CHAPITRE IV. — EXTRA-COURANT
mouvement en agissant sur la manivelle et Ton constate qu41 faut vaincre une résistance passive et dépenser un travail considérable tant que l'aimantation persiste. 3^ On reconnaît que le disque s'est échauffé quand ce travail a été continué pendant quelque temps. Voici l'explication de ces faits :
I® Le disque ayant une vitesse acquise, s'arrête au moment de l'aimantation I il s'arrête par la réaction des courants d'induction ; c'est l'expérience de Faraday.
2^ On continue le mouvement en faisant agir une force continue : alors les courants d'induction sont continus eux-mêmes; ils agissent pour produire un mouvement contraire à celui qui les détermine, c'est-à-dire une résistance ; de là le travail qu'il est nécessaire de dépenser.
3® Il y a de la chaleur produite, parce que les courants d'induction échauffent leurs conducteurs.
Si l'on ne tient pas compte de l'électricité qui est l'intermédiaire de ces actions, on peut se contenter de dire que le travail s'est transformé en chaleur.
m. — GOHTBE-GOURANT, EXTRA-GOURART.
Induction d'un courant sur lui-même. — Quand, après avoir mis en contact les deux rhéophores d'une -pile, on vient à les séparer, on voit apparaître une étincelle de rupture. Elle est presque insensible si le circuit extérieur est formé par un fil court; elle est grande, vive et bruyante quand le fil est enroulé sur des bobines en tours nombreux et rapprochés. Lorsqu'on tient dans chaque main les deux rhéophores , on reçoit à la rupture une commotion très-forte. Cela prouve que le courant , qui a traversé les bobines, éprouve, quand on l'interrompt, un renforcement subit qui lui permet de franchir, sous forme d'étincelle, la distance très-petite qui sépare les deux rhéophores ou les muscles du corps humain au moment de rinterruption. Voici comment Faraday a expliqué ce fait.
Considérons en particulier deux portions voisines et parallèles du fil enroulé sur une bobine. Au moment où le courant s'établit dans l'une, il développera dans l'autre un courant induit inverse, qui diminuera l'in-
„ tensité du premier puisqu'il marche
dans le même circuit : c'est le contrecourant. Le courant total commencera donc par être très-faible, puis il croîtra comme les «ordonnées d'une -— courbe AB (fig, 397) ; ensuite il prendra une intensité constante de B en C.
Si l'on vient à rompre le circuit, chaque spire agit de nouveau sur ses voisines pour y faire naître un courant induit direct qui s'ajoute au cou-
*18 LIVRE V. — ÉLECTBO-MAOÉTISME.
rant principal et produit un renforcement Rnal CDE assez îoteDse pour franchir bous forme d'élincellc la couche d'air interposée entre les conducteurs qu'on sépare : c'est ce qu'on nomme V extra-courant. Il y a donc trois périodes successives : la première, d'établissement, pendant laquelle l'intensité croit; la deuxième, d'état permanent; la troisième, finale, caractérisée par une brusque augmentation d'intensité, comme si la force électromotrice croissait.
Supposons que les deux bouts du conducteur, au lieu d'être isolés, soient tenus dans les deux mains ou réunis par un conducteur très-résistant. Au moment où, après les avoir laissés en contact pendant quelque temps, on vient à les éloigner l'un de l'autre, le courant principal éprouve un grand afTaiblissement, puisqu'une résistance très-grande lui est opposée tout à coup. Alors l'induction finissante agit pour produire le renforcement CDE, qui se partage en deux courants dérivés, l'un qui donne une étincelle faible ou nulle, l'autre qui parcourt le corps humain ou le conducteur résistant qui réunit les deux extrémités.
On peut reproduire à des intervalles très-rapprochés cet extra-courant à l'aide de l'appareil suivant {fig. 398). M est une roue de verre qui porte
Fij. 398.
sur son contour une bande de cuivre, continue sur un bord et dentée sur l'autre. Une languette a' appuie sur ces dents, une seconde b' sur la bande continue. De celle façon, tout courant qui ira de a' k b' sera aller-