‹ Petit traité de physique à l'usage des établissements d'instructionChapitre 349 sur 377 · CHAPITRE VIII. — PHOTOGRAPHIE · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII. — PHOTOGRAPHIE

le soleil soulève les eaux par l'évaporation, qu*il produit les courants de latmosphère , et que l'homme, en demandant la force aux vents, aux chutes d*eau, à la vapeur, aux animaux et à lui-même, ne fait que retrouver et employer la force vive solaire. C'est ainsi que toute chaleur, toute lumière, tout travail , toute force, toute vie végétale ou animale se régénèrent et se transforment, et sont puisées à la source unique et intarissable : le soleil.

rr. — raoTOftBAFHiE.

C'est entre les années ]8i3 et 1829 ^® ^- Nicéphore Niepce inventa Tart de copier des gravures sur l'argent poli au moyen du bitume de Judée et par l'action de la lumière. En 1826, il s'était associé Daguerre, qui s'était fait une réputation dans Fart de peindre les dioramas ; Daguerre perfectionna d'abord le procédé de Niepce, et inventa le suivant qui poVte son nom. Une feuille de plaqué, exposée à la vapeur d*iode jusqu'à devenir jaune, était placée, pendant vingt minutes, au foyer d'une chambre obscure , puis soumise à la vapeur du mercure chauffé jusqu'à 80 degrés. Cette vapeur se portait sur les parties qui avaient subi l'action de la lumière; elle y adhérait et couvrait la plaque d'un voile blanc qui dessinait l'image. On lavait ensuite à l'hyposulfite de soude pour dissoudre l'excès d'iode. Le mercure adhérant très-peu à la plaque, les images manquaient de solidité. M. Fizeau les fixa en faisant chauffer sur la plaque un mélange de chlorure d'or et d'hyposulfîte de soude qui laisse déposer un vernis solide d'or métallique. D'un autre côté, M. Claudet trouva, en 184 1, qu'en ajoutant du brome à l'iode on augmentait la sensibilité de la plaque, ce qui permit de faire des portraits, en réduisant à deux ou trois minutes la durée de l'exposition à la lumière.

Mais cet art nouveau fut abandonné presque aussitôt que découvert. Une méthode rivale très-supérieure s'était développée en même temps et parallèlement. M. Talbot, qui ignorait les travaux de ses devanciers, l'avait inventée de i834 à 1889. Il impressionnait dans la chambre obscure une feuille de papier imprégnée de chlorure d'argent, ce qui donnait une image négative ; puis il la plaçait sur une seconde feuille de papier sensible qu'il exposait au soleil. Une image nouvelle se formait, inverse de la première, c'est-à-dire positive. Cette méthode a été perfectionnée par un nombre considérable de savants et d'artistes. Voici, en quelques mots, comment elle est pratiquée aujourd'hui.

On dissout i gramme de poudre-coton dans 90 grammes d'éther et

60 grammes d*a)oool à 33 degrés. Od y mâle de l'iodare de potaséiam n quelquefois des substances très-variables destinées à augmenter b sensibilité. On verse ce liquide sur une plaque de verre bien nettoyée. L s'y étale, et, en s'évaporant, il y laisse un voile de collodion adbérrat. Avant qu'il soit sec , on plonge la lame dans un bain d'azolate d*ar^*. (4 grammes d'azotate, 60 grammes d'eau). La couche change d'aspect e: devient laiteuse ; elle est alors imprégnée d'iodure d'argent. On IVxpcH à la chambre obscure. Pour révéler l'image, on couvre la plaque d'acii> pyrogallique, et pour empêcher l'altération ultérieure, on la laisse di^ér^r dans l'hyposulfite de soude.

Cette image est négative. Pour tirer les épreuves définitives, on appiiqila première sur du papier sensible sec au chlorure d'argent. On pr^^ fortement entre deux verres, et on expose le tout au soleil. Llma^ie >forme rapidement; elle est positive, et il suffit de laver à l'hyposulfite > soude.

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