WILHEM — WINTER
et compositeur, qu'elle épousa depuis. Elle débuta en 1821 au théâtre de Drury-Lane, avec un si grand succès, que les plus célèbres artistes qui chantèrent depuis à Londres n'ont pu la faire oublier. Un de ses plus grands triomphes fut VArtaxercès d'Arne.
WILT (Marie), célèbre cantatrice dramatique allemande, née à Vienne vers 1838, fit de bonnes études musicales, et épousa un ingénieur du nom de Wilt. Cette artiste ne paraissait pas devoir jamais briller par les qualités de la voix, lorsque le chef d'orchestre Herbeck devina ses qualités vocales et les lui fit travailler. Bientôt après elle débuta dans la Création d'Haydn, et le succès qu'elle y obtint la détermina à suivre la carrière de cantatrice dramatique. Gaensbacher et Wolf dirigèrent ses études vocales, et, après s'être produite dans différents concerts avec un succès croissant, M"^ Wilt débuta au théâtre de Gratz dans le rôle de dona Anna de Bon Juan, Elle se rendit ensuite à Berlin, puis au théâtre de Covent-Garden de Londres, où ses succès furent considérables, et revint en remporter de nouveaux à l'Opéra impérial de Vienne en 1867. En 1877, elle se fit entendre en Russie, en Prusse, etc. La voix de M"*^ Wilt est un soprano d'une puissance rare et d'une étendue de deux octaves. La remarquable souplesse de son talent, la facilité de ses vocalises la classent parmi les chanteuses les plus distinguées de notre temps. Ses meilleurs rôles sont dans les Huguenots, Aida, Obéron, Hamlet, la Flûte enchantée, Norma, etc.
WINTER (Pierre de), compositeur et maître de chapelle, né à Mannheim en 1754, mort en 1825 à Munich, fut admis à l'âge de onze ans dans la chapelle du prince palatin et devint l'élève de l'abbé Vogler. En 1776, il fut nommé chef d'orchestre au théâtre de la cour et suivit celle-ci, lorsqu'elle se transporta à Munich, en 1778. Il écrivit dans cette ville Armîda, Cora e Alonzo, Leonardo e Blandina; et, en 1780, Hélène et Paris , son premier opéra allemand. En 1783, se rendant à Vienne pour y faire exécuter plusieurs grands ouvrages, Salieri lui donna sur l'art d'écrire pour les voix quelques utiles conseils. De retour à Munich, W^inter écrivit un beau psaume à plusieurs voix qui lui valut d'être nommé maître de la chapelle électorale (1788). Winter alla visiter l'Italie en 1791, après avoir écrit divers opéras pour le comte de Seefeld. Il donna pendant ce voyage à Naples Antigone (1791); à Venise, IFratelli rivalli et il Sacrifizio di Creta (1792j. Ensuite, il revint à Munich donner deux opéras, et
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repartit pour Vienne, oi!i il composa deux de ses meilleurs ouvrages: le Labyrinthe et le Sacrifice interrompu (1794). Marie de Montalhan (Munich, 1798) doit aussi être classée parmi ses plus grands succès. Il n'en fut pas de même de Tamerlan, opéra que Winter écrivit pour Paris et qui tomba aplat à l'Opéra (1802). En 1803, l'infatigable compositeur se rendit à Londres et donna encore pendant une durée de deux ans trois opéras et trois grands ballets, parmi lesquels il faut citer Orphée, qui réussit à souhait. ^Yinter, de retour à Munich, y ouvrit une école de chant qui forma de bons élèves (1805). L'année suivante, il voulut tenter de nouveau l'Opéra de Paris, mais Castor (traduction d'un opéra italien donné déjà à Londres) ne fut pas plus heureux que Tamerlan. Ce second échec découragea ^Yinter, qui n'écrivit plus pour l'étranger jusqu'en 181 6. A cette époque, il fit un second voyage en Itahe, et y donna z7 ilfaomeio (Milan, 1817) et deux autres opéras. Le Bouffe et le Tailleur, qu'il fit représenter à Gênes, fut son dernier succès (1820). \Mnter fut d'une fécondité rare, mais manqua de réelle originalité. Son œuvre, qui comprend soixante-trois opéras, dix-neuf cantates, un grand nombre de symphonies et 'de morceaux de musique de chambre, est aujourd'hui, à l'exception des opéras : le Labyrinthe. Marie de Montalban, le Sacrifice interrompu, le Bouffe et le Tailleur, complètement tombé en oubli. ^N'inter a publié une Méthode complète de chant, devenue classique en Allemagne.
WOLF (Ernest-Guillaume), compositeur distingué, né à Grossen- Behringen près Gotha en 1735, mort à Weimar en 1762, fit ses études musicales pendant qu'il suivait les cours de l'université d'Iéna, et fut nommé ensuite directeur de la musique au collège de Munich. C'est là qu'il se perfectionna dans fart d'écrire. Après un court séjour à Leipsick, il se rendit à Weimar, où il obtint en 1761 la place de premier violon directeur à la chapelle ducale, et peu après la direction de cette chapelle. Dans ses ouvrages, il a . abordé avec bonheur le genre religieux, le théâtre et la musique instrumentale.
^YOLFF (Edouard), pianiste et compositeur pour le piano, né le 15 septembre 1816 à Varsovie, eut pour maîtres de piano Zawadski dans cette ville, et Wurfel à Vienne. 11 apprit ensuite la composition avec Elsner dans son pays natal, puis il s'y produisit dans les concerts chaque année jusqu'en 1835. A cette époque il se rendit à Paris, s'y fixa et remporta de grands succès chaque fois qu'il s'y fit en-, tendre. Ses composiiions : l'Art de Texpressio?!, l'Art de l'exécution.
WOLF — WRANICZKI. 391
Études, Caprices, etc., sont d'un style élégant et leur nombre dépasse trois cent cinquante. Il est mort à Paris en 1880.
WOLFF (Auguste-Désiré-Bernard), pianiste, compositeur, chef de la célèbre manufacture de pianos Pleyel, Wolff et C'% est né à Paris en 1821. Il fit ses études musicales au Conservatoire et remporta en 1839 un premier prix de piano. Nommé professeur de piano dans cet établissement en 1842, il conserva cette position cinq années consécutives, durant lesquelles il publia un 3 trentaine de morceaux pour son instrument. En 1850, il entra dais la maison de Camille Pleyel, devint son associé en 1852, et demeura seul directeur de la manufacture de pianos, après la mort de l'éminent facteur, en 1855. On doit à M. Wolff plusieurs perfectionnements : un échappement double, spécial à sa maison ; un nouveau format plus petit de pianos à queue et le grand modèle à cordes croisées ; le pédalier, etc., etc. M. Wolff, dont la manufacture est l'une des trois premières non seulement de France, mais d'Europe, a fondé dans son établissement des institutions utiles, telles que Société de secours mutuels, Caisse de prêt sans intérêt, etc. Président d'honneur de la Société des compositeurs de musique, il a institué un prix annuel intitulé : Trix Pleyel-Wolff, et concourt de tous ses efforts à la prospérité de la société.
WORMSER (André-Adglphe-Toussaiint), compositeur, né à Paris le 1" novembre 1851, fut admis dès son jeune âge au Conservatoire et y obtint en 1870 un premier prix d'harmonie ; en 1872, un premier prix de piano ; en 1875, le premier grand prix de Rome. On a exécuté de lui au Conservatoire, comme envoi de Rome, des fragments symphoniques de Diaîie et Endymion^ qui, remaniés et augmentés, furent exécutés en entier au Cirque d'été sous la direction de l'auteur pendant l'hiver de 1881-1882. M. Wormser a publié un recueil de Douze Pièces pittoresques pour piano à quatre mains, etc., et s'est occupé de critique musicale.
WRAMCZKI (Paul), compositeur distingué, né à Neureisch (Moravie) en 1758, mort à Vienne en 1808, commença l'étude de l'orgue au couvent des Prémontrés de sa ville natale et acheva son éducation musicale à Iglau et à Olmutz, où il s'occupa particulièrement de l'étude du violon et de la composition. En 1776, il alla continuer ses études théologiques au séminaire de Vienne. Il fut immédiatement nommé directeur de la musique de cet établissement, et continua
son instruction musicale avec Joseph Kraus. En 1785, s'étant avantageusement fait connaître par de nombreuses compositions, il fut nommé directeur de musique de l'Opéra allemand de Vienne et du théâtre de la cour. 11 conserva ces fonctions jusqu'à sa mort. D'une très grande fécondité, distingué dans son style et dans sa facture, Wraniczki a laissé, en fait d'ouvrages connus, dix-sept opéras et cantates et une grande quantité de musique instrumentale. Dans son œuvre on cite particulièrement Obéron, opéra joué à Francfort avec un succès éclatant en 1790; la Fête du prince, cantate (Eisleben, 1798), et ses Symphonies.
YRADIER (Sébastien), compositeur espagnol, mort en 1865 à Vittoria, est devenu célèbre par ses chansons d'une saveur étrange et typique. Une entre toutes : Ay Chiquita, a été chantée dans toutes les langues et a obtenu une popularité universelle.
ZAPATER (M^^e BosARio), cantatrice, pianiste, professeur et poète lyrique, élève de Valdemosa pour le chant, se révéla vers 1860 comme librettiste, par le poème Gli Amanti de Teruel, qui fut mis en musique par M. Aveline de Aguirre et obtint un grand succès. Son Frimo Amore fut traité par Meyerbeer, et Rossini écrivit pour elle des traits dl braviira, qu'elle exécutait avec un rare talent. Elle a publié des Études pour le chant et des Études pour le piano, qui sont très estimées. Cette cantatrice a surtout chanté dans les concerts.
ZARLINO (Joseph), musicien et écrivain célèbre du seizième siècle, né à Chioggia (État vénitien) en 1519, mort à Venise en 1590, vint à Venise en 1541, fut élève de Villaert et succéda à Cyprien de Rore comme maître de chapelle de Saint-Marc, en 1565. Les écrivains de son temps ne tarissent pas en éloges sur son compte ; mais le peu qui reste de ses compositions (la majeure partie en ayant été enlevée des archives de Saint-Marc) ne paraît pas mériter, quant à l'invention du moins, une renommée aussi considérable. C'est lui qui fit la musique des fêtes données à Henri III de France, lors de son séjour à Venise. Ses Institutions harmoniques sont restées célèbres.
YRADIER — ZINGARELLI. 393
ZAYTZ (Jean), compositeur et chef d'orchestre, né à Fiume en 1834, se fit entendre en pubhc sur le piano et le violon dès l'âge de six ans. A dix ans, il écrivit deux ouvertures, une fantaisie pour le violon, st à douze, un opéra intitulé Marie-Thérèse. Cependant son père, qui le destinait au barreau, contrariait sa vocation et il ne lui permettait de se livrer à la musique que sous la condition d'achever ses études de droit. Zaytz entra au Conservatoire de Milan en 1850 et en sortit en 1836. Lauro Rossi, directeur du Conservatoire, ayant mis au concours entre ses élèves un petit opéra: la Tyi^olese, Zsiyiz remporta le prix et sa partition fut exécutée sur le théâtre de l'établissement en 1853. Nommé second chef d'orchestre à la Scala, il dut abandonner bientôt ce poste pour aller à Fienne, où il fut professeur à l'Institut de musique et directeur de la musique municipale. En 1862, il se rendit à Vienne et fit représenter les Hommes à bord (1863), Fifzli-Putzli, les Rendez-vous en Suisse (1867), l'Enlèvement des Sabines (1868), etc., avec beaucoup de succès. En 1869, il se rendit à Agram (Croatie) comme professeur et directeur de chant de l'Institut de musique et chef d'orchestre du théâtre. Il y donna quatre opéras : Mislav, Ban Leget, Nikola Subie Zrinjskï et Lizinka. Pan Twardowski (le Faust polonais) a dû être représenté ces temps derniers. Le nombre des ouvrages de tout genre du compositeur s'élève à près de cinq cents.
ZIMMERMANN (Pierre -Joseph-Guillaume), professeur et compositeur, né à Paris en 1785, mort en cette ville en 1853, fils du facteur de pianos de ce nom, entra au Conservatoire en 1798, et y obtint un premier prix de piano en 1800, et un premier prix d'harmonie en 1802. Nommé en 1816 professeur de piano à l'École royale de chant et de déclamation (Conservatoire de la Restauration), il compta parmi ses élèves Alkan, Ambroise Thomas, Marmontel, etc. En 1821,11 remporta au concours la place de professeur de composition, mais il préféra garder sa classe de piano. D'une prodigieuse activité comme professeur, il trouvait encore le temps de se livrer à la composition et fît représenter l'opéra-comique l'Enlèvement, qui eut un certain succès. Ses productions pour le piano consistent en sonates, concertos, rondeaux, variations, contredanses, etc. Il a publié l'Encyclopédie du pianiste, qui renferme un cours complet de cet instrument. Une des filles de Zimmermann a épousé M. Gounod.
ZINGARELLI (Nicolas-Antoine) , compositeur , né à Naples le 4 avril 1752, mort en cette ville le 5 mai 1837, fils d'un professeur
de chant, fut mis au Conservatoire de Loreto, où il apprit le violon; pour le contre-point, il eut pour maître Fenaroli. Son premier ouvrage dramatique : I Quattro Pazzi, fut exécuté par ses compagnons d'étude aux applaudissements des professeurs. Après avoir pratiqué pendant quelques années l'enseignement pour vivre, il donna sans succès, au théâtre Saint-Charles, Montezuma en 1784. En 1785, l'Aisinda et Telemacco, à Milan, furent plus heureux. Il se fixa alors dans cette ville et y écrivit Ifigenia in Aulide (1787); la Morte di Cesare (1791); il Mercato di Monfregozo et Plrro (1792); la Secchia rapita (1793); Artaserce (1794); Giulietta e Romeo (1796); Meleagro (1798); il Ritratto {\ld9); Clytemnestra (1801); il Bevitore fortunato et Inès di Castro (1803) et quelques cantates. Entre temps, il avait été donner à Paris Antigone, qui ne réussit pas à l'Opéra. Nommé successivement maître de chapelle de la cathédrale de Milan (1792) et à la Santa Casa de Lorelte (1794), il donna, à Venise, la même année, Apelle e Campaspe, et, l'année suivante, il Conte di Saldagna. Durant son séjour à Lorette, il composa une grande quantité de musique d'église, connue sous le nom d'Annuale di Zingarelli. En 1804, ce maître remplaça Gughelmi à Saint-Pierre de Rome, comme maître de chapelle. En 1811, convoqué pour faire chanter un Te Deum d'action de grâces à Toccasion de la naissance du roi de Rome, il refusa de se rendre à l'église, déclarant qu'il ne reconnaissait d'autre souverain que le pape. On l'arrêta et on le conduisit à Paris, où Napoléon, voulant s'attirer ses bonnes grâces, lui commanda une messe, le combla de présents et lui rendit la liberté de retourner dans sa patrie. Zingarelli se rendit alors à Naples, où il fut nommé directeur du Collège royal de musique. Son administration causa la décadence momentanée de cet étabhssement, qui ne retrouva son ancienne renommée que sous la direction de Mercadante, son élève. Zingarelli fut membre associé des Académies des beaux-arts de France, de Berlin et d'Itahe. Ses meilleurs ouvrages sont Roméo et Juliette et la Destruction de Jérusalem. lia laissé une quarantaine d'opéras.
ZUCHELLI (Charles), célèbre chanteur italien, né à Londres en 1793, mort à Bologne en 1879, se rendit en Itahe avec sa famille en 1803. Il cultiva d'abord la peinture et y obtenait quelques succès à Bologne ; on allait même l'envoyer à Rome, lorsque l'invasion autrichienne vint tout à coup modifier ses projets d'avenir. Il se voua à la carrière théâtrale. Après avoir reçu successivement les conseils de Piloti, Roncagli, Crescentini et Matteo Bahni^ Zuchelli dé-
ZINGARELLI — ZUCCHELLI. 395
buta à Rrmini, dans un opéra de Pacini, en 1816, puis alla chanter à Ferrare, à Munich, à Vienne, où la Guerra aperta et VInganno felice lui valurent de grands succès. De retour en Italie en 1819, il continua la série de ses triomphes à Milan, Vérone, Turin, Rome et à Trieste, où il brilla particulièrement dans VAgnese de Paër. Trenli écrivit pour lui VIsola délie Amazoni ; Pacini, la Gioventu di Enrico V; Mercadante, VAvvertimento ai gelosi. Après cette moisson de succès, Zuchelli alla se faire entendre à Londres, à Paris, à Modène, etc., et termina à Livourne, en 1842, la carrière la plus brillante qu'une basse chantante du genre bouffe ait jamais parcourue.