‹ Petite encyclopédie musicaleChapitre 84 sur 97 · SEMET — SIEG · texte numérisé non relu

SEMET — SIEG

ressources de l'art moderne. Tl répandit ces doctrines autant par la plume que par la parole. (Des idées analogues ont été préconisées en France dans ces dernières années, par M. Bourgault-Ducoudray.) Tout en se livrant à ces travaux, Serow ne négligea pas la composition. Il donna successivement, avec un grand succès : Judith, opéra biblique (1863), et Rognéda, opéra national (1865), à Saint-Pétersbourg. 11 mettait la dernière main au Pouvoir du diable, lorsqu'il mourut subitement.

SERPETTE (HENRi-CuARLEs-ANTOiiNE-GASTON), compositcur, né à Nantes le 4 novembre 1846, entra au Conservatoire en 1869, dans la classe de composition de M. Ambroise Thomas, et remporta le premier grand prix de Rome en 1871 . A son retour d'Italie, il se livra à la composition et donna successivement plusieurs opérettes : la Branche cassée (Bouffes-Parisiens, 1874); le Manoir de Pic-Tordu (Variétés, 1875); le Moulin du Vert-Galant et la Petite Muette (Bouffes, 1876^ 1877); la Nuit de Saint-Germain (Fantaisies-Parisiennes, 1880) ; etc.

SERVAIS (Adrien-François), célèbre violoncelliste, né à Hall (Belgique) le 6 juin 1807, mort en cette ville le 26 novembre 1866, fit ses études musicales au Conservatoire de Bruxelles et y apprit le violoncelle sous la direction de Platel. En moins d'un an, il obtint le premier prix de cet instrument et devint par la suite le répétiteur de son maître. Après une courte apparition à Londres en 1834, Servais, de retour en Belgique, travailla avec ardeur à acquérir les qualités brillantes qui le distinguèrent plus tard. En 1836, il se rendit à Paris, parcourut la Hollande et depuis cette époque n'a pas cessé de voyager en Europe avec le succès le plus éclatant. Il fut nommé professeur de violoncelle au Conservatoire de Bruxelles, en 1848. Servais a publié des concertos, des fantaisies, des études, etc., pour son instrument.

SIEG (Charles-Victor), compositeur, fils d'un organiste, est né àTurckheim (Haut-Rhin) le 8 août 1837, a fait ses études musicales au Conservatoire de Paris et y a obtenu diverses récompenses. En 1864, il remporta le premier grand prix de Rome et se consacra à l'enseignement et à la composition. M. Victor Sieg a pubhé, pour le piano : Trois Impromptus^ Tarentelle, Caprice-Valse, etc. Il est aujourd'hui organiste à l'église Saint-Merri et inspecteur de l'enseignement du chant dans les écoles communales de la ville de Paris.

SIGHICELLI, nom d'une famille de violonistes italiens dont les membres les plus connus sont: Philippe (1686-1773); Joseph (1737- 1826} ; Charles (1772-1806) ; Antoine, né en 1802, et Vincent, né en 1830.

SILAS (Edmond), pianiste et compositeur, né à Amsterdam en 1827, se fit entendre en public dès l'âge de dix ans. S'étant rendu à Paris en 1842, il entra au Conservatoire et y remporta le premier prix d'orgue en 1849. En 1830, il partit pour Liverpool, où il obtint de brillants succès commo pianiste et comme compositeur. A Londres il fut plus discuté et pourtant s'y fixa. On connaît de lui une Messe couronnée au concours international ouvert en 1866; Joas, oratorio (Norwich, 1863), une symphonie exécutée à Londres, etc.

SILBERMANN, nom d'une famille allemande de facteurs d'orgues et de pianos, dont les membres principaux furent : André (1678-1734); Godefroid{\Q83-ilo3); Jea7î-André{\li2-ilS3] ; Jean-Dcmiel {il il- il 66); Jean-Henri (1727-1799).

SILCHER (Frédéric), compositeur et directeur de musique à Tubingue, né le 27 janvier 1789 à Schnaith (Wurtemberg), mort à Stuttgard le 26 août 1860, s'est spécialement acquis une légitime renommée, par ses compositions chorales pour voix d'homme, qui sont populaires en Allemagne.

SIVORI (Ernest-Camille), violoniste virtuose célèbre, né à Gênes le 25 octobre 1813, élève de Costa et de Paganini, dont il est le brillant imitateur, vint à Paris en 1827 remporter ses premiers succès. Après un heureux voyage en Angleterre, il revint à Gênes étudier les règles de la composition avec Jean Serra, et continua ses voyages artistiques quelques années après. Toutes les principales villes d'Europe et des deux Amériques assistèrent successivement à ses triomphes. D'une virtuosité prodigieuse et doué d'une qualité de son supérieure, M. Sivori n'est pas moins remarquable par le sentiment et par le style. On cite parmi ses compositions: deux Concertos; Tarentelle napolitaine; les Carnavals de Cuba, du Chili, Américain; les variations sur /e Pirate et /a Somnambula; les Folies espagnoles; Souvenirs de Norma, etc., etc.

SOMIS ( Giovanni-Cattista } , fameux violoniste piémontais, né en 1676, mort en 1763 à Turin, se rendit de bonne heure à Rome et à Venise pour s'y perfectionner au contact des grands maîtres.

SIGHICELLI — SONTAG. 335

Après avoir reçu quelques conseils de Vivaldi et de Corelli il revint à Turin, où le roi de Sardaigne le nomma premier violon et directeur de sa chapelle et de sa chambre. — La fille de ce grand artiste, Maria- Cristina Somis, cantatrice distinguée, épousa le peintre Carie Vanloo, et vint avec lui à Paris en 1734. Sa grande beauté, sa voix admirable et son talent accompli lui valurent à la cour et dans le monde les succès les plus flatteurs.

SONTAG ou SONNTAG (Henriette-Gertrude-Walpurge), comtesse ROSSI, célèbre cantatrice, naquit à Coblentz le 3 janvier 1806 et mourut à Mexico le 17 juin 1854. Fille d'artistes dramatiques, elle débuta à la scène dès l'âge de cinq ans, dans le rôle de Salomé des Donau Weibchen, à Darmstadt, et continua d'y paraître à chaque occasion jusqu'à l'âge de onze ans. Elle entra alors au Conservatoire de Prague, où elle travailla avec ardeur pendant quatre ans. Un premier succès obtenu en chantant à l'improviste Jean de Paris la fit aller à Vienne, où elle chanta tantôt à l'Opéra allemand, tantôt au théâtre Italien, jusqu'en 1824. M"« Sontag fut appelée ensuite à Leipsick, et c'est de cette ville que datent ses premiers triomphes. Elle y fut admirable dans Euryanthe et dans le Freyschùtz, quoique son talent fût plutôt de nature italienne. Berlin voulant aussi l'entendre, elle chanta au théâtre de Kœnigstadt et sa renommée se répandit bientôt partout. Ce fut dans cette ville qu'elle connut le comte Rossi, ambassadeur de Sardaigne à Berlin, personnage qu'elle épousa plus tard. En 1826, elle vint à Paris. Là, le Barbier de Séville, Vltaliana in Algeri, etc., lui valurent d'éclatants succès; aussi fut-elle plus fêtée encore à son retour à Berlin. M"» Sontag revint à Paris de 1828 à 1830 et pendant ces deux années elle fut, avec M°i« Malibran, la gloire du théâtre Italien. Il y eut bien pendant quelque temps une rivalité tendue entre ces deux femmes, rivalité qui faiUit amener des incidents fâcheux. Mais, fort heureusement pour elles et pour l'art, ce sentiment s'adoucit, et il ne resta plus entre elles qu'une noble émulation. Semiramide et Tancrcdi les virent paraître côte à côte ; l'ensemble en fut merveilleux. En 1830, M^^^ Sontag, devenue comtesse Rossi, quitta le théâtre non sans avoir donné, à Paris et à Berlin, d'éclatantes représentations d'adieu. Elle chanta encore dans des concerts à Pétersbourg et à Moscou, puis cessa de paraître en public. De 1837 à 1848, elle habita la Russie avec son mari. Après cette époque, des revers de fortune l'ayant obligée à reprendre sa carrière d'artiste, Bruxelles, Londres, Paris, l'applaudirent encore. En 1852, elle se

rendit en Amérique. Son voyage, des plus heureux, n'était qu'une série de triomphes, lorsqu'en 18c4, à Mexico, oii elle était engagée pour une somme considérable, elle fut prise du choléra après une brillante représentation de Lucrezia Borgia; elle succomba en six jours.

SONTHEIM (Henri), chanteur allemand, né en Wurtemberg, dont la belle voix de ténor a fait, pendant de longues années, les déhces de la cour de Stuttgard, où il était engagé à vie, excellait dans les opéras français : la Juive, la Dame blanche, les Hugueyiots, Guillaume

SORIA (Jules DIAZ de), chanteur distingué, né à Bordeaux, d'une famille originaire du Portugal, entra à huit ans comme soHste de chœur à la synagogue de cette ville, et à douze à la société Sainte- Cécile. Plus tard M. de Soria, ayant embrassé la carrière commerciale, voyagea pour une maison importante. Ce fut dans ces tournées d'affaires qu'il se fit entendre à Marseille et en Italie, devant les plus grands musiciens. Il parcourut ensuite la France avec un succès retentissant : à Paris (1873), il parut aux côtés de M"'^ Carvalho; en province, il se fit entendre avec MM. Planté, Sivori, M^^® Marimon, etc. En Turquie, en Russie, en Grèce, à Nice, où il joua Hamlet; à Londres, etc., ses triomphes ne furent pas moins grands. Verdi, Mercadante lui ont décerné les plus grands éloges ; Gounod a composé pour lui deux charmantes pièces et Félicien David le tenait en haute estime. Enfin il n'est point de succès que ne connaisse ce baryton amateur, qui n'est rien moins qu'un grand artiste.

SPOHR (Louis), compositeur et violoniste allemand, né à Brunswick le 5 avril 1784, mort à Cassel le 22 novembre 1859, reçut tout jeune encore des leçons de Maucourt à Brunswick, puis du grand violoniste François Eck. En 1802, il fit un voyage de dix-huit mois en Russie avec ce maître et revint à Brunswick terminer ses études. En 1804, il quitta cette ville pour se faire connaître comme virtuose et compositeur en Prusse et en Saxe. Les brillants succès qui l'accueillirent à ce double titre lui valurent la place de maître de concert à la cour de Gotha (1805). Spohr se maria peu de temps après et se rendit à Vienne avec sa femme, Dorothée Scheidler, harpiste des plus distinguées. On lui offrit alors la place de directeur d'orchestre au théâtre de la Wien; il l'accepta. Mais ayant éprouvé quelques difficultés à faire représenter son Faust, il se retira (1816). Faust

SONTHEIM — SPOiNTINI. 337

ne fut joué qu'en 1818 à Francfort. Spohr visita ensuite l'Italie. A son retour il fut nommé directeur du théâtre de Francfort avec le titre de maître de chapelle. Après avoir pris possession de ses fonctions, il fit un voyage à Paris, mais dans cette ville il ne produisit pas la sensation que semblait promettre sa réputation : son talent hors ligne, mais froid et sans originalité, laissant le public indifférent. A Londres (1819), il fut plus heureux, ses succès furent brillants et le bruit s'en étant répandu en Allemagne, il fut nommé, à son retour, maître de chapelle du duc de Hesse-Gassel (1822), place qu'il conserva jusqu'à sa mort. Spohr eut une grande renommée en Allemagne. Ce fut lui que l'on choisit pour diriger les festivals de : Halberstadt (1828 et 1835), Nordhausen (1829), Aix-la-Chapelle (1840), Lucerne (1841), Brunswick (1844), Bonn (1845), etc., etc. Spohr exerça sur l'école allemande du violon l'influence la plus heureuse et forma d'excellents élèves. Son œuvre comprend environ cent soixante ouvrages, dont neuf opéras, parmi lesquels on remarque Jessonda (Cassel, 1823), quatre oratorios, des symphonies, et une grande quantité de musique de chambre, de violon, de piano, etc.

SPONTINI (Louis-Gaspard-Pacifique, comte de SANTA-ANDREA), célèbre compositeur dramatique itahen, né le 14 septembre ou novembre 1774 à Majolati (États-Romains), mort en ce village, le 24 janvier 1851, fut destiné d'abord par ses parents à l'état ecclésiastique. Mais entraîné par l'instinct qui le poussait vers la musique, il se sauva de chez un oncle paternel, curé de la succursale de Jési, chez lequel on l'avait placé, et se réfugia, à Monte San Vito, auprès d'un frère de sa mère, qui l'accueillit avec bonté et lui fit donner quelques leçons. Il entra ensuite au Conservatoire de la Pieta dei Turchini à iNaples, en 1791, et y devint bientôt maestrino, ce qui correspond chez nous au titre de répétiteur. Pendant ce temps il faisait exécuter ses petites œuvres dans les couvents des environs. En 1796, sur les sollicitations de Sismondi, directeur du théâtre Argentina à Rome, il quitta furtivement le Conservatoire pour aller écrire dans cette ville son premier opéra, il Puntigli délie donne. L'ouvrage eut du succès, et, malgré le scandale causé par l'escapade du jeune artiste, Piccini le fit rentrer au Conservatoire et le dirigea même dans la composition de VEroismo ridicolo (Rome, 1797), opéra qui fut bientôt suivi de sept autres : ilMnto Pittore (Rome, 1798), il Teseo riconosciuto, Vlsoladisahitata et CM piu guarda men vede (Florence, 1798); l'Amore segreto, la Fuga in maschera et la Finta filosofa (Naples, 1799). A cette époque,

l'armée française ayant envahi le territoire de Xaples, Spontini se rendit à Palerme avec sa famille et y donna, en 1800, trois opéras : I Quadrl Parlanti, Sofronia e Olindo et gli Elisi delusi. De retour sur le continent, il écrivit successivement : gli Amanti in cimento (Rome, 1801); la Principessa d'Amalfi ou Adelina Senese eile Metamorfosi di Pasquali (Venise, 1802), et partit pour Paris, où il arriva en 1803, après un séjour de quelque temps à Marseille. Pour se faire connaître, il commença par choisir dans ses meilleurs opéras la Finta filosofa, qui avait été bien accueillie en Italie, et la donna au théâtre Italien en février 1804. Puis, passant à l'Opéra-Comique, il y donna en mars Jidie, puis la Petite Maison, ouvrage nouveau qu'un tableau licencieux fit tomber avant la fin de la première représentation, en mai de la même année; Milton, dont le sort fut plus heureux, en novembre; enfin, en mars 1805, une reprise de sa Julie avec de notables changements. Le froid accueil fait à ces ouvrages, Milton excepté, donna à réfléchir à Spontini. Il comprit que les Parisiens étaient moins faciles à contenter qu'il ne l'avait cru d'abord, et qu'ils voulaient dans la musique de thécître plus de qualités substantielles, plus de vérité dans l'expression dramatique, que l'on n'en demandait en Italie. Il s'efforça dès lors de satisfaire aux exigences de ces nouveaux juges; mais à peine eut-il commencé à transformer son style, qu'il se trouva en présence d'une opposition formidable. Le parti des compositeurs français, lassé de voir ses propres théâtres, l'Opéra-Comique en particulier, envahis par des Italiens venus à Paris chercher fortune, se leva tout entier pour lui barrer la route. La lutte fut vive et acharnée et rappela celle des Bouffons. A Spontini, qui présentait la Vestale, le parti français opposa Lesueur et sa Mort d'Adam, dont la partition était presque achevée. Lesueur allait l'emporter, lorsqu'un retard dans la livraison de la Mort d'Adam et l'intervention puissante de l'impératrice Joséphine, qu'une cantate élogieuse de Spontini, VEccelsa Gara, avait bien disposée en sa faveur, vinrent donner gain de cause au compositeur italien. Le 15 décembre 1807, malgré les clameurs du dehors, malgré la malveillance notoire des exécutants, et, il faut bien le dire aussi, malgré l'inexpérience du compositeur dans un art encore nouveau pour lui, la Vestale fit une brillante apparition à l'Opéra, devant une foule enthousiasmée jusqu'au délire. Cette fois encore la vivifiante influence de Paris avait accompli son œuvre. Du compositeur médiocre qui avait écrit Julie, elle avait fait en peu de temps un auteur illustre, et l'art comptait un chef-d'œuvre de plus. Le succès de la Vestale M un évé-

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