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CHAPITRE IL — DISTRIBUTION ÉLECTRIQUE

formé de deux petites balles de sureau. On électrise ce ruban, ce qui fait diverger les balles, puis on l'enroule sur le tube en tournant celui-ci , et l'électricité, qui d'abord était répandue sur les deux surfaces, abandonne peu à peu les parties ^u ruban qui se superposent en s'enroulant , et se concentre sur celles qui restent libres : aussi voit-on croître leur charge et augmenter la divergence des balles. L'effet inverse se produit quand ensuite on déroule la bande métallique.

Ces expériences montrent que le fluide électrique est confiné à la surface extérieure des conducteurs, et qu'il s'y distribue en une couche extrêmement mince. Quand la charge augmente ou diminue, on admet que l'épaisseur de cette couche augmente proportionnellement.

Procédé de mesure. — Si le conducteur est sphérique, il est évident que la couche électrique doit être égale en tous les points de la surface, au môme moment. Quand la forme est différente, l'électricité se porte en plus grande proportion sur certaines parties que sur d'autres. Voici comment Coulomb mesure le rapport des épaisseurs électriques aux divers points de la surface. Il fixe un disque plan de clinquant à l'extrémité d'une aiguille de gomme laque : c'est le plan d'épreuve; puis il le pose à plat sur les points du conducteur dont il veut étudier la charge. Comme ce disque est très-petit, on peut admettre qu'il se confond avec la surface qu'il couvre, et que l'électricité, abandonnant les points recouverts, se porte en totalité sur la face extérieure du disque. En retirant celui-ci, on ramène la couche électrique qui, avant l'opération, existait sur les parties touchées. On met ensuite ce plan d'épreuve dans la balance de torsion à la place de la boule fixe, vis-à-vis l'aiguille mobile primitivement chargée d'une quantité constante d'électricité de même nom; on mesure à une distance fixe a la répulsion Â, et on admet qu'elle est proportionnelle à la quantité d'électricité enlevée, c'est-à-dire à Fépaisseur électrique au point touché. On répète ensuite la même opération en touchant une autre partie du conducteur, on mesure à la même distance a une seconde torsion A', et le rapport de A à A' exprimerait le rapport des épaisseurs électriques aux deux points touchés, s'il n'y avait pas eu de perte entre les deux opérations.

Désignons par «, b les deux points que l'on veut comparer. On a d'abord touché a et mesuré la répulsion A ; cette opération a pris environ trois minutes. Ensuite on a touché b et mesuré B, ce qui a pris encore trois minutes. Coulomb revient ensuite au point û, après le môme intervalle de trois minutes ; il recommence la mesure, ce qui donne une autre torsion A', et il admet que la moyenne de A et de A' exprime la répulsion que l'on

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eût trouvée en a si l'on avait touché ce point en même temps que l'on a touché le point b.

Résultats. — I. Coulomb examina par cette méthode la distribujtion de l'électricité sur une lame d'acier d'une longueur de 1 1 pouces. II trouva que l'épaisseur électrique était constante depuis le milieu de cette lame jusqu'à I pouce de l'extrémité, qu'à partir de là. elle augmentait jusqu'à l'extrémité même où elle était deux fois plus grande qu'au milieu.

n. Cette augmentation rapide de l'épaisseur électrique se retrouve sur les bords de toutes les plaques. Ainsi, un disque de métal de lo pouces de diamètre offrit les résultats suivants :

Distances au centre.

Épaisseur électrique

Qponce

1,001 i,oo5

m. Un cylindre à base circulaire de 2 pouces de diamètre et de 3o de longueur, terminé par deux hémisphères, donna les nombres suivants :

Distances au milieu.

Épaisseo

oponee

IV. Quand deux sphères égales sont en contact, la charge est nulle au

point A {fig. 229), et reste insensible jusqu'à une distance angulaire égale

p. à ao degrés. A partir de ce point,

B en s'éloignant encore de A, on

ey^ X^^ ' commence à trouver une couche i/ \ électrique appréciable, et qui aug- -l^^ . j mente rapidement jusqu'au point B, A y situé à 90 degrés, et lentement X,^ ^^ depuis B jusqu'au point M opposé

au contact.

Quand les sphères sont inégales, l'épaisseur en M est plus grande sur le petit globe que sur le grand. Si on les sépare, le gros globe garde plus d'électricité que le petit, mais le petit conserve en chaque point une épaisseur électrique plus grande; elle tend à devenir double de celle qui reste sur le plus gros lorsque le rayon du petit globe diminue indéfiniment.

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