‹ Petite critique. Avec une eau-forteChapitre 2 sur 50 · PREFACE · texte numérisé non relu

PREFACE

tiques et analytiques sur leurs ouvrages, d'après les notes et les extraits de l'abbé Guillon. Il n'avait pas d'autre compagnon, dans cette solitude studieuse, que là jeune servante de V abbé Guillon, avec laquelle il fit, à son insu, une imitation très abrégée du roman grec de Longus, Daphnis et Chloé, dont il aimait à invoquer les scènes pastorales.

En revenant à Paris, au mois de mai 1825, il se sentait tout préparé à fréquenter les théâtres et à écrire dans les journaux non politiques, à visage découvert. Après avoir frappé vainement à plusieurs portes qui ne s'ouvrirent pas pour lui, Janin se présenta un matin che^ le Poitevin Saint-Alme qui avait pris la direction i?< Figaro, créé trois mois auparavant par Etienne Arago et Maurice Alhoy. La bonne figure toujours souriante de Jules Janin prévenait en sa faveur et plut tout d'abord à Saint-Alme : « Alors, vous voule^ écrire dans le Figaro ? lui demanda-t-il . Qiie faitesvous et que save^-vous faire? — Je ne fais rien en ce moment, parce que je ne veux être ni avocat ni fonctionnaire public, repartit Janin, mais je sais faire et surtout je saurai faire tout ce qui concerne votre état de journaliste. — Bien, reprit Saint- Aime, nous allons vous mettre à la besogne, et nous jugerons de votre savoir-faire. »

Saint-Alme excellait à faire travailler son monde sans payer personne; mais il paya, peu largement il est vrai. Jules Janin, qui faisait avec le même entrain, la même habileté, un article fantaisiste et humoristi-

Page 1