HARMONIE
NOTIONS PRÉLIMINAIRES
§ 1. Intervalles harmoniques.
Caractère des intervalles harmoniques. — Les intervalles harmoniques sont différents des intervalles mélodiques, que nous avons décrits plus haut, en ce sens que ceux-ci se font entendre successivement et ceux-là simultanéynent.
On compte deux sortes d'intervalles harmoniques : les intervalles consonants et les intervalles dissonants. Ces appellations définissent bien leur caractère et leur nature.
Les intervalles consonants sont : la tierce, la quinte, la quarte, la sixte et Y octave.
Les intervalles dissonants sont : la seconde et la septième.
Il existe, en plus, trois subdivisions dans les intervalles consonants : les consonances parfaites, imparfaites et mixtes.
Est-ce à dire, par ces définitions, que l'oreille puisse se reposer avec moins de plaisir sur les unes que sur les autres? Non. Seulement, les premières, qui sont : I'octave et la quinte, déterminent la tonalité et indiquent un repos plus complet.
Dans les consonances imparfaites, on place la tierce et la sixte ; quant à la consonance mixte, la quarte, elle est consonante par son immutabilité, mais elle ne donne point pourtant le sentiment de conclusion finale que produisent la quinte et I'octave.
Il faut bien remarquer que tous ces intervalles perdent leur caractère consonant en devenanta//<?res. Ainsi la quinte et la quarte augmentées ou diminuées, la tierce et \di.sixte augmentées ou diminuées, ne sont plus consonances parfaites, imparfaites et mixtes, mais bien des intervalles dissonants.
Accords. — Avec deux sons entendus simultanément, nous venons de voir que l'on produisait des intervalles harmoniques. Avec une plus grande quantité de sons, en faisant vibrer trois, quatre et même cinq sons ensemble, on produit ce que l'on appelle un accord. Les accords réunis forment Vharmonie.
Génération des accords. — De toutes les définitions employées dans les traités pour expliquer la formation des accords, nous trouvons que le système ànmonocorcle de Rameau et de Catel est le plus simple et le plus concluant puisqu'il repose sur un principe de physique, sur une loi naturelle ; aussi, nous nous empressons de l'adopter comme point de départ. Voici ce système :
Une corde de boyau, de métal, ou un tube de cuivre étant donnés, si on les met en vibration dans toute leur longueur, on obtient un son grave, que nous appellerons sol par exemple.
Si l'on divise cette même corde, ce même tube par la moitié, les nouvelles vibrations données par la division produiront un sol à l'octave supérieure. En continuant les divisions, on aura, pour le tiers, un ré à la douzième ; pour le quart, un sol a la double octave ; pour la cinquième fraction, un si à la dix-septième ; pour la sixième fraction, un autre ré {octave du tiers); pour la septième fraction, un fa; pour la huitième fraction, un so/ (triple octave); enfin, à la neuvième fraction, on trouve un la.
-cr-^
Ce n'est pas fini : en recommençant l'opération à la trijjle octave^ qui est la huitième partie du corps sonore, on trouve les notes suivantes, en laissant de côté les notes intermédiaires :