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CHAPITRE V. — SPECTRE LUMINEUX

spectre, la lumière n'est plus étalée, et l'image de la fente J est nette, comme avec la flamme de l'alcool salé.

On cherche le minimum de déviation, <m mesure iî et on calcule l'indice de n^fraction n.

En répétant ta niSme expérience avec les diverses couleurs, on trouve qu'elles sont toutes indécomposables, et que leur indice n augmente du rouge au violet.

II. Recomposition des teintes. — Pour , superposer les diverses couleurs, on peut employer divers moyens. Ayant préparé un spectre réel H'V (fg. 597) au moyen de la lentille LL', on voit que les rayons, en continuant leur roule, viennent tousenCC', où se trouve l'image du point A, image qui est commune à tous les rayons, dans ■*.. laquelle ils se superposent, et ofi se forme

' . de la lumière blanche.

E Newton reçut ensuite le spectre sur un

miroir tournant, et en regardant dans ce miroir dans une direction fiie, il voyait à ■ chaque révolution et successivement toutes les couleurs simples. Quand le miroir tournait très-vile, les impressions de chaque couleur paraissaient continues, et leur superposition reproduisait du blanc. Il «prit ensuite des poudres colorées qui avaient .les leinles des couleurs simples ; il les mêla en proportions convenables, et il réussit à faire du gris, ce qui n'est qu'un blanc peu éclairé.

Mélange des couleurs. — Si, à l'aide

d'un petit prisme V, on enlève une ou

plusieurs couleurs du spectre R'V pour

lesdévierversC,C|,il n'arrive en CC que

ce qui reste du spectre total, et l'on^ obtient deux images CC et C,C'| ,

dont les teintes se partagent les éléments de la lumière blanche. Ces

teintes sont dites complémentaires; leur réunion reproduit du blanc. En

retranchant du spectre la lumière rouge, on obtient un vert composé ; en retranchant le vert simple, on obtient un rpuge. On trouve ainsi qu'il y a trois groupes de teintes complémentaires :

( Rouge. ( Orangé. ( Jaune.

( Vert. ( Bleu. . { Violet.

Les teintes mixtes qui reproduisent les couleurs simples s'en distinguent aisément en ce qu'elles sont décomposables par le prisme.

La théorie de New^ton nous permet d'expliquer la coloration des objets. La couleur résulte de la diffusion des rayons qui éclairent un corps ; il en absorbe quelques-uns, il en réfléchit d'autres, dont le mélange produit une teinte déterminée. Une étoffe nous paraît rouge, quand elle réfléchit, en proportion prépondérante, la lumière rouge. Les corps qui réfléchissent tous les rayons solaires nous paraissent blancs; ceux qui les absorbent tous sont noirs. Il est évident que la couleur d'un corps varie avec la lumière qui l'éclairé ; elle n'est pas la môme au jour et à la lumière du gaz , avec une lumière monochromatique, elle a nécessairement la teinte de cette lumière. ' ■

m. — BAIES DU SPECTBE. - -

Nous avons vu que chaque faisceau d'une -môme réfrangibilité fait son foyer en un point donné : le rouge en R, le jaune en J, le violet en Y. S'il V a dans la- lumière blanche un nombre infini de couleurs dont la réfrangibilité croisse d'une manière continue de R en V, le spectre sera continu ; s'il n'y en avait qu'un nombre fini et que leurs indices variassent d'une manière discontinue, il y aurait dans les spectres des lacunes obscures, des raies noires parallèles aux arêtes du prisme. Il y en a, en effet ; Wollaston en reconnut sept ou huit en regardant directement à l'œil nu le spectre virtuel.

Il ne comprit pas l'importance de cette découverte, qui tomba dans l'oubli. Quinze ans plus tard, Frauenhofer retrouva ces mêmes raies, qu'il étudia à l'aide d'une lunette. Il en compta plus de six cents; depuis, on en a dessiné quelques milliers. Elles ne sont pas égales en largeur ni placées à des distances régulières : elles se pressent en certains endroits pour s'écarter en d'autres sans aucun ordre apparent. En étudiant les groupes principaux, Frauenhofer reconnut qu'ils sont toujours composés des mêmes raies élémentaires^ se suivant dans le même^ordre et occupant les mêmes places dans la série des couleurs. On les retrouve avec tous les prismes

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