‹ Petit traité de physiqueChapitre 56 sur 408 · CHAPITRE III. — MACHINE DE COMPRESSION · texte numérisé non relu

CHAPITRE III. — MACHINE DE COMPRESSION

Machine de compressioii. — Pompe à main. — On peut dire qu'il suffira de changer le sens de toutes les soupapes pour transformer la pompe pneumatique en pompe de compression. Supposons, par exemple^ que les soupapes A et B {./?j§'.94, p. 8i) s'ouvrent de haut en bas. Quand on soulèvera le piston, le vide se fera dans ie cylindre, B se fermera par la pression du gaz enfermé dans le récipient, A s'ouvrira par l'effort de l'atmosphère, et toute la capacité du corps de pompe se remplira d'air. Quand on viendra ensuite à baisser le piston, ce gaz prendra une élasticité plus grande, fermera A, ouvrira B et s'introduira dans le récipient. On répétera l'opération autant de fois qu'on le voudra : à chaque course ascendante on prendra à l'atmosphère une quantité constante d'air; à chaque marche descendante on la fera entrer dans le réservoir, et la masse accumulée croîtra

suivant les termes d'une progression arithmétique. Cette action aura une limite que l'on atteindra forcément par les mêmes causes que dans la machine précédente : l'air puisé dans le cylindre Gnira par se loger dans l'espace laissé sous le piston en y acquérant justement, une élasticité égale à celle du gaz déjà condensé; alors la soupape B ne s'ouvrira plus. On voit aussi que l'effort qu'il . faudra exercer pour faire pénétrer le gaz ira en augmentant, car l'air confiné qui ferme la soupape résistera d'autant plus qu'il sera plus comprimé. Plus le piston aura d'étendue, plus la difficulté sera grande.

On peut donner à la machine de compression tout l'aspect extérieur et tout le mécanisme de la machine pneumatique à deux corps.

Mais cette machine est aussi mauvaise que la machine pneumatique est bonne ; elle n'a pas de solidité, elle est une cause de danger sans être un instrument utile. On emploie de préférence une simple pompe à main [fig. io6), qui repose sur une masse métallique E, à base large.

L'expérimentateur pose les deux pieds sur le rebord de la base, saisit le

00 LIVRE I. - PESAPITEllH, ÉLASTICITÉ.

manche à deux mains et le soulève ou l'abaisse alternativement. Il y a

deux clapets A et B ( /Tj^, 107); lous deux sont placés à la base du cylindre

el affleurent avec sa surface : l'un A se meut de bas en liaut et communique avec un tube d'aspiration ac, il s'ouvre quand on élève le piston ; l'autre B est disposé en sens inverse; il ouvre le conduit ^/ quand on descend le piston. En résumé, si deux réservoirs sont mis en rapport avec c eltl, l'un recevra à chaque coup de piston le gaz qui sera pris dans l'autre, le premier se videra, le second s'emplira. Cet ïippareil est â la fois une pompe de compression et une pompe aspirante. Dans le trajet des deux conduils i7r et M sont placés deux robinets Cet D qui les ferment au besoin, et un troisième robinet E placé entre eux sert soit à rendre l'air dans le récipient e, soit â le laisser sortir Ou réservoir el.

Page 1