IMITATION
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Le canon. — Lorsque l'imitation, rigoureusement conforme
ÉLÉMENTS DU CONTREPOINT. 461
au modèle nommé antécédent, le reproduit d'une manière intégrale et complète, elle prend alors le nom de canon.
Le véritable canon est donc celui qui pourrait ne jamais s'arrêter que par la lassitude des exécutants ; on le nomme canon indéfini.
Voici comme exemple, le fameux canon de Frère Jacques, quoique le contrepoint n'en soit pas d'une irréprochable pureté.
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Frère Jacques, frère Jacques, Dormez
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rEïITE ENCYCLOPEDIE MUSICALE.
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ii.nes, Sonnez les ma - h. ries, Dinn! denn!
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ELEMENTS DU CONTREPOINT
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Jacques,Dor .niez - vous? Dor mez - vous? Sonnez les ma -
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Jacques, Fre - re
Le contrepoint double. — On peut encore utiliser dans la musique libre une des formes du contrepoint : le contrepoint double. Il résulte de l'iuversion des parties, c'est-à-dire que la partie grave peut être transportée à l'aigu, et réciproquement, sans que les règles qui président aux rapports des intervalles subissent aucune infraction. On désigne improprement de nos jours, sous le nom de contrepoint double, deux motifs présentés séparément d'abord, puis exécutés ensemble. En s'unissant, ils ne donnent le plus souvent naissance qu'à un contrepoint simple.
Nous pourrions en citer de nombreux exemples dans la musique dramatique : acte III des Huguenots, la prière des femmes catholiques chantée sur le rataplan des soldats protestants ; acte II du Déserteur, les deux chansons du grand cousin et de Montauciel, etc.
Mais tout cela, nous le répétons, n'est point le contrepoint double des vieux maîtres, dont les lois austères n'ont rien de commun avec la liberté des exemples que nous venons de citer.
Le renversement appelé contrepoint double se pratique à l'octave, à la dixième (tierce composée) et à la douzième (quinte composée).