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CHAPITRE II. - CAPILLARITÉ

* (A'-Sg) est plus élev^ qu'en BC, et que la surélévation est d'autant plus grande que le canal est plus étroit. La différence de niveau se constate également dans un vase communiquant dont l'une des branches est large, l'autre étroite (fig. Co). Tous les liquides qui mouillent le tube se comportent de la mémo manière, à l'énergie du phénomène près.

Ceux qui ne le mouillent point, c«mme le mercure dans le verre, agissent inversement : leur niveau s'abaisse, soit dans un tube plongé, soit dans un vase ). Od voit donc que, dans les vases capillaires, lu ne se justifie pas.

Ces changements de niveau sont toujours accompagnés d'un changement de Torme de la surface qui termine le liquide dans l'espace capillaire ; elle est concave quand elle est surélevée, convexe lorsqu'elle est déprimée. Ces phénomènes, désignéi sous le nom à'ficiin/is nt/j/llairc.1, ne sont pas en contradiction avec les propriétés générales des liquides; ils sont produits par des forces que jusque-là nous avions négligées.

Attraction molécnlaire. — L'attraction que les corps exercent entre eux, à des dislances quelconques, se fait nécessairement sentir entre les molécules des substances en contact; alors elle devient très -considérable, puisque leur distance est très-petite. On lui donne le nom i' niirnriioii iiiiilcculnirc.

Pour prouver qu'elle s'exerce dans les solides, on taille sur deux balles de plomb deux facettes égales et bien nettes ; on les place ensuite en contact en serrant et tournant les balles l'une contre l'autre, afin de chasser l'air interposé ; aussitât elles adhèrent, et il faut un effort de plus de 100 grammes pour les séparer. On tait la même expérience avec deux disques de verre égaux et plans (j^. 6-j), et commerexpéricnce réussit dans le vide, on ne peut attribuer leur adhérence qu'à une attraction réciproque; on remarque même qu'elle augmente avec le temps.

communiquant (fig. G loi d'égalité du niveau

L'attraction moléculaire entre les molécules liquides se montre dans une foule de phénomènes.

1° Une goutte de mercure qui tombe sur une table se rassemble en une petite sphère, forme qui s'explique, exactement comme celle des p. . corps célestes, par l'attraction. Il est même

évident que le globule de mercure se comporte comme si ses molécules n'étaient point pesantes , puisqu'il reste sphérique ; cela veut dire que l'attraction moléculaire est bien plus considérable que le poids, lequel n'intervient pour déformer le globule que si la quantité de mercure augmente beaucoup ; alors il s'aplatit, tout en gardant sur ses bords la forme convexe que lui donne l'attraction.

%" Quand on retire de l'eau une baguette de verre, on retire en même temps une goutte liquide qui s'allonge en larme et reste suspendue. Coupons dans la pensée cette goutte par un plan horizontal; les molécules qui sont au-dessus ne tombant point, elles doivent être soutenues par une force qui les retient et (ait équilibre à leur poids : c'est l'atlraction exercée par celles qui sont au-dessus. La goutte tout entière étant de plus suspendue au verre contre lequel elle pèse do tout son poids pour se détacher, il faut qu'elle y soit maintenue par une adhérence supérieure à ce poids, c'est-à-dire qu'il y ail entre le verre et le liquide une force d'attraction considérable.

Il y a donc des forces attractives : T entre les molécules voisines d'un même liquide; a" entre un solide et le liquide qui le touche. On sait qu'elles décroissent rapidement quand la distance augmente, qu'elles deviennent négligeables quand cette distance atteint une limite que l'on nomme le niyon de l'atli-aclion sciixiblc.

Pression molécolaire. — Concevons une masse liquide terminée par une surface quelconque XY {/%. 63). Une molécule M' sera attirée par toute la portion du liquide contenue dans une sphère décrite du point M' comme centre avec le rayon de l'attraction sensible. La portion .4BC peut se décomposer en trois parties par trois plans équidislants AB, PQ, A' B', parallèles ii la surface AB. L'attraction exercée par ABPQ est détruite par PQA'B', et tout se passe comme si la molécule n'était sollicitée que par le liquide A'B'C, ce qui donnera une force P' normale à la surface.

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