II PREFACE
langue grecque dans les collèges ; mais il possédait déjà une connaissance par/aile de la bonne latinité. C'est en lisant sans cesse Cicéron. Quintilien et Pline le Jeune, qu'il se mit à penser et à raisonner lui-même sur ses propres idées; c'est en lisant sans cesse aussi Bossuet, Pascal et Massillon, qu'il se mit à écrire dans tin style, dans une forme, dans un esprit, qui ne procédaient pas absolument de ses modèles, mais qui en rappelaient souvent les grandes qualités littéraires.
Les leçons et les conseils de l'abbé Guillon firent le reste : Janin, au sortir de la classe de rhétorique, était déjà un écrivain ingénieux et original.
C'est à Montfermeil, dans la maison de campagne de l'abbé Guillon, que Jules Janin trouva les loisirs nécessaires pour se préparer à la carrière des lettres, la seule qu'il voulût suivre, la seule qui convint à ses goûts et à son talent ; c'est à Montfermeil qu'il improvisa ses premiers essais de littérature légère, ses premiers articles de journal, qu'il envoyait à son ami Labat pour les publier dans les petits journaux de Paris. Là, il avait à sa disposition une immense bibliothèque asse^ peu théologique, dans laquelle il feuilleta, dégusta ou dévora une quantité de livres de toute espèce, ce qui lui fit un fond général de lectures pour son usage et pour ses besoins de journaliste universel. Il se trouvait là entièrement libre de son temps, de ses rêveries, de ses actions, pourvu qu'il consacrât trois ou quatre heures par jour à traduire le texte des PÈRES DE l'Eglise, ou bien à rédiger des notices cri-