CHAPITRE VIII. — PHOSPHOROSCOPE
en H', qui contient toutes les couleurs du rouge au violet. Les choses se passent donc comme pendant la phosphorescence.
Les lumières des lampes ne produisent aucun de ces effets, parce qu'elles ne contiennent point de rayons ultra-violets ; mais l'arc électrique, si riche en radiations chimiques, est de toutes les lumières la plus propre à développer la fluorescence, surtout quand elle a passé à travers un verre violet assez épais pour éteindre toutes les lumières de A en G. Si alors on la projette sur un carton blanc oti l'on a tracé des dessins avec du sulfate de quinine, on les voit s'illuminer en bleu pâle. On fait encore des expériences très-brillantes avec des tubes de Geissler, en verre d'urane, qui s'illuminent vivement en vert au moment du passage de la décharge électrique. On peut aussi envelopper ces tubes avec des solutions de quinine, de curcuma, etc., qui émettent des rayons bleus ou orangés.
En résumé, le phénomène qui nous occupe est produit par les rayons très-réfrangibles. Ils sont absorbés ; ils mettent en vibration l'éther des milieux fluorescents, et ces vibrations se transmettent à distance sous forme de rayons moins réfrangibles. Ce sont précisément les caractères de la phosphorescence ; il n'y a qu'une seule différence, c'est la durée. La fluorescence a lieu pendant l'action des rayons excitateurs, elle s'éteint avec eux; la phosphorescence, au contraire, se prolonge et survit à la cause qui la développe.
Phosphoroscope. — Il est probable d'ailleurs que cette différence n'est
Fig. 628.
point absolue et que la fluorescence dure pendant un temps fini, quoique
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trèMXMirt. C'est pour étudier ce cAté de la question, que H. E. Becquerel a imaginé le phosphoroscope. Il se compose de deux disques métalliques noircis, MH el NN {fg. fisS), Giés sur un aie commun XX, que l'on &it tourner par uoemanivelle et des engrenages (y^.&ig). Le tout est enfermé
dans une boite noircie, où la lumière pénètre par le tube L pour arriver à l'œil par le tube 0, après avoir traversé les orifices percés dans les deux disques. Le disque antérieur a quatre fenêtres A, A', A', A"; l'autre en a aulant, B, B', B', B" ; mais ces fenêtres sont croisées, de manière que l'œil no peut recevoir aucun rayon directement à travers le système tournant; ce n'est que par l'intermédiaire d'un corpâ fluorescent E, éclairé par l'orilice AA| et rayonnant ensuite par l'orifice BB,, que la lumière peut se manifester à l'œil. Comme l'action se produit quatre fois pendant un tour, la sensation est continue quand la vitesse est suffisante. En tarant avec cet instrument, on reconnaît que le spath est phosphorescent pendant un tiers