CHAPITRE II. — CONDUCTIBILITÉ DES LIQUIDES
Rumford plaça dans deux cylindres de verre identiques des quantités égales d'eau qu'il lit congeler ; puis 1) versa au-dessus i kilogramme d'eau h loo degrés dans le premier vase et i kilogramme d'eau à zéro dans le second. Aussitôt les couches qui louchaient à la glace prirent leur maximum de densité, arrivèrent à 4 degrés et s'interposèrent comme un écran mauvais conducteur entre la glace et le liquidé supérieur, qui était iiioo degrés dans le premier vase et à zéro dans le second. Au bout d'un temps suffisamment long, on reconnut,' par des pesées, que la même quantité de glace avait élé fondue dans les deux appareils, et que, par conséquent, la masse d'eau à loo degrés qui so trouvait dans le premier n'avait poinl envoyé de chaleur par conductibilité jusqu'à la glace.
Si l'on prend deux ballons égaux, te premier vide, le second bourré de coton cardé, tous deux munis d'un thermomètre placé au centre, et^u'on y verse d^s poids égaux d'eau bouillante, elle se refroidit rapidement dans le vase où elle est libre et très-lenlement dans celui où ses mouvements sont gênés par le coton. Inversement, si tous deux sont à la température de l'atmosphère et qu'on les plonge dans de l'eau bouillante, on voit que le réchauffement, comme précédemment le refroidissement, se fait trèsvite dans le premier ballon, et qu'il est à peu près nul dans le second.
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Ces expériences nlontrent donc que la conductibilité de l'eau est Irèstaible. Itumford allait même plus loin et niait qu'elle existai. Cependant Nicholson et Pictet, puis Murray, ont fait voir que les liquides échauffés
par le haut transmettent de la chaleur à des thermomètres disposés audessous de leur surface, môme quand ils sont contenus dans des vases de glace à zéro qui ne peuvent s'échauffer.
Despretz reprit ensuite cette question, et non-seulement il confirma Texistence de cette conductibilité, mais il prouva que les liquides suivent la loi de Fourîer. Il fit disposer un tonneau de bois B (fig, iSg), qui avait i",5o de hauteur, que l'on remplissait d'eau, et qui était percé d'ouvertures où s'enfonçaient des thermomètres i , 2, . . . , 7, dont les réservoirs étaient alignés sur l'axe. Au sommet de ce tonneau se trouvait un vase de cuivre A contenant de l'eau chaude que l'on faisait arriver par un tube CA, et qui s'échappait par un autre conduit DE. Toutes les précautions étaient prises pour éviter des réchauffements par rayonnement.
L'expérience ayant été prolongée pendant trente-six heures, et l'état stationnaire étant atteint depuis longtemps, on trouva que les excès de température des thermomètres suivaient la loi de Fourier : j = Ae'
,-ax
Conductibilité des gaz. — Si habituellement l'eau s'échauffe par des courants, à fortiori les gaz doivent éprouver la môme action, puisque leur dilatation est considérable et qu'ils sont encore plus mobiles que les liquides. On sait aussi qu'en les emprisonnant dans des étoffes de laine et de soie ou dans des duvets, ou en général dans des corps très-di visés et peu conducteurs, on empoche ou le refroidissement ou le réchauffement. On en conclut que les gaz conduisent très-mal.
Cependant M. Magnus, de Berlin, a étudié leur conductibilité au moyen d'un tube de verre qu'il remplit de gaz et dont il maintenait la partie supérieure à la température de l'eau bouillante, pendant que l'air ambiant restait toujours à i5 degrés. Par cette disposition, on évitait les courants ascendants. Un thermomètre placé dans l'intérieur du tube permettait d'observer réchauffement du gaz. M. Magnus a constaté ainsi que la conductibilité des gaz est, en général, insensible, sauf pour l'hydrogène, qui conduit la chaleur relativement bien, ce qui le rapproche des métau^.