I. — FORGE ÉLECTROHOTBIGE. — 80H EFFET ; 8A MESURE
Nous avons vu qu'en frottant du verre contre de la laine, on décompose une certaine quantité de fluide neutre, que le verre prend une tension positive et la laine une tension négative. On nomme force électromotrice la cause qui produit cette séparation. On peut mesurer cette force en évaluant par un électromètre la tension limite qu'elle communique aux deux corps entre lesquels elle agit.
Supposons qu'on réunisse par un fil métallique les deux conducteurs d'une machine de Holtz ou la chaudière et le peigne d'un appareil d'Armstrong ; les deux électricités se recombineront, la force électromotrice les reproduira aussitôt, et il en résultera dans le fil un mouvement électrique qu'on nomme courant.
Pour expliquer ce mouvement électrique. M. de la Rive a fait l'hypothèse suivante. Décomposons le conducteur interpolaire en filets linéaires de molécules A, R, C, D {fig, 262) soumises à l'influence électrique des
Fig. 363.
deux pôles 4- M et — N. Au premier moment, elles se chargent de fluicle haux extrémités qui regardent — N et d'électricité — à celles qui sont ' tournées vers -♦- M. Cette séparation par influence augmente rapidement
jusqu'au moment où les fluides opposés ont acquis une tension suffisante pour vaincre la résistance des espaces intermoléculaires; alors ils se recombinent : tout le conducteur est ramené à l'état naturel. Une portion constante de fluide — a avancé d'un rang, de molécule en molécule, vers -h M ; une quantité égale de fluide ■+■ a reculé inversement d'un rang vers — N ; les deux pôles sont déchargés. Aussitôt après, la source agit pour reproduire leur tension primitive, et les mêmes effets se reproduisent indéflniment.
Que cette hypothèse soit fondée ou non, on est convenu de dire que le courant va de la source positive à la source négative; et pour exprimer tous les phénomènes qu'il produit, on a imaginé de le représenter par une poupée qu'il parcourrait des pieds à la tête et qui le personnifle. La face, le dos, la droite et la gauche de cette poupée sont ce que nous appelletons : la face^ le dos y la droite et la gauche du courant.
L'intensité et le sens du courant pourront, toutes choses égales d'ailteurs, mesurer la force électromotrice qui produit ce mouvement. Avant tout, cherchons un moyen de reconnaître l'existence, de fixer le sens et de mesurer l'intensité du courant.
Expérience d'Œrsted. — Ce moyen découle d'une expérience célèbre exécutée, en 1819, par CErsted. Il reconnut que toute aiguille aimantée placée dans le voisinage d'un courant électrique éprouve une déviation. L'expérience se fait en plaçant le fil traversé par le courant en CD ou en EF (J^. 203), au-dessus ou au-dessous d'une aiguille aimantée AB, dans le
Fig. 263.
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plan vertical qui passe par cette aiguille et qu'on nomme le méridien maléfique. Aussitôt elle se dévie, et si l'on figure en p et en/?' la poupée qui personnifie lé courant, et que sa face regarde l'aiguille, c'est vers sa gauche qu'est dévié le pôle austral, c'est-à-dire celui qui se dirige vers le pôle nord de la terre. La déviation est égale à 90 degrés si le courant est intense et Irès-rapproché ; elle diminue s'il décroît pjii s'éloigne. On conçoit dès lors que l'existence, le sens et l'intensité d'un courant seront connus si Ton me-