‹ Petite encyclopédie musicaleChapitre 18 sur 97 · COLE ALLEMANDE · texte numérisé non relu

COLE ALLEMANDE

Si l'école italienne est en décadence, il n'en est pas de même de l'école allemande qui, grâce à R. Wagner, brille d'un vif éclat. Ge compositeur éminent, doué d'un incontestable génie, a voulu jeter par terre les bases sur lesquelles repose le drame musical. Plus de règles, plus de formules !... La poésie s'unissant intimement à la musique, ne faisant qu'un avec elle, au lieu de lui être subordonnée; la mélodie supprimée et faisant place à la déclamation lyrique; le principal rôle musical confié non plus aux voix, mais à l'orchestre ; plus de morceaux coupés, séparés, divisés; un discours musical ininterrompu, un fleuve d'harmonie coulant sans arrêts ni intermittences : telle est la réforme rêvée par Wagner et qu'il a essayé de mettre en pratique dans le Tannhaûser, le Lohengrin et surtout dans la trilogie des Maîtres Chanteurs, dans la tétralogie des Niebelungen et dans Parsifal, son dernier ouvrage. Ges théories révolutionnaires ont trouvé des partisans fanatiques et des adversaires implacables. Quel que soit leur avenir, elles exercent une grande influence sur l'art contemporain, et si elles ont enfanté beaucoup d'œuvres incompréhensibles, elles ont aussi contribué puissamment au développement de la musique symphonique et du rôle de l'orchestre au théâtre ; la langue musicale est devenue plus complète, l'harmonie plus riche et l'instrumentation plus variée.

A côté de Wagner, il convient de citer plusieurs autres musiciens allemands qui se sont fait avantageusement connaître dans ces dernières années : Brahms, Max Bruch, Raff, Strauss, DE SuppÉ, Tâubert, Volkmann, Wolf, Zaytz, et DE Flotow, l'auteur applaudi de Martha et de l'Ombre.

§ 3. École française.

L*école française a su prendre à l'Italie son génie mélodique et à l'Allemagne sa science harmonique et instrumentale, produisant ainsi , grâce à cette assimilation , des œuvres complètes, proportionnées, équilibrées, dans lesquelles un goût pur et sévère préside à cette heureuse union de la science et de l'inspiration.

Nous allons énumérer, dans une revue rapide, ceux de nos compositeurs dont s'honore le plus l'école française contemporaine :

M. Ambroise Thomas, directeur du Conservatoire, a fourni déjà une glorieuse carrière artistique. Spirituel dans le Caïd, original dans le Songe d'une nuit d'été, dramatique dans Raymond, tendre et gracieux dans Psyché, poétique dans Mignon, rêveur dans Hamlet, sévère dans Françoise de Rimini, il a montré toute la souplesse de son talent délicat. Aucune concession au mauvais goût dans l'œuvre de M. Ambroise Thomas ; une horreur véritable de la banalité ; un charme plein de finesse et une merveilleuse élégance de forme : telles sont les qualités éminentes de cet esprit si distingué.

M. GouNOD est un symphoniste, formé à l'école des maîtres allemands. Esprit très cultivé, littérairement et artistiquement, il montre, dans ses compositions, une nature poétique, idéale, rêveuse, mystique. C'est, par excellence, le chantre de l'amour. Quel cœur de vingt ans n'a battu plus vite aux accents si tendres de Faust et de Marguerite, de Vincent et de Mireille, de Roméo et de Juliette? Le musicien qui a signé ces trois immortels chefsd'œuvre peut se présenter sans crainte au jugement définitif de la postérité.

M. Victor Massé a composé la musique gracieuse, touchante, vive et spirituelle des Aoces de Jeannette, de Galatée et de la Reine Topaze, et son grand opéra Paul et Virginie a obtenu un fort honorable succès. — Bazin a laissé la réputation d'un savant harmoniste. La réussite de son Maître Pathelin et de son Voyage en Chine est un exemple éloquent de l'importance d'un

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bon livret dans im opéra-comique. — M. Boulanger, compositeur aimable et distingué, a fait applaudir le Diable à Vécole, les Sabots delà marquise et Don Quichotte. — M. Semet a prouvé une grande facilité mélodique dans les Nuits d'Espagne, Gil Blas et la Petite Fadette.

M. Saint-Saens possède à fond toutes les ressources de l'art musical. Compositeur fécond et savant, organiste merveilleux et pianiste de premier ordre, il n'a pas encore conquis en France la place à laquelle son grand mérite lui donne droit ; il est plus apprécié en Allemagne, le pays par excellence de la science harmonique et de la science orchestrale. 11 s'est produit avec plus de succès dans la symphonie que dans le drame lyrique . Et pourtant que de pages réellement remarquables dans Samson et Dalila, opéra acclamé à l'étranger et encore inédit en France; dans Etienne Marcel, dont le théâtre de Lyon a eu la primeur, et dans Henri VIII, qui vient d'être applaudi sur la scène de l'Académie nationale de musique !..

M. Reyer est un musicien brillant, original, dont le talent distingué s'est fait jour, au théâtre, dans Maître Wolfram et dans la Statue. Il a depuis longtemps en portefeuille un grand opéra : Sigurd, dont quelques fragments ont été bien accueillis dans les concerts.

BizET, mort si jeune, en plein succès, promettait un compositeur des plus remarquables. Ses morceaux symphoniques pour rArlésienne et Carmen, opéra-comique plein de charme, de mouvement, de couleur et de pittoresque, l'avaient classé très haut dans Testime des connaisseurs. — M. Duprato a écrit d'une plume alerte et élégante les Trovatelles et la Déesse et le Berger. — M. Deffès, compositeur plein de verve et de déUcatesse, a fait applaudir le Café du Roi, les Bourguignonnes, Broskovano et les Noces de Fernande. — Eugène Gautier, qui avait écrit les spirituelles partitions àw Mariage extravagant et du Docteur Mirobolant, a éprouvé une chute complète avec la Clef d'or, et cet échec a probablement hâté sa fin. — M. F. Poise, compositeur fort distingué, était déjà connu très avantageusement par plusieurs opéras-comiques : Bonsoir, voisin, les Absents, le Corri-

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colo, etc. ; ses deux derniers ouvrages : la Surprise de l'Amour et l'Amour médecin, l'ont classé définitivement parmi les musiciens les plus élégants et les plus délicats de ce temps.

M. J. MASSENEiest un des compositeurs les mieux doués et les plus brillants de la jeune école. Il a déjà beaucoup écrit pour le piano, pour l'orchestre et pour le théâtre. Son œuvre capitale, le Roi de Lahore, a réussi sur la scène de l'Opéra, et l'étranger a reçu son Hérodiade avec un enthousiasme peut-être excessif. M. Massenet a fait exécuter trois oratorios : M or le -Madeleine, Eve et la Vierge ; le troisième n'a pas retrouvé les bravos qui avaient salué les deux premiers. Le jeune compositeur a conquis, par son talent, une haute position dans le monde musical ; son autorité ne fera que grandir, s'il sait se défier de sa trop grande faciUté et s'il se persuade que l'harmonie la plus riche et l'instrumentation la plus merveilleuse ne sauraient remplacer une idée absente. L'habileté ne doit pas être confondue avec l'inspiration. C'est à ce point de vue critique que Marie- Madeleine a, selon nous, une plus haute valeur musicale que le Roi de Laliore, œuvre faible comme conception, mais d'une forme incomparable.

M. LÉO DELiBEsne compte guère que des succès, dans le genre bouffe comme dans l'opéra-comique ; mais c'est à l'Opéra qu'il a recueilli le plus de bravos avec la Source, Coppélia et Sylvia, ballets pleins de verve, d'entrain, de couleur et de mélodie. Depuis, M. Léo Delibes a fait applaudir une partition importante, Jean de Nivelle, qui a eu plus de cent représentations à la salle Favart. Le talent de ce compositeur est des plus francs et des plus sympathiques ; l'avenir lui réserve, sans aucun doute, de nouvelles et éclatantes réussites. — M. Guiraud a montré de grandes qualités musicales dans Madame Turlupin et Piccolino, œuvres rempUes de mouvement, de chaleur et de gaieté. Il s'est également affirmé comme brillant symphoniste dans le ballet de Gretna-Green et dans sa Suite d'orchestre. G'^st un de nos musiciens les plus justement appréciés du public.

M. Ch. Lenepveu s'est fait connaître par un opéra-comique, le Florentin, qui contient des pages extrêmement remarquables, par

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de nombreuses mélodies d'un sentiment très élevé et par une messe de Requiem^ œuvre magistrale, exécutée plusieurs fois à Paris et à Bordeaux, et que la Société des concerts retient à son répertoire. Il vient de faire représenter à Londres un opéra en quatre actes, Velléda, dont les principaux rôles ont été créés par M™^ Patti et Nicolini, et qui renferme des beautés de premier ordre. — M. V. Joncières, dont le Sardanapale et le Dernier jour de Pompéi ont été discutés, a fait représenter aussi /)«mîVn, quele public a couvert de bravos unanimes et mérités. — M. Vaucorbeil, qui s'était fait apprécier des musiciens par plusieurs œuvres d'un style très pur et d'un sentiment délicat, paraît avoir renoncé à la composition active, bien qu'il ait en portefeuille un opéra, Mahomet, complètement terminé. Il est aujourd'hui directeur de notre première scène lyrique.

Nous citerons encore : M. W. Chaumet, dont la pièce de début, Bdthylle, a été fort goûtée. — M. S. David, l'auteur de Mademoiselle Sylvia et de la Fée des bruyères. — M. Diaz, qui a fait jouer à l'Opéra la Coupe du roi de Thulé. — M. Théodore Dubois, connu par son oratorio les Sept paroles du Christ.^ musicien très remarquable. — M. Duvernoy (Alph.), dont le poème symphonique la Tempête a remporté le prix au concours de la ville de Paris (1880). — M. Franck, compositeur savant et austère, organiste de premier ordre. — M. B. Godard, esprit mélodique, talent fort distingué ; ses poèmes symphoniques Diane et le Tasse ont été très applaudis. — M"'^ de Grandval, qui s'est essayée avec succès au théâtre, dans la symphonie et dans la musique religieuse, et dont l'oratorio la fille de Jdire a mérité le prix Rossini. — M. A. Hignard, dont l'opéra Hamlet n'a pu encore être représenté. — M^^^ Augusta Holmes, qui a fait preuve d'une véritable puissance musicale dans Héro et Léandre et dans les Argonautes. — M. d'Indy, qui a fait applaudir un poème symphonique, la Mort de Wallenstein, œuvre pleine de verve et de vigueur. — M. d'Ivry, auteur des Amants de Vérone, opéra dans lequel on trouve plusieurs morceaux de réelle valeur. — M. Lalo, musicien éminent, brillant symphoniste, auteur de Fiesque et du Roi d' Ys, opéras non encore représentés. — M. Charles Lefebvre, qui

a écrit un très remarquable drame lyrique, Judith. —M. V. Lefè- VRE, directeur de l'école de musique religieuse, auteur de plusieurs compositions vocales et instrumentales. — M. H. Maréchal, auquel on doit un drame sacré, la Nativité, et un opéra-comique plein de charme et de sentiment mélodique, les Amoureux de Catherine» — Membrée, mort récemment, a produit beaucoup de mélodies dramatiques ; mais, si l'on excepte ses chœurs d'Œdipe roi, ses ouvrages de théâtre ont été peu goûtés ; r Esclave et les Parias n'ont eu qu'un petit nombre* de représentations. — M. Meumet, encouragé par la réussite de Roland à Boncevaux, a donné récemment à l'Opéra une Jeanne d'Arc, dont la chute a été complète. — M. E. Ortolan ne s'est guère fait connaître que par son oratorio de Tobie, dans lequel on remarque des pages agréablement écrites. — M. Paladilhe, dont la Mandolinata a obtenu tant de vogue, a vu son opéra-comique Suzanne très honorablement accueilli. — M. E. Pessard a donné, avec succès, le Char à l'Opéra-Gomique et le Capitaine Fracasse au théâtre Lyrique. —M. Raoul PuGNo,.dont l'oratorio la Résurrection de Lazare annonce un tempérament dramatique de premier ordre. — M. H. Salomon a signé deux charmantes partitions : les Dragées de Suzette et l'Aumônier du Régiment. — M. Salvayre compte à son actif un Stabat mater, une symphonie biblique, la Résurrection, et un grand opéra, le Bravo. Ces divers ouvrages attestent un tempérament dramatique et des connaissances musicales sérieuses, qui présagent un bel avenir à ce compositeur. — M. Wekeklin est un musicien érudit, doublé d'un habile compositeur. — M. Widor, pianiste et organiste de talent, a déjà beaucoup écrit. Son ballet, la Korrigane, vient d'obtenir, à l'Opéra, un franc succès de musique élégante, vive et pittoresque. — M. Wormser a une véritable organisation dramatique, et il a déployé des qualités très sérieuses dans sa cantate Clytemnestre et dans les fragments lyriques qu'il a intitulés : Poésie sacrée. Il a en portefeuille deux opéras : Dona Maria et la Princesse de Mantoue, dont l'ouverture a été exécutée dans une séance de l'Académie des beaux-arts.

Nous dirons quelques mots de Vopérette, ce genre si répandu

aujourd'hui et que les excentricités musicales d'Offenbach et de M. Hervé ont mis à la mode.

Ce fut en 1855 qu'OpFENBACH obtint le privilège des Bouffes- Parisiens, qu'il installa d'abord aux Champs-Elysées et qu'il transporta ensuite dans le passage Choiseul. Les Deux Aveugles ouvrirent la série de ces pièces burlesques, dont beaucoup ont eu un succès retentissant et se sont jouées dans le monde entier : Orphée aux enfers^ Geneviève de Brabant, la Belle Hélène, Barbe-Bleue^ la Grande Duchesse^ les Brigands^ etc., etc. La vogue vint immédiatement à ce genre de spectacle et d'autres compositeurs se lancèrent dans cette musique extravagante, qui exigeait de la gaîté, de l'entrain... et fort peu de connaissances artistiques... M. Hervé se fît une réputation, à côté d'Offenbach, par VŒU crevé, le Petit Faust, Chilpéric, etc.

Depuis quelques années, un revirement s'est produit dans l'opérette, qui, s'éloignant du genre burlesque, se rapproche de plus en plus de notre opéra-comique. Cette transformation est due principalement à M. Lecocq et à M. Robert Planquette, qui ont obtenu un succès inouï avec la Fille de M^^ Angot et les Cloches de Corneville. MM. Audran, Jonas, Lacome, Laurent DE RiLLÉ, MÉTRA, Serpette, Varney ct Vasseur sout Ics foumisseurs attitrés de nos scènes d'opérette et, de même que leurs chefs de file, MM. Lecocq et Planquette, ils ont renoncé aux excentricités de l'ancien opéra bouffe. Il y a des pages charmantes, pleines de verve et de mélodie, dans la petite Mariée^ les Voltigeurs de la 32^, Jeanne, Jeannette et Jeanneton, la Mascotte, etc. De nos jours, où rOpéra-Comique joue de véritables drames lyriques, tels que Bornéo et Juliette, Carmen, Jean de Nivelle, etc., il est bon que les théâtres d'opérette fassent revivre le genre si français qui nous a valu tant d'agréables chefs-d'œuvre de Nicolo, de Boïeldieu, d'Auber et d'Adam.

§ 4. Chanteurs et virtuoses.

Nous ne pouvons ciler ici tous les artistes qui se font entendre au théâtre et dans les concerts pour la plus grande satisfaction des dilettanti ; nous nous contenterons de mentionner les suivants :

Cantatrices: M°^" Patti, Nilsson, Krauss, Miolan-Carvalho, Galli- Marié, Heilbron, Fidès-Devriès, Bilbaut-Vauchelet et Van Zandt.

Ténors: MM. Villaret, Bosquin, Capoul, Nicolini et Talazac.

Barytons : MM. Faure, Lassalle, Bouhy, Gaillard, Diaz de Soria, Lauwers et Morlet.

Pianistes : MM. Rubinstein, Delaborde, Litolff, Planté, Jaëll et Ritter. M"^" Montigny-Rémaury, Massart, Jaëll, Clotilde Kleeberg et Essipoff.

Violonistes : MM Sivori, Wilhelmy, Sarasate, Remenyi, Paul Viardot; M'"" Normann-Neruda et Marie Tayau.

Organistes: MM. Guilmant, Saint-Saëns, Widor,Dallier, Fissot, Franck, Loret, Mailly, Pugno et Fauré.

§ 5. Compositeurs étrangers a la frange, a l^italie et a l'allemagne.

Nous allons mentionner, en finissant, les compositeurs qui ont le plus de réputation en Europe, dans les pays autres que la France, l'Italie et l'Allemagne. Ce sont :

En Angleterre: Balfe, Bishop, Benedict, Macfarren, Richard et Sullivan.

En Belgique: Benoît, Jouret, Radoux, Riga etWaelput.

En Danemark: Niels Gade et Hartmann.

En Espagne: Aceves, Arrieta, Barbieri, Gaballero, Gaztambide, Oudrid, Rogel, Sunyer et Zubiaurre.

En Russie: Davidoff, Dargomijski (mort en 1868), Glinka (mort en 1857), Serow (mort en 1871), Rimsky-Korsakoff; Rubinstein et Tchaïkowsky.

En Hollande: Hol et Silas.

En Suède et Norvège : Hallstroem et Svendsen.

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Nous arrêtons ici cet abrégé de l'histoire de la musique, dont le complément sera formé par les notices biographiques qui terminent ce volume, et nous empruntons à Marcillac les hgnes suivantes, qui servent de conclusion à son Histoire de la musique moderne :

(( Quant à prévoir les nouvelles transformations que l'art musical est appelé à subir, cela dépasse notre compétence. En tout cas, et sans vouloir préjuger l'avenir, il semble difficile que l'art musical puisse s'ouvrir de nouveaux horizons. La tonalité moderne a donné tout ce qu'on pouvait raisormablement en attendre : tous les accords consonants et dissonants, même les plus compliqués, ont été essayés ; on a même été dans cette voie plus loin que ce que nos oreilles pouvaient supporter. Peutêtre cependant s'habituera-t-on, avec le temps, à ces combinaisons harmoniques, qui nous effarouchent encore ; peut-être même arrivera-t-on à une tonalité fondée sur d'autres principes que ceux qui ont servi à la musique depuis Monteverde.

« Mais ne nous aventurons pas sur la voie des hypothèses et rappelons-nous que ce que Ton demande à l'historien de la musique, ce n'est pas de prononcer des oracles sur l'avenir de l'art musical, mais de tracer la route qu'il a suivie depuis son origine, et de mettre ainsi le lecteur en état de raisonner ses sympathies, de choisir avec jugement et en connaissance de cause, et de savoir reconnaître, parmi la foule innombrable des productions musicales que chaque époque a vu éclore, celles qui sont marquées du sceau de l'éternelle beauté. »

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