IV. — PIOTOfiRAPHIE
C'est entre les années i8i3 et iSag que J. Nicéphore Niepce inventa l'art de copier des gravures sur l'argent poli au moyen du bitume de Judée et par l'action de la lumière. En 1826, il s'était associé Daguerre, qui s'était fait une réputation dans l'art de peindre les dioramas ; Daguerre perfectionna d'abord le procédé de Niepce, et inventa le suivant qui porte son nom. Une feuille de plaqué, exposée à la vapeur d'iode jusqu'à devenir jaune, était placée, pendant vingt minutes, au foyer d'une chambre obscure , puis soumise à la vapeur du mercure chauffé jusqu'à 80 degrés. Cette vapeur se portait sur les {)arties qui avaient subi l'action de la lumière; elle y adhérait et couvrait la plaque d'un voile blanc qui dessinait l'image. On lavait ensuite à l'hyposulfite de soude pour dissoudre l'excès d'iode. Le mercure adhérant très-peu à la plaque, les images manquaient de solidité. M. Fize^u les fixa en faisant chauffer sur la plaque un mélange de chlorure d'or et d'hyposulfite de soude qui laisse déposer un. vernis solide d'or métallique. D'un autre côté, M. Claudet trouva, en 1841, qu'en ajoutant du brome à l'iode on augmentait la sensibilité de la plaque, ce qui permit de faire des portraits, en réduisant à deux ou trois minutes la durée de l'exposition à la lumière.
Mais cet art nouveau ^t abandonné presque aussitôt que découvert. Une méthode rivale très-supérieure s'était développée en même temps et parallèlement. M. Talbot, qui ignorait les travaux de ses devanciers, l'avait inventée de i834 à 1839. ^^ impressionnait dans la chambre obscure une feuille de papier imprégnée de chlorure d'argent, ce qui donnait une image négative ; puis il la plaçait sur une seconde feuille de papier sensible qu'il exposait au soleil. Une image nouvelle se formait, inverse de la première, c'est-à-dire positive. Cette méthode a été perfectionnée par un nombre considérable de savants et d'artistes. Voici, en quelques mots, comment elle est pratiquée aujourd'hui.
On dissout i gramme de poudre-coton dans 90 grammes d'éther et
60 grammes d'alcool à 3S degrés. On y mêle de Tiodure de potassium et quelquefois des substances très-variables destinées à augmenter la sensibilité. On verse ce liquide sur une plaque de verre bien nettoyée. Il s'y étale, et, en s'évaporant, il y laisse un voile de coUodion adhérent. Avant qu'il soit sec , on plonge la lame dans un bain d*azotate d'argent (4 gtammes d'azotate, 60 grammes d'eau). La couche change d'aspect et devient laiteuse ; elle est alors imprégnée d'iodure d'argent. On l'expose à la chambre obscure. Pour révéler l'image, on couvre la plaque d'acide pyrogallique, et pour empocher l'altération ultérieure, on la laisse digérer dans l'hyposulfite de soude:
Cette image est négative. Pour tirer les épreuves définitives, on applique la première sur du papier sensible sec au chlorure d'argent. On presse fortement entre deux verres, et on expose le tout au soleil. L'image se forme rapidement; elle est positive, et il suffit de laver à l'hyposulfite de soude.