CHAPITRE I. — ACTIONS EFFICACES
liquide positif. L'action cesse quand l'acide chlorhydrique a été épuisé; on la reproduit en sens opposé en versant l'acide contre l'autre fil.
On voit en résumé que toutes les fois que deux corps se combinent, ils sélectrisent : ceux qui jouent le rôle d'acide^ positivement ; ceux qui agissent comme base^ négativement. Mais il faut soigneusement distinguer entre deux sortes d'actions chimiques, l'une efficace, l'autre qui est sans influence sur la production du courant.
Zinc amalgamé. — Une lame de zinc pur ou de zinc ordinaire primitivement amalgamé ne se dissout pas sensiblement, seulement elle se revêt de bulles d'hydrogène, qui, grossissant peu à peu, restent adhérentes à sa surfece et ne se dégagent qu'avec une extrême difficulté.
Cela étant, plongeons dans l'eau acidulée deux lames, Tune de cuivre C, l'autre de zinc amalgamé Z (fg. 277), et mettons-les en communication
avec un électromètre condensateur ; nous trouverons que le cuivre est positif et prend une tension -^ g, et le zinc négatif avec une tension — e. Il y a eu décomposition d'une quantité déterminée de fluide neutre, mais il n'y a point de courant ni d'action chimique continue. Si alors nous réunissons C et Z par un galvanomètre, aussitôt l'eau commence à être décomposée avec des circonstances tout exceptionnelles. L'hydrogène se dégage, non contre le zinc, mais en bulles serrées sur la surface du cuivre , et le zinc amalgamé^ qui jusqu'alors était inactif, se dissout peu à peu sans changer aucunement d'aspect, sans cesser d'être recouvert des mêmes bulles adhérentes qui signalaient la première phase de l'expérience. Toutes les fois qu'on ouvre le circuit, le dégagement d'hydrogène sur le cuivre et la dissolution du zinc s'arrêtent; toutes lés fois qu'on le ferme et que le courant se rétablit, les deux actions recommencent. On voit par là qu'on ne peut faire circuler l'électricité qu'à la condition de dissoudre du métal, et que cette action chimique spéciale est liée d'une manière évidente à la production du courant : elle est efficace.
Si maintenant nous remplaçons le zinc amalgamé par du zinc ordinaire,
il présente les mêmes effeis de tension quand le circuit est ouvert, les mêmes courants et la même action chimique s'il est fermé; mais il offre en outre une autre action chimique qui est indépendante du courant : c'est un dégagement d'hydrogène en grosses bulles, non sur le cuivre, mais sur ]g zinc lui-même, qui ne cesse jamais et dépense du zinc en pure perte : cette action est inefficace. Désormais nous prendrons du zinc amalgamé.
Ces expériences conduisent aux lois suivantes :
i** Une force électromotrice se développe au contact de deux corps qui agissent chimiquement entre eux : l'un prend une tension positive + £, l'autre une tension négative — s. L'intensité de la force électromotrice se mesure par la valeur de cette tension.
2^ Quand le circuit est ouvert, cette tension tend à annuler l'action chimique commencée ; mais si Ton réunit les deux substances par un arc conducteur, on observe un courant allant du corps positif à la substance négative, et l'action chimique s'achève. Ce courant et cette action chimique sont deux phénomènes solidaires.
3** Les bases, les métaux attaqués et les métalloïdes basiques sont négatifs. Les acides, l'oxygène, le soufre, les corps halogènes et tous ceux qui jouent le rôle d'acide sont positifs.