‹ Petite encyclopédie musicaleChapitre 85 sur 97 · SPONTINI · texte numérisé non relu

SPONTINI

nement si considérable, qu'on en oublia pendant quelque temps la gravité des événements politiques à l'extérieur; et Méhul, Grétry, Gossec et Lesueur lui-même, décernèrent à cet ouvrage le prix décennal de l'Institut, fondé par Napoléon. Après la Vestale, Spontini donna à l'Opéra Fernand Cortez, dont le succès ne fut pas moins grand et qui mit le comble à sa renommée. On lui confia en 1810 la direction du théâtre Italien, alors à l'Odéon, et réuni à la Comédie, administrée par Alexandre Duval. Malheureusement la caisse des deux entreprises était commune et les bénéfices réalisés par Spontini furent dévorés par son collègue. Le croirait-on? M. de Rémusat, alors ministre, ne trouva qu'un seul remède à cet état de choses : il renvoya Spontini (1812)! La Restauration lui rendit son privilège, mais Spontini préféra se retirer moyennant une indemnité. Il donna encore à l'Opéra Pelage ou le Roi de la paix, ouvrage de circonstance qui ne fit aucun effet (1814), et les Dieux rivaux, opéra-ballet qui ne fut pas plus heureux (1816); mais il se releva avec les Danaïdes de Salieri, qu'il arrangea en y ajoutant de nouveaux morceaux (1817). En 1819, parut Olympie, la partition préférée de Spontini. Cet opéra, malgré toutes ses beautés, n'obtint pourtant pas de succès. En 1820, il se rendit en Prusse, où l'appelait un engagement antérieur, comme maître de chapelle de la cour et directeur général de la musique. Il signala son entrée en fonctions par une marche et chant pour l'anniversaire de la naissance du roi ; puis, trouvant la Vestale et Fernand Cortez déjà au répertoire, il donna son Olympie sur une traduction allemande et eut le bonheur de la voir cette fois réussir (1821). Durant le môme hiver, il écrivit Lalla-Rookh sur un livret tiré de Thomas Moore, opéra-ballet qu'il transforma par la suite en opéra, sous le titre de Nurmahal ou la Fête de la Rose de Cachemire. En 1825, il donna Alcidor, qui devait être dans le principe un grand opéra et qui ne fut, faute de temps et de poète, qu'un ballet-cantate dont lui-même fit le scénario. En 1827, il écrivit un hymne de fête pour le couronnement de l'empereur de Russie, et fit exécuter le premier acte à' Agnès de Hohenstauffen, opéra qui ne fut terminé qu'en 1837. Spontini demeura vingt ans au service de la cour de Prusse ; et pendant cette période, s'il réussit à donner aux exécutions musicales un lustre et une valeur inconnus jusqu'alors, ce ne fut pas sans avoir à soutenir des luttes souvent cruelles contre les nombreux ennemis que sa haute situation lui avait suscités. Élu en 1838 membre de l'Académie des beaux-arts de l'Institut de France, sous promesse de retour à Paris, il y revint en effet en 1840, mais ce fut pour assister à

une mauvaise reprise de Fernand Cortez; reprise à laquelle il voulut s'opposer par voie de justice, et que cependant il ne put empêcher. Spontini fit encore quelques voyages et retrouva à Berlin et à Cologne de beaux triomphes aux reprises de la Vestale. Durant les dernières années de sa vie, ses facultés s'affaiblirent; il voulut revoir son pays natal. Au village même de sa naissance, un refroidissement l'emporta. Des compositions de Spontini, il n'est resté en somme que deux grands ouvrages : la Vestale et 'Fernand Cortez; mais, bien que ces chefs-d'œuvre soient aujourd'hui presque tombés dans l'oubli, on se rend encore facilement compte, à l'audition des fragments qu'en donne de temps à autre la Société des concerts du Conservatoire, de l'enthousiasme inouï qu'ils excitèrent jadis.

STAMATY (Camille-Marie), pianiste et compositeur, né à Rome le 23 mars 18 H, mort à Paris le 19 avril 1870, est le fils d'un consul de France à Civita-Vecchia, qui mourut en 1818. Sa mère vint se fixer à Paris et Stamaty entra dans l'administration de la préfecture de la Seine en 1828, Durant ses loisirs, il s'occupait de musique et Fessy puis Kalkbrenner lui enseignèrent le piano. En 1831, il quitta ses fonctions administratives pour se livrer entièrement à l'art, et fit son début en public en exécutant brillamment un concerto de sa composition (1835). En 1836, il se rendit en Allemagne, où il se Ha avec Mendelssohn et Schumann, qui lui donnèrent quelques conseils. Rappelé à Paris par ses élèves, parmi lesquels on compte M. Saint- Saens, en 1837, il organisa des séances de musique classique. Stamaty a laissé un concerto, des études, un trio, des fantaisies, etc.

STAUDIGL (Joseph), chanteur allemand, né à AYollersdorf le 14 avril 1807, fut engagé comme choriste à l'Opéra de Vienne en 1828 et se mit à travailler sa remarquable voix de basse. Un jour il eut à remplacer au pied levé l'artiste chargé du rôle de Pietro dans la Muette de Portici, et s'acquitta si bien de sa tâche, qu'un engagement de cinq ans en fut le résultat (1830). Staudigl continua à se perfectionner sous la direction de Gicimara et fut bientôt en faveur auprès du public. En 1841 il se fit entendre à Londres ; et en 1846 il y chanta en anglais , ce qui porta l'enthousiasme au comble. Staudigl avait quitté le théâtre de la cour de Vienne en 1845 pour entrer comme régisseur en premier à celui de la ^Yien. Il y chanta avec Jenny Lind à la belle époque où Meyerbeer, Lortsing, Balfe, dirigeaient euxmêmes leurs ouvrages. En 1848, il retourna au théâtre de la cour,

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