‹ Petit traité de physiqueChapitre 237 sur 408 · CHAPITRE I. — AIMANTATION · texte numérisé non relu

CHAPITRE I. — AIMANTATION

dit alors que le barreau est saturé ou aimanté à saturation. Il y a divers procédés d'aimantation :

Simple tonclie. — La simple influence, par le contact d*un aimant A sur. un barreau bc [fig, 862) , développe un pôle de nom contraire b contre

* le point A, puis un pôle de même

nom en c, L*action s*accélère en frot- "^^^c tant le barreau. Quand il est trèslong, on voit quelquefois se former un second pôle de même nom en a ; c'est ce qu'on nomme un point conséquent. Souvent même on en voit un autre en b\ qui est alors de signe contraire à A. En continuant la friction, ces points conséquents s'éloignent de a vers c, et finissent par atteindre Textrémité, où ils se réunissent en un pôle de même nom que A.

Pour augmenter les effets de cette influence, on promène Taimant sur le barreau de M en N (fig. 363) ; puis on l'enlève, on le ramène en M et on recommence à le faire marcher de M en N. Voici comment on peut concevoir l'action. Quand il est en A, l'aimant développe un pôle contraire au-dessous de lui. A mesure qu'il dépasse une molécule^ elle prend un pôle de même nom a vers M et un pôle opposé b vers A ; et quand Taimant a atteint le point N, tout le barreau est aimanté dans le même sens. En recommençant, on augmente l'effet. C'est le procédé de la simple

touche,

Fig. 363. Fig. 364.

a h a li a b <i h \b a b a

fr=-6

Donble touche. — La double touche consiste à promener de M vers N, puis de N vers M [fig, 364) les pôles contraires A et B de deux aimants, séparés par une cale non {[magnétique, ^pinus plaçait le barreau MN (Jig, 365 ) sur les pôles opposés A et B

p. 3gr de deux aimants qui déjà

tendaient à l'aimanter par influence, puis il promenait au-dessus deux autres ai- T"""'l" BfflMHHiiiar mants, opposés comme précédemment par leurs pôles contraires A' et B', séparés par une cale de bois, et inclinés de i5 à 20 degrés sur l'horizontale.

Touche séparée. — Au lieu de laisser en contact les deux barreaux aimantés A' et B', on peut les séparer à partir du milieu de MN, et les promener en sens inverse. C'est le procédé de la touche séparée.

Aimantation par la terre. — La terre , agissant comme un aimant, doit aimanter un barreau de fer doux; c'esft ce qui a lieu en effet. Plaçons une barre de fer dans la direction de l'aiguille d'inclinaison, sa partie inférieure devra être un pôle austral , et sa partie supérieure un pôle boréal. Pour s'en assurer, il suffît de présenter une aiguille aimantée aux extrémités de la barre, et l'on voit le pôle boréal attiré par le bout inférieur et repoussé par le bout supérieur.

Si, pendant qu'une tige de fer est dans cette situation, on réussit à lui donner de la force coercitive, elle conserve le magnétisme que lui imprime la terre, et comme on sait que la torsion, l'écrouissage, le choc produisent cet effet, on pourra disposer un paquet de fil de fer recuit, le diriger suivant l'aiguille d'inclinaison et le tordre dans cette position : il recevra et conservera du magnétisme austral en bas et boréal en haut. Il en est de même d'une barre de fer frappée avec un marteau pendant qu'elle est soumise à l'action de la terre.

Faisceanz magnétiques. — Pour augmenter la force des barreaux, on les réunit en faisceaux par les pôles de même nom. Mais alors ils s'influencent réciproquement, et tendent à se détruire. Au bout de quelque temps , les barreaux du centre sont désaimantés-, et la force totale est considérablement diminuée.

Armatures. — Pour obvier à ces décompositions , on a imaginé les armatures [fig, 366). On engage chaque extrémité des lames aimantées

Fig. 366.

dans une masse de fer doux qui devient un véritable aimant et qui maintient par réaction le magnétisme des lames. Pour qu'elles s'influencent moins, Coulomb les échelonne de façon que celles du centre soient plus avancées que celles de l'extérieur.

Souvent on juge de la force des aimants par les poids qu'ils peuvent soulever : c'est ce qu'on nomme leur force portative. On l'augmente en recourbant les aimants en forme de fer à cheval [fig. 367 ©t 368), puis en adaptant contre les pôles une lame de fer doux qui se nomme le

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