‹ Petit traité de physiqueChapitre 49 sur 408 · CHAPITRE III. — EXPÉRIENCES DE M. REGNAULT · texte numérisé non relu

CHAPITRE III. — EXPÉRIENCES DE M. REGNAULT

division tracée sur le tube AB. On trouve que le produit VP reste constant.

Expériences de Despretz et de M. Regnault. — Après le premiers travaux de Mariotte et de Boyle, un très-grand nombre d'expérimentateurs y p ont cherché si tous les gaz suivaient la loi jusqu'aux plus hautes . pressions. Despretz plongeait dans une cuvette commune pleine de mercure (>%. 89) divers tubes cylindriques de môme hauteur, contenant les gaz qu'il voulait étudier, et il enfermait cet appareil dans un vase de verre qui était plein d'eau et qui se fermait par un piston à vis qu'on abaissait progressivement. La pression augmentait, le niveau du mercure montait dans chaque tube, mais il montait inégalement. L'acide carbonique, l'hydrogène sulfuré, l'ammoniaque et le cyanogène se comprimaient plus que l'air. L'hydrogène se conduisit comme l'air jusqu'à i5 atmosphères; à des pressions plus élevées, il conserva un volume plus grand ; il se comprimait moins. Ces résultais prouvent que la formule énoncée par Mariotte n'est pas générale, et que chaque gaz possède une loi spéciale ^e compressibilité qu'il fallait déterminer. C'est ce que fit M. Regnault.

Un long manomètre AECOE (fig. 90) se compose de deux branches, dont l'une DE est ouverte et ap^/iiquée sur un madrier. Cette branche , pou r s'élever à 3o mètres environ, est formée de tubes de cristal raccordés entre eux par des viroles et divisés en millimètres sur toute leur longueur. Un siège qui engrenait par un pignon avec une longue crémaillère et s'élevait ou descendait le long d'un mât transportait l'observateur aux points où s'était arrêté le sommet du mercure. L'autre branche AG avait 3 mètres de longueur, elle était fermée par un robinet G. Sa capacité avait été divisée avec soin en deux parties égales par le point B; ainsi le volume AC était double de AB. La monture inférieure du manomètre se raccorde avec un réservoir de fonte F, rempli de mercure et surmonté d'une pompe foulante M. Celle-ci prend de l'eau dans un vase voisin et l'injecte sur le mercure, qu'elle chasse à la fois dans les deux branches du manomètre. Il s'élève librement dans DE et comprime le gaz contenu dans AC ; la différence de niveau, augmentée de la hauteur barométrique, mesuré la pression exercée par ce gaz. Le robinet H sert à intercepter la communication avec la pompe foulante, afin de maintenir constante la pression obtenue. Le réservoir I contient le gaz sec et comprimé à 20 atmosphères, sur lequel on veut opérer; on l'y introduit par le conduit J. Voici comment se font les expériences.

En ouvrant )e robinet G, on fait arriver du gaz dans la brandie AC. Le mercure baisse et arrive en C; à co moment, on ferme le robinet, cl l'on

a, dans AC, un volume de gaz V â une pression initiale P mesurée par la hauteur du mercure dans DE. Alors on fait jouer la pompe M, le mercure s'élève dans le manomètre, monte jusqu'en B et réduit le volume initial ' an gaz à la moitié ; à ce moment, on observe de nouveau la pression, qui est devenue P'.

Si la loi de Mariette était vraie, P' serait double de P. Or, l'expérieficc prouve qu'elle est plus petite que aP pour l'air, l'azote et l'acide carbonique, et que ia différence est d'autant plus sensible que le gaz est plus aisément liquéfiable; d'où il suit que ces gaz sont plus compressibles que la loi de Mariotte ne l'indique. Les divergences augmentent avec la pression. L'hydrogène offre un résultat inverse : pour le réduire à la moitié de

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