‹ Petit traité de physiqueChapitre 376 sur 408 · CHAPITRE YIII. — PHOTOCHIMIE · texte numérisé non relu

CHAPITRE YIII. — PHOTOCHIMIE

de seconde; le verre et le corindon ne le sont que pendant quelques centièmes de seconde. Aucun liquide ne slillumine dans le phosphoroscope, ce qui prouve que la durée de la fluorescence dès liquides est inférieure à

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Il nous reste à étudier une transformation plus remarquable, la transformation des radiations en action chimique^ de leur force vive vibratoire en ce genre particulier de travail qui réunit ou sépare les molécules.

Actions réductrices et oxydantes. — Scheele découvrit en 1770 que le chlorure d'argent noircit à la lumière, parce qu'il est décomposé et laisse un dépôt d'argent pulvérulent qui est noir. La lumière réduit de même tous les composés des métaux de la dernière section, les sels de chrome, l'azotate d'urane, les acides azotique et chromique, etc.

Mais les rayons solaires peuvent produire aussi des actions tout opposées, c'est-à-dire oxydantes; ils combinent avec déflagration le chlore et l'hydrogène, oxydent les résines, les gommes, les essences d'amandes amères, de citron, de térébenthine, la benzine, les vernis et la plupart des matières organiques. C'est par une expérience de ce genre, que M. Niepce inaugura l'art de la photographie, en 181 3. Il avait déposé sur une plaque d'argent bruni une couche mince de bitume de Judée; puis, appliquant dessus une gravure en taille douce, il l'exposait au soleil. Les rayons pénétraient à travers le papier blanc, mais étaient arrêtés par les traits noirs de la gravure. Le bitume de Judée se conservait sans altération sous ces traits ; mais il se combinait avec l'oxygène sous les parties blanches et devenait insoluble dans les essences. Il suflisait alors de laver la plaque avec un mélange d'huiles de lavande et de pétrole pour mettre le métal à nu, avec son aspect noir bruni aux endroits que les traits avaient recouverts, tandis qu'il demeurait voilé par une couche blanche insoluble aux points que la lumière avait impressionnés : on obtenait ainsi une reproduction de la gravure.

La résine de gaïac bleuit en même temps qu'elle absorbe l'oxygène. Si donc on l'étalé en couche mince sur une surface, qu'on la couvre d'une gravure, elle prend une teinte foncée sous les blancs et reste blanche sous les noirs; elle donne finalement une image inverse : c'est ce que nous nommons une épreuve négative,

BiXéts snperposés. — Or, puisque d'une part certains acides ou sels et certains composés métalliques binaires tendent à se dissocier sous

Faction de la lumière, et que d'un autre côté roxygèpe ou le chlore, le brome et Tiode acquièrent, dans les mêmes conditions, une plus vive affinité pour l'hydrogène des matières organiques, on ajoutera les deux effets* en mêlant ces composés métalliques ou salins à ces matières organiques. Ainsi, lorsqu'on expose à la lumière une feuille de papier et une cassure récente de porcelaine, enduites avec la même solution d azotate d'argent fondu, la porcelaine reste blanche, tandis que le papier noircit, parce que la matière végétale facilite la réduction en s' oxydant.

D'après cela, on prépare des surfaces extrêmement sensibles à l'action de la lumière en étalant des feuilles de papier sur un bain de nitrate d'argent dissous, les y laissant flotter assez longtemps pour que leur surface inférieure soit bien imbibée, et les faisant sécher dans l'obscurité. On augmente encore leur sensibilité en les plongeant ensuite dans des solutions de chlorure, bromure ou iodure de potassium, ce qui transforme l'azotate en chlorure, bromure ou iodure d'argent, substances insolubles, décomposables par elles-mêmes, et qui le deviennent davantage étant mêlées à la matière organique du papier. On peut renverser l'ordre des deux immersions, plonger d'abord le papier dans le composé de potassium, ensuite dans le sel d'argent. C'est ainsi qu'on prépare le papier sensible employé dans la photographie.

C'est par la même raison que l'azotate d'urane se décompose dans l'alcool, tandis qu'il résiste à la lumière dans l'eau pure; que le bichromate de potasse et le perchlorure de fer se réduisent dans l'acide tartrique, etc. En résumé, les mélanges formés avec des composés qui tendent à se réduire, et des substances qui tendent à s'oxyder sous l'influence de la lumière, constituent les réactifs les plus sensibles à l'action photochimique.

Actions révélatrices. — Il n'est point nécessaire d'exposer à la lumière les deux éléments d'un pareil mélange ; il suffit que l'un d'eux en ait subi l'effet. Ainsi quand on place dans la chambre obscure un papier imprégné d'iodure d'argent et d'acide gallique, le mélange est complet, l'action de la lumière est efficace, et bientôt l'image négative apparaît. Si l'on omet l'acide gallique, l'épreuve ne se montre point. Cependant l'action de la lumière s'est produite et a communiqué au sel d'argent une tendance à la réduction ; car si l'on plonge après coup le papier dans l'acide gallique, on voit l'image apparaître subitement. Il en est de même quand on le mouille avec du sulfate de fer ou du protochlorure d'étain, c'est-à-dire avec un corps oxydant. Pour distinguer ces deux actions, on nomme impressionnable la matière qui reçoit et conserve l'action de la lumière, et révélatrice celle qui développe l'image. Il est à remarquer d'ailleurs que le rôle ;de sub-

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