‹ Petit traité de physiqueChapitre 108 sur 408 · V. — GHALEUB SPÉGIFiaUE DES GAZ · texte numérisé non relu

V. — GHALEUB SPÉGIFiaUE DES GAZ

On peut échauffer un gaz soit en lui conservant un volume constant, soit en le laissant se dilater librement, sous une pression invariable. Dans les deux cas, il n'absorbe pas la même quantité de chaleur. Nous nous •occuperons d'abord de mesurer la chaleur spécifique à pression constante.

Expériences de Delâroche et Bérard. — Un vase de Mariotte M pro • duit un écoulement d'eau qui se déverse dans le flacon A (^^. i65). En pénétrant dans ce flacon , l'eau chasse l'air qui s'y trouve renfermé et l'envoie par un tube H dans un ballon G. Ce ballon contient une vessie remplie du gaz sur lequel on veut opérer, lequel s'écoule par un tube D et passe dans un manchon P qui est échauffé par de la vapeur d'eau.

Au sortir du manchon le gaz a une température de 94 degrés ; il pénètre dans un calorimètre G, c'est-à-dire dans un vase de cuivre plein d'eau, et il circule à travers un serpentin dont la longueur était égale à i^jSo. Là il se refroidit et échauffe l'eau.

Il revient par un tube D' dans une vessie vide contenue comme la première dans un ballon C; il la gonfle, et par le tube F' il chasse l'air du ballon C dans le flacon A'. Enfin l'eau de ce flacon A' s'écoule par un robinet G' situé au môme niveau que l'extrémité F'. On peut voir que

CHAPITRE III. — CHALEJJR SPÉCIFrQUE DES f.AZ. 173 tous ces courants de gaz sont constants, puisqu'ils se font soits l'aclion (l'une pression MA qui est toujours la même. Fie. 1 05.

Quand tout le gaz conlenu dans la première vessie s'est rendu dans la deuxième, on change le sens du mouvement en changant le sens de tous les robinets des Qacons A et A'. Le gaz marche alors dans une direction contraire, mais avec la même pression, et il revient de la vessie C fi la vessie C.

Mais afin de le faire toujours passer par le manchon P qui est destiné à l'échauffer, il y a dans le trajet quatre robinets D, E, D', E'. Dans la deuxième phase de l'expérience, le gaz passe de C en E' pour aller au manchon et au calorimètre, et il revient par le robinet E dans la vessie C.

Grâce à cette disposition, une petite quantité de gaz peut servir pendant aussi longtemps qu'on le veut. On déterminait le volume qui était mis en circulation par la quantité d'eau qui s'était écoulée, et comme on connaissait la densité du gaz, on pouvait calculer son poids.

Outre la chaleur cédée au calorimètre par le gaz, il lui en arrive par le rayonnement et par ta conductibilité du tube qui le joint au manchon.

17i LIVRE II. — DE LA CHALEUR.

On diminuait cette cause d'erreur autant que possible en séparant le manchon et le calorimètre par une cloison ; enfin on la mesura par une expérience préliminaire qui consistait à échauffer le manchon, à ne point faire passer le gaz, et à observer l'élévation de température du calorimètre. Il est facile de dresser ensuite une Table des augmentations de température qui résultent de cette cause après des temps quelconques.

Delaroche et Bérard ont employé la méthode de compensation de Rumford. Ils commençaient par refroidir le calorimètre jusqu'à i degrés audessous de la température t de l'enceinte, et ils déterminaient le poids du gaz P qu'il fallait faire circuler pour échauffer l'appareil jusqu'à i degrés au-dessus de t. Alors la compensation est sensiblement exacte, et les choses se passent comme si le gaz à la sortie dq serpentin avait toujours la même température t (en réalité, sa température est d'abord t — t. degrés, ensuite t -^i degrés). On a dès lors, si l'on désigne par t l'augmentation de température qui résulte de la conductibilité, et par p le poids du calorimètre réduit en eau,

Cette formule permet de trouver C lorsqu'on a déterminé p par des mesures préliminaires.

Le travail de Delaroche et Bérard a été repris par M. Regnault, au moyen d'appareils trop compliqués pour que nous puissions les décrire ici. Mais les nombres qu'il a obtenus sont plus exacts que ceux de ses prédécesseurs. Les voici :

Page 1