des métaux alcalins sont relativement simples; maisccD des autres métaux présentent une complication si grande, qu'il faut vtnoncer à les employer comme moyens d'analyse. Néanmoins, M. Kirckh'V les a dessinés dans tous leurs détails, en faisant usage d'un spectroscope ' plusieurs prismes et en les comparant au spectre solaire. Il faisait arrivf? les rayons solaires par la moitié inférieure de la fente, pendant qu'au im^' d'un prisme à réflexion, il éclairait la moitié supérieure avec leliDcoip d'induction jaillissant entre deux électrodes métalliques. Il put ainsi œ: stater l'exacte coïncidence des raies brillantes de plusieurs métaux aver > certaines raies obscures du spectre solaire. Nous y reviendrons plus loi?
?I. — ABSOBPnOHI.
Quand un faisceau de radiations obscures ou lumineuses rencontre d'^ corps, il y est partiellement transmis, réfléchi ou diffusé ; le reste diîf*'raît, il est absorbé.
Loi de Leslie. — Leslie a étudié la question pour les rayons de chaki:' obscure. Il nomitiQ pouvoir absorbant d'un corps, le rapport entre la cb leur qui disparait et la chaleur totale, et il conipare expérinoentalemeot h pouvoirs absorbants'des divers corps à celui du noir de fumée. Pour cel» il dirige sur un miroir concave les rayonnements d*un cube rempli d't?*