CHAPITRE IL— POLARISATION DES ÉLECTRODES
de la même manière jusqu'au dernier qui est figuré en A'. On ferme le circuit en réunissant les deux pôles avec les deux extrémités o et // d'un galvanomètre V, et au bout d'un certain temps on peut mesurer les quantités de gaz dégagées. Or Daniell a reconnu qu'elles étaient égales soit dans les cloches des couples, soit dans celle du voltamètre.
En général, on peut imaginer une pile composée, comme on le voudra, de couples absolument quelconques orientés les uns dans un sens, les autres en sens opposé, et l'on peut réunir les pôles de cett« pile par une chaîne de voltamètres contenant tous les électrolytes possibles. Quand on fermera le circuit, « l'électrolysation se fera dans tous les liquides comme si un même courant traversait le circuit du pôle positif au pôle négatif dans le conducteur extérieur, et du pôle négatif au pôle positif dans la pile; et, quand i unité d'électricité dynamique aura parcouru le circuit total, il y aura i équivalent de liquide décomposé soit dans chacun des voltamètres, soit dans chacun des couples actifs, de façon que le tra- 'vail chimique sera égal dans toutes les auges. »
m. — POLARISATIOH DES ÉLECTRODES. — PUE A GOUBAHT GOHSTAlT.
Polarisation des électrodes. — Quand' on fait passer le courant d'une
{Hle A à travers un électrolyte quelconque [Jig, 297), le radical se porte
p. au pôle positif P et la base au pôle négatif N, et tous
^ deux s'accumulent au voisinage des surfaces des élec-
^^-0~^ trodes. Si l'on vient ensuite à remplacer la pile A par
un galvanomètre, ce radical et cette base se recombinent, le premier est positif en P, la seconde négative en N, et il se produit dans le sens PAN un courant contraire à celui qui a déterminé l'électrolysation. Ce phénomène était connu depuis longtemps; c'est M. Becquerel qui l'a expliqué par la réaction des éléments mis en liberté. Il se manifeste toutes les fois que ces éléments s'accumulent contre les électrodes, même quand ce sont des gaz, comme dans le cas de la décomposition de l'eau.
B est clair que le même effet ne ferait que se multiplier si, au lieu d'un seul vase à décomposition, on en mettait plusieurs à la suite l'un de l'autre, ou si l'on plaçait dans une même auge une série de cloisons métalliques successives ; chacune d'elles fonctionnerait comme électrode, positive d'un côté et négative de l'autre ; c'est à peu près ce que faisait Ritter. Il com-
posait des piles inactlves par elles-mêmes, en empilani des disques de cuivre CGC [Jîg. 198}, séparés par des draps DDD imbibé; d'une dissolulion saline, par exemple de sulfate de potasse, et il les soumettait pendant un certain temps à l'action d'un cougg, rant AB. Alors l'acide sulfurique se KO portail à la partie supérieure de tous ^' les draps, la potasse à la partie infésu, rieure ; chacun de ces draps devenait KO un couple actif séparé du suivant par un conducteur métallique, el leur ensemble constituait une pile dont le p41e positif était en A et te négatif en B. En réunissant ces p6les par un conducteur, on obtenait un courant contraire à celui qui avait déterminé la décomposition. Ce courant se produit encore quand la pile est mouillée d'eau acidulée, mais il est plus . faible, n n'a pas lieu quand les draps sont mouillés de sulfate de cuivre, car l'action du courant AB se réduit alors à dissoudre du cuivre à la face supérieure des disques et à le déposer à la face inférieure. L'effet n'a pas lieu davantage avec l'acide azolique, car l'oxygène se combine avec le cuivre, et l'hydrogène est absorbé par le liquide, qu'il réduit sans s'accumuler sur les surfaces.
Quand les électrodes se trouvent dans l'état qui détermine un courant de réaction, on dit qu'elles sont polarisées : cela signifie qu'elles soiit recouvertes des éléments que le courant a séparés.
Résistance an passage. — Si ce courant de réaction se montre après que la pile a fonctionné, il est nalurel de penser qu'il agit aussi pendant qu'elle travaille, et puisqu'il est contraire, il doit diminuer l'intensité du . courant primitif comme s'il faisait naître une résistance au passage de l'électricité. C'est ce qui se produit dans la pile de Bitler : aussi voiton qu'elle diminue peu à peu et considérablement l'inlensilé du courant qu'on dirige à travers elle, et quand il est devenu constant, il est la différence entre ceux que produiraient séparément dans le même circuit la pile active que l'on emploie et la pile de Biiter rendue active par la première.
La résistance au passage est nulle dans tous les voltamètres où les électrodes ne se polarisent pas ; par exemple, quand on décompose du sulfate de cuivre par deux lames de cuivre, ou de l'acide azotique étendu par deux fils de cuivre; et l'on peut interposer dans l'auge un nombre quelconque de diaphragmes sans diminuer l'inlensilé du courant d'une manière notable.