TRANSFORMATION DES RADIATIONS
Nous venons de voir qu'une portion des rayons qui rencontrent un corps disparaît, elle est. absorbée. Cherchons ce qu'elle devient. Généralement elle échauffe le corps, qui se dilate et qui alors rayonne dans l'espace, même après Faction qui Ta échauffé. Il ne* rend pas les rayons tels qu'il les a reçus; s'il a été frappé par une radiation jaune, par exemple, il rend de la chaleur obscure dont la réfrangibilité est moindre. C'est un phénomène analogue à celui du son : un timbre est ébranlé par un marteau ; il en absorbe la force vive, qui se distribue dans sa masse et se transforme en un mouvement vibratoire qui, à son tour, est rayonné dans res[>ace. De même les rayons solaires laissent leur force vive dans les corps qu'ils rencontrent : ceux-ci s'ébranlent avec la durée vibratoire qui leur est propre, et rayonnent de la chaleur obscure. On va voir que la phosphorescence est due à la même cause.
On sait de toute antiquité que le diamant, après avoir été exposé au soleil, reste lumineux pendant quelque temps. Ce fut le seul exemple de phosphorescence connu jusqu'en 1604, où un artisan de Bologne, Vincent Calciarolo, découvrit la même propriété dans les coquilles calcinées ; elle» la doivent au sulfure de calcium qui se forme pendant qu'on les chauffe. Les sulfuresde baryum, de strontium sont dans le même cas. Ils ont été spécialement étudiés par M. Ed. Becquerel.
Pour développer la phosphorescence, il convient de se placer dans une chambre obscure, de fermer les yeux, d'ouvrir un volet pour exposer au soleil le corps qu'on veut étudier, de retirer ce corps et d'ouvrir les yeus au moment même où l'on ferme le volet. On voit le sulfure continuer d'être brillant. Suivant son origine et la manière dont il a été préparé, il offr«> des teintes très-diverses, depuis le rouge jusqu'au violet. Certains restent
lumineux pendant deux jours, le diamant pendant plusieurs heures, ta fluorine pendant quinze ou vingt secondes ; le spath s'éteint après un quart dr seconde. On verra qu'il y a des phosphorescences encore plus fugitives,
ActioB de la chaleur. — Aussitôt qu'on chauffe dans t'obsicurilé tu suirure qui a subi l'action de la lumière, il devient plus brillant \ mais il s'éteint beaucoup plus vite. Il avait absorbé une certaine somme de forre vive et la rendait lentement â froid ; chaulTé, il la dépense plus vite, el quand il l'a perdue tout entière, il est apte à en reprendre par une nwivelle exposition au soleil.
Action da spectre. — il faut d'abord sa\oir quels sont les rayonsqui produisent la phosphorescence, et pour cela on projette un spectre sur des bandes de papier couvertes de sulfure en poudre collé. La fg. fci
représente ces bandes ; la première montre le spectre avec ses raies, cl I» suivantes reproduisent l'aspect des divers sulfurée après que le spectr^a ap sur eux. Il n'y a rien jusqu'à la raie G, mais la phosphorescence s'e«tdé>^ loppéeaux endroits qui ont reçu les lumières Irès-réfrangibles et lesra;i«ultra- violets: elle se manifeste par des teintes diverses très-belles, qu'uni indiquées sur la figure, ne pouvant les reproduire.
Les rayons de chaleur obscure et ceux qui sont lumineux jusqu'en <i n'ont point produit d'effet; ils ne sont pourtant pas inactîfs. Si l'on mamenée par impressionner toute !a surface du sulfure par la lumière hUnch' pendant peu de temps, de manière à la rendre un peu lumineuse il^»^ l'obscurité; qu'ensuite on y projette le spectre, on voit que, remi^ > l'obscuriié, les parties comprises entre A et B ont augmenté d'édai. p<ii>