SCHUBERT — SCHUMANN
au rouet, etc., qui sont aujourd'hui populaires. Un charmant opéra de Schubert, traduit en français par V. Wilder sous le nom de Croisade des dames, a été représenté à Paris au théâtre des Fantaisies- Parisiennes vers 1868, avec un très grand succès.
SGHULHOFF (Jules), pianiste et compositeur pour son instrument, né à Prague le 2 août 1825, eut pour maîtres Kisch, Tedesco et Tomascheck, et travailla seul ensuite à se ^aire un talent original. En 1845, il donna chez Érard, à Paris, son premier concert et causa une vive sensation. Son talent et ses compositions furent vite appréciés, et, depuis ce temps, l'éminent artiste n'a cessé de parcourir l'Europe avec les plus grands succès. Au nombre de ses compositions pour le piano, on remarque un galop, Frague^ deux scherzos j le Tournoi, etc.
SCHUMANN (Robert), compositeur romantique des plus célèbres et critique musical distingué, né à Zwickau (Saxe) le 8 juin 18i0, mort fou à Eudenich près Bonn, le 29 juillet 1856, ne manifesta dans son enfance aucune disposition particulière pour la musique. Ce fut seulement en entendant Moschelès dans un concert à Carlsbad, en 1819, qu'il ressentit la première impression de cet art; impression si vive, qu'elle décida du sort de toute sa vie. Le jeune Schumann se mit alors à l'étude du piano avec une ardeur fébrile ; il organisa de petits concerts dans la maison paternelle , et commença à composer d'instinct. Les choses durèrent ainsi jusqu'à la mort de son père (1826). A cette époque, sa mère exigeant qu'il fît son droit, il dut se rendre à l'Université de Leipsick (1828). Mais, durant les trois années qu'il y passa, il étudia plus le piano avec Frederick Wieck, il fit plus de poésie et de littérature, qu'il ne s'occupa des Pandectes. En 1830, il se décida enfin à annoncer à sa mère sa résolution d'embrasser la carrière artistique. Ce parti une fois pris, il se livra sur le piano à une gymnastique de doigts si forcenée, que sa main droite en resta pour toujours paralysée. Schumann, renonçant alors forcément à la carrière de virtuose, se mit à étudier les règles de la composition sous la direction de Dorn. Des opinions ultra-romantiques avaient, dès 1831, poussé Schumann dans la voie de la critique. En i83l4, il fonda un journal : la Neue Zeitschrift fur Music, et y défendit pendant dix ans ses doctrines, attaquant, avec une verve digne d'une meilleure cause, les antiques traditions de l'art, qu'il appelait des vieilleries. En 1840, après une longue attente, il parvint à épouser
Clara Wieck, pianiste distinguée, fille de son hôte et professeur. Son talent se ressentit de cette union. Quelques-unes de ses plus belles pages : Kreizleriana^ Die Lavisbiindler, les Novelettes ] pour le piano ; trente-huit de ses plus beaux Lieder datent de cette époque. Cependant, dès 1833, Schumann avait été atteint d "une maladie nerveuse. Il s'était rétabli, mais en 1845 il éprouva une rechute, causée par un excès de travail. Cette fois la guérison fut plus difficile. Quelques voyages à Vienne et à Berlin, la bienfaisante influence d'une union heureuse et le repos apportèrent une sensible amélioration à son état ; pourtant il resta en proie à une surexcitation excessive. Ce fut sous cette influence qu'il écriVii Manfred, Faust, etc., après avoir donné son unique o^ém Geneviève {\ 848) ; produisant avec une fiévreuse activité la Symphonie rhénane, les ouvertures de la Fiancée de Messine, de Jules César, d'Hermann et Dorothée; la Malédiction du chanteur, etc. De si lourds travaux, accomplis dans un état de santé déjà déplorable, devaient amener fatalement la perte de Schumann. En effet, la maladie le reprit en 1851, et alla toujours grandissant jusqu'en 1854. Dès lors les hallucinations ne le quittèrent plus. Le 7 février de cette même année, au milieu de la nuit, il quitta tout à coup ses amis pour aller se jeter dans le Rhin. Quand on le retira, il était fou : il fallut le mettre dans une maison de santé, et peu de temps après il y mourut. La musique de Schumann fut le reflet de son état mental. Fantasque, bizarre, d'un sentiment maladif, mais profondément passionnée, elle atteint presque toujours jusqu'aux plus beaux accents de l'émotion, mais laisse dans l'esprit on ne sait quelle vague tristesse, quelle sorte d'inquiétude énervante et presque douloureuse. Quoi qu'il en soit, Paradis et Péri, la Vie d'une rose, l'Amour du poète, l'Amour d'une femme, les Lieder, les Novelettes, la Fantaisie dédiée à Listz, etc., sont et seront toujours des chefs-d'œuvre. Dans la musique symphonique, Schumann s'est montré moins supérieur. Malgré leurs réelles beautés, ces œuvres pèchent presque toutes par une orchestration sourde, terne et quelque peu confuse.
SCHUMANN ( Clara- JosÉPHiiXE WIECK, épouse), femme du précédent, pianiste distinguée et compositeur, naquit à Leipsick le 13 septembre 1819, et reçut des leçons de son père, Frederick Wieck, qui fut le maître de Schumann. Elle fit à onze ans sa première tournée artistique avec un certain succès ; mais ce fut en 1 837, dans un autre voyage, à Vienne et à Berhn, puis à Paris en 1839, qu'elle mit le comble à sa réputation. Après son mariage avec Schumann en 1840, son activité