‹ Petit traité de physiqueChapitre 266 sur 408 · CHAPITRE V. — AURÉOLE · texte numérisé non relu

CHAPITRE V. — AURÉOLE

extrémités Q et Q' en communication avec les armatures d'une batterie AB,

et interrompre le circuit en DE. Dans ce cas, l'extrémité positive Q envoie

Fig. 4io. son fluide dans la batterie, et le fluide positif

de l'armature extérieure, passant en CD, vient à travers l'intervalle DE recombiner l'électricité neutre dans la bobine. La batterie se charge aussi fort et plus rapidement qu'avec une machine électrique.

Stratifications. — Toutes les fois qu'on fait passer la décharge de la machine de Ruhmkortf dans un espace vide, elle donne une lueur continue {fig, 410). De la pointe positive A on voit partir une gerbe rouge qui occupe presque toute l'étendue de l'œuf, et qui offre auprès de A un maximum d'éclat. La pointe négative G ne donne point de gerbe, elle est entourée de trois couches de lumière d'un bleu violet, qui ne s'étalent pas, et il y a toujours un espace obscur entre la gerbe et la boule G. Gette apparence change quand on introduit dans Tair raréfié des vapeurs d'alcool, d'élher, de sulfure de carbone, etc. Ij^ns ce cas, la gerbe se divise en couches perpendiculaires à AG, qui sont alternativement lumineuses et obscures, et qui font paraître la lumière comme stratifiée. L'expérience peut se faire avec des tubes dits de Geissler (fig, 4ii)>

Fig. 4'ï'

formés par des boules et des conduits étroits, que la lumière illumine, en présentant les mêmes particularités de stratification. Il est aujourd'hui dé-

432 LIVUE V. — ÉLECTRO-MAGNÉTISME.

montré que ces courbes se retrouvent dans toutes les décharges électriques. On ignore la cause de ce brillant phénomène.

Gomposition de rétinceUe d'induction. — L'étincelle donnée par ces machines est composée d'un trait de feu brillant qui en occupe l'axe, et d'une auréole extérieure rouge-orangé, beaucoup moins lumineuse. Le trait de feu est instantané , mais l'auréole dure pendant un temps appréciable. Dès lors, celle-ci devra contenir la presque totalité de l'électricité qui passe. C'est pour cela que l'on nomme l'auréole la décharge de quantitéy le trait la décliarge de tension.

Le trait perce une feuille de papier sans réchauffer, comme le fait l'étincelle des machines électriques ; mais Tauréole l'échauffé jusqu'à l'enflammer.

Une action mécanique quelconque ne produit aucun effet sur le trait instantané, mais elle agit sur l'auréole, parce qu'elle dure. Un courant d'air rapide entraîne l'auréole et la sépare du trait; si l'on fait éclater l'étincelle entre deux veines liquides ou entre deux conducteurs animés d'un mouvement rapide et commun, on voit l'auréole en retard du trait.

Quand on condense la décharge totale dans une batterie [fig. 408) avant de la laisser éclater dans l'air^ toute l'électricité, soit celle de l'auréole, soit celle du trait, commence par se condenser dans la batterie, qui ensuite se décharge, suivant les conditions ordinaires, en un seul trait de feu qui est instantané, et conséquemment plus large et plus brillant.

Actions magnétiques. — La décharge d'induction, tout aussi bien que Tare voltaîque, est formée de courants qui circulent à travers l'air; ils éprouvent les mêmes actions mécaniques que des conducteurs solides.

Soient {fig» 41^!) A et B deux p6les d'aimant, et O un courant vertical. S'il

regarde A, il a sa droite ver« P ; s'il est tourné vers B, c'est sa gauche qui est dirigée en P. Or entre ces deux pôles il est dans la même situation que les courants de la roue de Barlow, et il doit être chassé vers sa droite par A, vers sa gauche par B, c'est-à-dire dans le sens de la flèche P.

En effet, M. Quet a vu l'arc voltaîque, placé entre les pôles A et B d'un électro-aimant très-énergique, se dévier vers P .en prenant la forme d'un dard de chalumeau. Quand on remplace cet arc par la décharge d'induction, le trait de feu instantané n'est point influencé, mais la lueur est chassée dans la direction de P, en s'étalant sous forme d'un éventail rouge.

Dans le vide, le trait disparait, et l'étincelle se transforme en une gerbe lu-

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