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CHAPITRE II. — POUVOIR DES POINTES

y. Dans un ellipsoïde, la couche électrique est comprise entre la surface du corps et une surface semblable décrite à l'extérieur à une distance très-petite de la première, d'où il résulte qu'à l'extrémité des axes l'épaisseur de la couche est proportionnelle à leurs longueurs.

VI. Si l'on suppose que l'un des axes de cet ellipsoïde est infini, il se termine en une pointe^ et à l'extrémité de cette pointe l'épaisseur électrique est inBnie.

Pouvoir des pointes. — Puisque l'épaisseur électrique est inSnie à l'extrémité des pointes, la tension, ou l'effort exercé par le fluide contre l'air, doit être aussi infinie, et l'électricité doit s'échapper dans l'atmosphère. C'est ce que l'expérience confirme, car en plaçant sur une machine électrique un conducteur pointu, elle ne se charge plus, l'électricité disparaissant à mesure qu'elle est produite. Dans l'obscurité, on voit. la pointe terminée par une aigrette lumineuse qui s'étale en divergant et en diminuant peu à peu d'éclat; on entend, en outre, un bruit sourd et de petits picotements qui semblent venir d'une série de faibles étincelles. L'aigrette augmente si l'on promène au-dessus d'elle un conducteur métallique ; il est influencé, réagit sur la pointe, et augmente encore sa charge et l'écoulement électrique.

Inversement, si l'on dirige vers le conducteur d'une machine une pointe métallique en communication avec le sol, elle se charge par influence du fluide négatif, dont la tension est infinie, et qui s'écoule vers la machine. Alors celle-ci ne se charge plus, parce qu'elle reçoit à chaque instant de la pointe une quantité d'électricité égale et contraire à celle qu'elle produit.

L'aigrette négative est moin^ brillante que l'aigrette positive ; elle se réduit le plus souvent à un point lumineux qui ne se prolonge et ne se dilate pas.

Les aigrettes sont toujours accompagnées d'un mouvement de l'air qui part de la pointe, et que l'on a nommé vent électrique. On le sent en promenant la main au-dessus ; souvent il est assez fort pour incliner la flamme d'une bougie et l'éteindre.

On explique à la fois les aigrettes et le vent en admettant que l'air placé au sommet de la pointe s'électrise sous l'influence de la tension infinie que l'électricité acquiert en ce point, et que ses molécules se repoussent ensuite et s'échappent dans le sens de l'aigrette.

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