‹ Petit traité de physiqueChapitre 112 sur 408 · CHAPITRE IV. - FUSION ET SOLIDIFICATION · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV. - FUSION ET SOLIDIFICATION

Fer martelé aogtais .... iGod"

Fer doux français i3oo

Acier i4oa à

Fonte blanche i loo à

Or pur I aSo

Argent pur lOOO

Bronze. -.....--...-... 300

Zinc 3Co

Plomb 3ifi

Biimatb i6i

Étaîn a3o

Camphre

Sodium

TabL-au îles points de fiishi ■e blanche .

Phosphor

Suit

Glace

Acide hy|>oazotiqne

nce de lérébenthiae, .

Brome

CyaDocène

Mercure

Acide carbonique

Acide sulHiydriqiie.

Tariatioas des points de fasion et de solidification. —Les lois précédentes ne sont point tout à fait abso- '^' ' ''' 'ues, comme on l'avait d'abord admis.

On a récemment découvert que des changements considérables dans la pression amènent des variations faibles, mais sensibles, dans les températures de fusion et de solidification. M. W, Thomson a étudié !a fusion de la glace au moyen d'un appareil en verre dans lequel on pouvait développer des pressions énergiques O^'- « 67) , et il a trouvé qu'elle a lieu respectivement à— o°,o5 et à —o",! 3 sous les pressions de 8 et 17 atmosplièrcs. M. Mousson est parvenu à faire descendre le point de fusion de la glace encore bien plus bas, au moyen de pressions beaucoup plus fortes. La glace diminue brusquement de volume lorsqu'elle se liquéfie. Mais d'autres substances éprouvent, au contraire, une dilatation subite quand elles se fondent; pour ces mêmes substances; le jioint de

fusion monte avec la pression. C'est ce que M. Bunsen a démontré pour le blanc de baleine et la paraffine, en observant la fusion de ces corps en ' Fig. i68. C^ [fis- ^^^) ^^^^ ^^ siphon fermé où on développait de ^^ fortes pressions par la dilatation d'une colonne de mercure EB que Ton chauffait. Le point de fusion de la paraffine, par exemple, monte de 46°, 3 à 49^5 9 quand la pression atteint loo atmosphères.

Outre cette cause générale de variation qui affecte également le point de fusion et celui de solidification, il est des circonstances qui font varier le point de solidification seulement. L'eau mise à l'abri de l'air dans un ballon fermé ou sous une couche d'huile peut rester liquide jusqu'à — 12 degrés ; mais le moindre choc suffit alors pour déterminer une brusque congélation. Despretz vit le même effet se produire dans des tubes capillaires, où l'eau resta liquide jusqu'à — 20 degrés.

Ce phénomène de la surfiision n'est pas particulier à l'eau ; on l'a aussi observé avec l'étain, le salpêtre, le soufre, le phosphore, etc. Le phosphore peut rester liquide jusqu'à 11 degrés , si on le fait refroidir dans de l'eau non agitée. Enfin les dissolutions salines sont dans le même cas. Ainsi, une dissolution de sulfate de soude saturée à chaud et renfermée dans un tube effilé, à l'abri du contact de l'air, peut se refroidir sans cristalliser, quoiqu'elle devienne alors plus que saturée ; mais elle cristallise aussitôt que l'on casse la pointe du tube. M. Gernez a donné l'explication de ce phénomène ; il a démontré que la cristallisation des dissolutions sursaturées est toujours déterminée par des particules solides du môme sel qui étaient disséminées dans l'air qu'on laisse rentrer ou qui sont apportées par les corps que l'on plonge dans ces dissolutions.

Changements de yolnme pendant la fusion. — En dehors de la dilatation que tous les corps éprouvent aussi bien à l'état solide qu à l'état liquide, leur volume, et par conséquent leur densité, subit encore un changement brusque au moment du passage de l'un de ces états à l'autre. Ainsi l'eau se dilate en se congelant, puisqu'elle fait alors éclater les vases fermés qu'elle remplit complètement. La fonte de fer, l'antimoine, le bismuth sont dans le même cas ; la plupart des sels se dilatent aussi en cristallisant. Mais le mercure, le phosphore, le soufre, la stéarine, la- paraffine, etc., diminuent de volume en se solidifiant, et ce dernier cas est le plus habituel.

Page 1