CHAPITRE IV. - QUANTITÉ DES COURANTS INDUITS
nativement établi ou interrompu quand on fera tourner la roue; on la nomme, à cause de cela, rhéotome. Cela étant, un courant partant de G traverse une bobine, revient au rhéotome de C en bb' et à a' a. Si Ton place en a et b deux 61s terniinés par des poignées et qu'on prenne celles-ci dans les deux mains, Textra-courant se produit au moment où le rhéotome ouvre le circuit et comme, pour retourner au pôle négatif, il ne peut pas passer à travers la roue, il traverse le corps, et Ton éprouve une vive commotion à chaque interruption.
lY. — aUANTITÉS JT TEHSIOHS DES GOURANTS INDUITS.
Nous avons déjà supposé que le voisinage d'un courant inducteur détermine dans un fil voisin un nouvel état d'équilibre des fluides électriques, qui doit persister pendant tout le temps que dure l'action qui le produit. Si cette hypothèse est fondée, il faut que l'établissement de cet état nouveau se révèle par un mouvement des fluides dans le fîl, c'est-àdire par un courant d'induction commençante; au moment où l'action finit, le fil, revenant à l'état naturel, doit de toute nécessité être le siège d'un mouvement contraire, c'est-à-dire d'un courant d'induction finissante opposé au premier; et puisque la deuxième période défait ce que la première avait fait, les quantités d'électricité mises en circulation doivent être égales dans les deux courants.
Pour prouver qu'il en est ainsi, on emploie l'appareil de Masson et Breguet [fig, 399), qui se compose d'une bobine double; la bobine intérieure D' reçoit le courant d'une pile, qu'on peut interrompre par un rhéotome aa'\ la bobine extérieure F est mise en communication par les fils ^K, ^H, avec un voltamètre rempli de sulfate de cuivre, lequel est traversé ainsi alternativement par les deux sortes de courants d'induction, direct et inverse. Or on reconnaît qu'il n'y a aucune décomposition du sël, c'est-à-dire que les deux sortes de courants détruisent leurs effets, ou qu'ils contiennent la même quantité d'électricité.
L'induction se produit à la fois et également sur tous les éléments du circuit; par suite, la quantité q d'électricité mise en mouvement dans le courant direct ou inverse, est proportionnelle à la longueur, c'est-à-dire à la résistance R de ce circuit. Elle est également proportionnelle à l'intensité I du courant inducteur. On peut donc écrire, en représentant par K une fonction de la distance des deux fils^
q = KIR.
i!0 LIVRE V. — ÉLECTRO. MAGNÉTISME.
Maisdecequeiescouranisdiracl et inverse contiennent des quantilés 17 d'éleclricilé égales, il ne faut pas conclure que leurs intensités soieot
les mêmes : celles-ci dépendent du l«mps pendant lequel durent ces courants.
Supposons que d'abord on rapproche le 61 induit du courant inducteur, les deux étals d'équilibre du fil induit ne dépendent que de ses positions initiale et linale et nullement du temps t qu'il met pour passer de la première à la seconde -, donc la quantité d'électricité q qui est contenue dans le courant induit est constante; mais elle se mesure par le produit du temps par l'intensité moyenne i de ce courant, et l'on d^q = il. L'intensité moyenne est donc en raison inverse de t.
Inversement, si nous ramenons le fil induit à sa première position, il retourne à son état primitif; la même quantité 1/ d'électricité circule en sens opposé; le courant qui manifeste ce retour aux conditions initiales dure pendant le temps i' que ce retour met à s'accomplir; il prend une intensité (', et l'on a q ~ i't'. On pourra donc faire à volonté que le courant inverse ou le courant direct ait une intensité grande ou petite, il suffira de faire que sa durée soit petite ou grande.