CHAPITRE I
ENCHAINEMENT DES ACCORDS
Les parties des accords s'enchaînent mélodïquement et harmoniquement.
§ 1. Enchaînement mélodique.
Les sons qui constituent une partie doivent se succéder mélodiquement, en procédant par intervalles de pelite dimension et d'intonation facile, surtout si l'on écrit pour la voix. On doit donc éviter, en général, les intervalles plus grands que la sixte mineure et les intervalles augmentés ou diminués , surtout lorsque les deux notes de l'intervalle n'appartiennent pas au même accord.
§ 2. Enchaînement harmonique ou Mouvement des parties.
1° Dans V harmonie consonante ;
2° Dans l'harmonie dissonante naturelle;
3° Dans Yharmonie dissonante artificielle.
1° HARMONIE CONSONANTE
Les parties d'une suite d'accords peuvent se mouvoir simultanément de trois façons : directement, obliquement, en sens contraire. i Dans le mouvement direct ou semblable, les parties montent ou descendent en même temps (n° 1).
Dans le mouvement oblique, une partie monte ou descend tandis que l'autreTeste stationnaire (n" 2).
Enfin le mouvement contraire a lieu lorsqu'une partie monte tandis que l'autre descend, et réciproquement (n" 3).
De la nature de ces trois mouvements, il résulte une règle immuable. On peut employer sans crainte les deux derniers mouvements, le mouvement oblique et le mouvement contraire; mais les consonances parfaites (quinte ou octave) ne doivent jamais être amenées par le mouvement direct, ce qui produirait une faute grossière, que l'on appelle : quintes de suite et octaves de suite.
Quintes de suite. — Il est formellement interdit de faire se succéder, entre deux mêmes parties, deux quintes de suite, soit apparentes, soit cachées. Dans l'exemple A, les quintes sont apparentes ou directes.
Quintes de suite directes ou apparentes.
Elles sont cachées dans l'exemple B.
Quintes de suite cachées.
ENCHAINEMENT DES ACCORDS
On les appelle cachées parce que, s'il n'y en a qu'une qui existe réellement, il suffit, pour découvrir l'autre, d'ajouter mentalement les notes nécessaires pour faire marcher les deux parties par degrés conjoints. Ainsi, pour l'exemple B :
Il existe cependant deux cas où les quintes de suite sont exceptionnellement tolérées : 1° lorsque la partie supérieure ne monte ou ne descend que d'un degré ;
2° lorsqu'un intervalle quelconque se résout directement sur une quinte diminuée, mais seulement en descendant :
Octaves de suite. — Ce que nous venons de dire des quintes s'applique également aux octaves. Il est interdit de faire se succéder deux octaves entre deux mêmes parties, que ces octaves soient apparentes ou cachées.
Cette règle n'est pas enfreinte par le doublement à l'octave d'une partie que l'on veut renforcer, car il n'y a pas en ce cas de combinaison harmonique.
Fausses relations. — Il arrive souvent qu'une note est altérée chromaliquement, soit d'une façon passagère,' soit par le fait de l'accord auquel cette note appartient. La note naturelle et la note
altérée doivent se suivre dans la même partie, sans cela on fait ce que l'on appelle une fausse relation. — Exemple :
Mauva
Bon.
On peut éviter la fausse relation par mouvements contraire et conjoint. Exemple :
JQ
PL ^;ji P^^
La tierce majeure de V accord parfait de dominante (note sensible) doit toujours monter d'un demi-ton (à la tonique), quelle que soit d'ailleurs la partie où elle se trouve, lorsque cet accord est immédiatement suivi de Yacco7'd de tonique. On ne peut donc doubler cette note sans contrevenir à la règle qui défend les octaves consécutives entre deux parties.
Ces règles posées, il ne nous reste que peu de chose à dire de l'enchaînement des accords dans Xhormonie consonante, chacune des notes qui les composent jouissant d'une liberté de mouvement à peu près entière.
Ajoutons cependant que le meilleur enchaînement harmonique est celui qui consiste à faire entendre des accords dans un ordre qui leur permette d'avoir une ou plusieurs notes communes, c'est-à-dire appartenant également, quoique à des titres différents, aux accords consécutifs. — Exemple :
E.NCHAINEMEXT DES ACCORDS.