X-—FORMICIDES
pourrait : rsque dire leur unique occupation, est de pondre des œuts pour perpétuer la société. Elles ne vont pas même à la picorée, elles sont nourries par les ouvrières qui le’ :résentent la miellée qu'elles ont été recueillir sur les fleurs et les plantes, sur le bout de leur langue. Elles paraïssent jouir d’une grande considération, bien qu'on ne puisse les qualifier de reines, comme l'ont fait certains auteurs. (Car elles n’exercent ni empire ni commandement ; elles sont avant tout des mères, Klles ne sont pas d'ordinaire en nombre bien considérable,
Lorsque le temps de la fécondation est arrivé, elles sortent vers le déclin du jour et prennent leur vol dans les airs, et c’est là que les mâles, toujours beaucoup plus nombreux qu'elles, les rencontrent pour l’accouplement. Après cet acte, si elles sont rencontrées par des ouvrières, celles-ci ne manquent pas «\ leur enlever les ailes et de les ramener comme prisonnières dans la fourmilière, Mais si dans leur vol, elles se sont trop éloignées de l'habitation et se trouvent alors solitaires, elles s'arrachent elles-mêmes les ailes et se cherchent une retraite où elles pourront passer l'hiver et fonder une nouvelle colonie,
Une femelle une fois fécondée l’est pour toute sa vie ; elle pourra chaque année, sans nouvel accouplement, pondre des œufs féconds. Nous disons chaque année, car contrairement aux autres insectes, la vie, chez les Fourmis, se prolonge durant plusieurs années.
Les mères au printemps pondent leurs œufs que la chaleur et l’humidité font bientôt éciore. On a observé que ces œufs augmentent de grosseur avant de s'ouvrir pour donner naissance à la larve où petit ver qu'ils renferment, (Certains auteurs affirment méme avoir vu des ouvrières induire les œufs, au moyen de leur langue, d'un certain liquide, destiné sans doute à fournir par absorption, la nourriture aux embryons qui se développent ainsi avant que d’éclore.
Dans une nouvelle colomie, e’est-à-dire lorsque les mères fécondées se trouvent seules, elles pourvoient ellesmêmes à ia nourriture des larves, mais dans les anciennes colonies, ce soin est exclusivement réservé aux ouvrières.
Nous avons déjà fait remarquer que, contrairement aux abeilles, les mères chez les Fourmis sont toujours plusieurs ensemble,
2° Mäles.—Les mâles, 4, toujours plus petits que les femelles, naissent avec des ailes et meurent avec elles, Ils sont aussi toujours plus nombreux que les mères. De même que celles-ci, ils reçoivent la nourriture des ou. vrières, et leur laissent aussi les travaux de construction, d'entretien, de réparation de la demeure, Ils so:tent de la fourmilière pour rencontrer les femelles au temps de l’'accouplement et n’y reviennent plus, ceux qui ont satis. fait aux vœux de la nature mourant aussitôt après cet acte, et les autres périssant isolément, incapables de pourvoir par eux-mêmes à leur propre subsistance, et incapables aussi, par leur propre instinct, de retrouver leur ancienne demeure. Les mâles sont toujours dépourvus d’aiguillon,
8° Guerrières.—De même que dans tout état il est des militaires chargés de veiller spécialement au salut et à la protection de la communauté, ainsi dans la république des Fourmnis, se trouve une classe d'individus destinés par des aptitudes particulières à protéger tous les autres dans l'occasion, Ces guerrières d’un nouveau genre, sont des neutres ou femelles infécondes, 8, qui par leur ‘aille et leur conformation sont rendues, encore plus que les ouvrières ordinaires, plus capables de repousser les ennemis et même de porter la guerre à l'étranger, Comme ici les armes consistent presque uniquement dans les mandibules dentées et coupantes dont est pourvue la bouche, la tête des ouvrières guerrières est démesurément développée, alin d'assurer plus de puissance aux muscles qui font mouvoir ces mandibules.
On est tout étonné souvent en découvrant une four milière de trouver que son intérieur renferme en outre des mâles, femelles et ouvrières grandes et petites (guerrières et ouvrières proprement dites), des fourmis d’une espèce différente de celle à qui parait appartenir proprement la demeure. Ces étrangères, simples ouvrières, semblent cependant se trouver chez elles, car ce sont elles qu’on voit continuellement agir pour les soins ordinaires de l’habi-
rairement t toujours
ts que les c elles. Ils mères. De ‘e des ounstruction, so:tent de ù temps de 1 ont satis.
rès cet acte, Le pourvoir incapables r ancienne d’aiguillon.
at il est des salut et à la ublique des nés par des es dans l'ocont des neuet leur conks ouvrières 1is et même iles armes ules dentées tête des ouloppée, afin ont mouvoir
at une fouren outre des s (guerrières l'une espèce oprement la 8, semblent
bs qu'on voit
es de l'habi
X— FORMICIDES 589
tation, Ce sont des prisonnières, des esclaves enlevées par droit de conquête, sur des peuplades étrangères du voisinage, Car les Fourmis, elles aussi, paraissent pousser la civilisation jusqu’à ce point qu'après avoir construit leur habitation, elles jugent à propos de s'assurer la repos en se reposant pour les soins de la vie sur des captives qu’elles iront prendre de force dans des habitations voisines.
©" Nous rapportons ces conquêtes à des actes de civil.sation peur nous conformer à la manière dont les hommes, nou plus sages, envisagent la chose, car ce ne sont au fond que de véritables actes Ce brigandage où la frice prime le droit. On aurait peine à croire à de tels faits, si des obserrateurs sérieux et dignes de foi, ne Les avaient vu s’optrer sous leurs yeux à differentes époques, et chez des espèces fort différentes dans cette même famille, ÆEntendons ici M. Huber, le grand observateur des Fourmis, nousraconter lui-même, comment il fit la connaissance de ces fourmilières mixtes, où se trouvent des ouvrières sans mâles ni femelles de leur espèce, chargées de tout le soin de la demeure, lorsque les propriétaires mêmes ne font rien, ne commandent même pas, et sont ponctuellement servies.
“ Je vis à la droite du chemin une grande fourmilière couverte de Fourmis Rouges: elles se disposèrent en colonnes, partirent toutes ensemble et tombèrent sur une fourmilière Noir-cendrée, où elles s’introduisirent presque sans opposition, Une partie d’entre elles ressortirent de là, tenant entre leurs pinces des larves qu’elles avaient dérobées; les autres moins fortunées ne rapportèrent aucun fruit de leur expédition : elles se divisèrent en deux troupes : celles qui étaient chargées, reprirent le chemin de leur demeure ; celles qui n'avaient rien trouvé se réunirent et marchèrent en corps sur une seconde fourmilière Noir-cendrée, dans laquelle elles firent nn ample butin d'œufs, de larves et de nymphes, L'armée entière, formant deux divisions, se dirigeant du côté d’où je l’avais vu partir.
“ J'arrivai avant les Fourmis rousses auprès de leur habitation; mais quelle fut ma surprise en voyant à Ja surface un grand nombre de Fourmis Noir-cendrécs! Je soulevai la couche extérieure de l'édifice ; il en sortit
encore davantage, et je commençni à croire que c'était aussi une de ces fourmilières pillées par les Rousses, lorsque je vis arriver à la porte du nid, la légion de celles-ci char. gée des trophées de la victoire, Non retour ne causa aucune alarme aux Noir-cendrées ; les Fourmis Rousses descendirent avec leur proie dans les souterrains, les Noircendrées ne parurent pas s'y opposer ; j'en vis même quelques unes s'approcher sans crainte des Fourmis guer. rières, les toucher de leurs antennes, leur donner à manger, comme celles d'une même espèce le font entre elles, et prendre quelques uns de leurs fardeaux et les emporter dans le nid. Les Fourmis Rousses n’en ressortirent plus de la journée : les Noir-cendrées restèrent encore quelque temps dehors; mais elles se retirèrent avant la nuit.
“ Jamais énigme ne piqua plus vivement ma curiosité que cette singuiière découverte. Je trouvai hientôt, près de chez moi, plusieurs fourmilières du même genre, et je m'étonnai d’être le premier à reconnaitre leur existence... J'étais impatient de reconnaître les relations de ces deux
espèces de Fourmis: pour y parvenir j'ouvris une de leurs fourmilières ; j'y trouvai un grand nombre de Fourmis Rousses au milieu de Noir-cendrées, et je commençai déjà à acquérir quelques notions sur leurs rapports mutuels.
“ Les Noir-cendrées s’occupèrent de suite à rétablir les avenues de la fourmilière mixte ; elles creusèrent des galeries et emportèrent dans les souterrains les larves et les nymphes que j'avais mises à découvert. Les Rousses, au contraire, passèrent indifféremment sur ces larves sans les relever, ne se mêlèrent pas aux travaux des Noir-cendrées, errèrent quelque temps à la surface du nid, et se retirèrent enfin, pour La plupart, dans le fond de leur citadelle.
“ Mais à cinq heures de l’après midi la scène change tout-à-coup ; je les vois sortir de leur retraite ; elles s’agitent, s'avancent au dehors de la fourmilière ; aucune ne s’écarte qu'en ligne courbe, de manière qu’elles reviennent bientôt au bord de leur nid ; leur nombre augmente de moment en moment ; elles parcourent de plus grands cercles ; un geste se répète constamment entre elles; toutes ces Fourmis vont de l’une à l’autre, en touchant de leurs
e que c'était sses, lorsque elles-ci charir ne causa nis Rousses ins, les Noirn vis même purmis guerer à manger, ntre elles, et les emporter ortirent plus core quelque a nuit.
ma curiosité hientôt, près > genre, et je existen Ce...
de ces deux une de leurs de Fourmis mmençai déjà s mutuels.
ite à rétablir eusèrent des s larves et les s Rousses, au arves sans les oir-cendrées, t se retirèrent tadelle.
scène change L: elles s'agi >; aucune ne es reviennent augmente de plus grands e elles; toutes ant de leurs
X—FORMICIDES 591
antennes et de leurs fronts le corselet de leurs compagnes ; celles-ci à leur tour s'approchent de celles qu'elles voient venir, et leur communiquent le même signal, c'est celui du départ ; on voit aussitôt celles qui l'ont reçu se mettre en marche et se joindre à la troupe. La colonne s'organise ; elle s'avance en ligne droite ; tonte l’armée s'éloigne et traverse la prairie ; on ne voit plus aucune Fonrmi Rousse sur la fourmilière. La tête de la légion semble quelquefois attendre que l'arrière garde l'ait rejointe ; elle se répand à droite et à ganche sans avancer ; l’armée se rassemble de nouvean en un senl corps, et repart avec rapidité, On n’y remarque aucun chef; toutes les Fonrmis se trouvent tour à tour les prernières; elles semblent chercher à se dévancer. Cependant quelques unes vont dans un sens opposé ; elles redescendent de Ja tête à la queue, puis reviennent sur leurs pas et suivent le mouvement général; il y en a toujours un petit nombre qui retournent en arrière, et c’est probablement par ce moyen qu'elles se dirigent.
“ Arrivées à plus de trente pieds de leur habitation, elles s'arrêtent, se dispersent et tâtent le terrain avec leurs antennes, comme les chiens flairent les traces du gibier ; elles découvrent bientôt une fourmilière ; les Fourmis Rousses ne trouvant aucune opposition, pénètrent dans une galerie ouverte ; toute l’armée entre successivement dans le nid, s'empare des nymphes et resort par plusieurs issues ; je la vois aussitôt reprendre la ronte de la fourmilière mixte, Ce n’est plus une armée disposée en colonne, c’est une horde indisciplinée , ces Fourmis courent à la file avec rapidité ; les dernières qui sortent de la fourmilière assiégée sont poursuivies par quelques uns des habitants, qui cherchent à leur dérober leur proie ; mais il est rare qu'ils y parviennent.
“Je retourne vers la fourmillière mixte pour être témoin de l'accueil fait à ces spoliatrices par les Noir-cendrées avec lesquelles elles habitent, et je vois une quantité cunsidérable de nymphes amoncelées devant la porte; chaque Fourmi Rousse y dépose son fardeau en arrivant,et reprend la route de la fourmilière e: “ahie. Les Noir-cendrées quittant leur travaux en ma, rie, viennent relever ces
Le]
« a - +23 É ÉFFÉFFÉ
HYMÉNCPTÈRES
nymphes les unes après les autres et les descendent dans lès souterrains : je les vois méme souvent décharger les Fourmis Rousses, après les avoir touchées amicalement avec leurs antennes t celles-ci leur céder sans opposition les nymphes qu'elles ont dérobées,
# Une troisième excursion a encore lieu à la fourmi. lière déjà pillée, mais cette fois-ci ce n'est pas sans une violente résistance de [a part des résidentes, si bien qu'au commencement les Rousses n'étant pas en nombre suflsant, elles se trouvent forcées à retraiter, Jusqu'à ce que de nouvelles arrivées les mettent en moyens de tenter l'assaut avec succès. Klles pénètrent de nouveau dans les souterrains et en reviennent chargées probablement des dernières nymphes qui y restaient. Aucune ne tente de s'emparer des adultes, c'est seulement aux larves et aux nymphes qu'on s'attaque, On prévoit sans doute que ces adultes ne se plieraieut pas à la servitude qu’on leur prépare, il n’y a que ceux qui y sont soumises dès leur haissance qui puissent la supporter. ”
Remarquons iei en passant que ce ne sont pas seulement des espèces voisines qui sont ainsi réduites en esclavage, mais souvent des espèces de genres tont-à-fait différents. Et ces esclaves, ces ilotes, servent leurs maitres avec une docilité, un empressement quai laisserait croire qu'elles peuvent trouver un: espèce d’orgneil, pour elles, faibles et petites, à faire tenir l'existen :e des forts, des puissants, aux services qu'elles leur rendent Car ces tyrans, ces forts, en sont venns, sans doute par l'abus de leur force, à ne pouvoir se suffire à eux-mêmes, à ne compter pour leur existence que sur les brigandages qu'ils peuvent exercer, Les Fourmis se rapprochent de l’homme par leur intelligence, et semblent aussi partager ses vices en partie, La vie mncile et oisive des grands, les rend incapables de pourvoir par eux-mêmes à leur propre existence ; il en est de même chez les Fourmis de haute custe, de forte taille, elles périraient misérablement sans le service des esclaves.
je 4° Ouvrières, — Ce qui constitue un état avant tont, ce sont les ouvriers, c’est le peuple ; et chez les Fourimis, ce sont aussi les ouvrières qui sont les plus nombreuses, Sur
lent dans arger les icalement >pposition
a fourini-
sans une Jin qu'au nbre sufliu’à ce que
de tenter u dans les ement des » tente de ves et aux doute que qu'on leur , dès leur
pas seuless en esclafait differs inaitres srait croire pour elles, s, des puises (yrans, 18 de leur ie compter is peuvent ne par leur s en partie, apables de : il en est forte taille, es esclaves, int tout, ce ourinis, ce euses, Dur
Û X—FORMICIDES, 593
elles seules repose la perpétuité de la rac:, la permanence de la république, Les mères faibles et idiotes, les mâles qui ne naissent que pour mourir, seraient impuissants ‘à pourvoir aux besoins de la communauté, Aussi est-ce aux ouvrières qu'incombe la construction de la demeure, sa conservation et réparation, son entretien dans la propreté et la salubrité convenables, le soin de pourvoir aux provisions, l'éducation des enfants, la police intérieure et la gurde extérieure de la demeure. Elles sont tout à la fois œuerrières, policières, maçonnes, nonrriciéres, nourrices et mêne acconcheuses Oui! accoucheuses, car sans leur secours pour déchirer le maillot dans lequel s’enveloppe la nymphe, celle-cine pourrait parvenir à voir le jour après sa translormation ; et naissant aussi extrémement faible, elle périrait bientôt si la nourrice n’était là pour soutenir sa faiblesse, lui apprendre à faire les premiers pas, la mener à la lisière pour ainsi dire,
Nous avons dejà dit que les femelles infécondes se partagent en deux divisions industrielles, en deux corps de métiers, L'un fait toutes les œuvres de force, le transports des objets pesants, les quêtes lointaines et périlleuses, et an besoin la guerre ; ce sont les guerrières que nous avons fait connaître. L'autre corps presque toujours à la maison, reçoit les matériaux, fait le ménage, soigne l’économie intérieure, et surtout est chargé de l’œuvre capitale, l'éducation des enfants ; ce sont les ouvrières proprement dites,
Les deux corporations, les guerrières où ponrvoyenses et jes ouvrières an nourrices, quoique de taille différente, sont identiques de formes, de couleur, et d'organisation,
La nourriture des Fourmis consiste en matière liquide sucrée tirée des végétaux, des fruits mûrs, du corps même de certaines petites larves, mais surtout produite par d'autres insectes infimes, extrémement nombreux, que Linné avait appelés les vaches laitières des Fourmis, nous vou. lons désigner les pucerons,
Les pucerons, qu'on trouve sur toutes les plantes, paresseux, mous, peu agiles, enfoncent dans le tissu des feuilles ou des pousses tendres leur trompe extrêmement
b94 HYMÉNOPTERES £]
déliée pour se nourrir des sucs qu’elles contiennent, Ils portent sur l’extrémité de leur abdomen une espèce de petit tube ou siphon, de chaque côté, par lesquels exsude une liqueur sucrée, qui est. par excellence le lait qui convient aux Fonrmis et qu’elles s’empressent de recueillir, C'est en exerçant une espèce de clapotement sur l’abdomen des pucerons, que les Fourmis les engagent à laisser échapper la liqueur; elles la saisissent aussitôt de leur langue, l'ingurgitent pour la dégorger ensuite lorsqu'elles la présenteront aux habitants de ia demeure, femelles, mâles et larves.
1l arrive inême souvent que les Fourmis emportent les pucerons dans leur souterrains ou les parquent près de leur habitation pour tirer d'eux leur nourriture au b'soin,
Les Fourmis ont la propriété de secréter elles mêmes un suc acide très caustique ; on sait qu’elle est la propriété de l'acide formique. Les espèces qui se logent dans les troncs d'arbres, savent exploiter cet acide avec avantage. Le pois offre-t-1l trop de résistance à leurs mandibules, elles linjectent de leur acide, puis le grugent à volonté pour y pratiquer leur galeries. Ce sont ordinairement des troncs cariés qu'elles attaquent de préférence ; maisil arrive souvent, surtout dans les chênes et les érables, que certaines portions dans les parties cariées se trouvent encore tout-à-fait saines, et c’est là surtout que leur acide leur sert particulièrement,
Ce sont les ouvrières qui ont à cœur, avant tous, le bien public, l'intérêt de ia communauté, Ne pouvant aspirer aux honneurs de la maternité, elles reportent sur les soins matériels du ménage, toute l'affection dont elles sont capables, Les captives mêmes paraissent s'acquitter de ces soins avec autant de zèle que les ouvrières domestiques.
Le temps de l’accouplement est-il arrivé, voyez les ouvrières se répandre de toutes parts autour de l’habitation, afin de ramener au logis les mères fécondées, Liles s’empressent d'abord de leur enlever les ailes, puis bou gré
D = mt 2 C— O0 ©
nnent, Ils > espèce de uels exsude ait qui con- » recueillir, sur l’abdont à laisser tôt de leur lorsqu'elles e, fernelles,
emportent rquent près urriture au
elles mêmes la propriété ent dans les 2C avantage.
mandibules, it à volonté dinairement hce; maisil érables, que avent encore ide leur sert
rant tous, le pouvant asrtent sur les nt eiles sont acquitter de res domesti-
é, voyez les
de l’habitaidées. Elles puis bou gré
X—FORMIUIDES. 595
mal gré elles les entraînent à l’ancienne demeure. Mais cette abstraction des ailes n’a rien de douloureux pour celles qui les portent, puisque, lorsqu'il arrive qu'étant trop éloignées de la demeure elles ne peuvent la retrouver, on les voit se les arracher elles-mêmes avant de chercher quelque part un lieu de refuge. Nous avons pu nousmème être plus d’une fois témoin d’une telle opération. Se passant les pattes par dessus les ailes, elles les pressent ainsi comme avec un levier et les font céder dans l’articnlation qui les unit au thorax. L'opération terminée, elles cherchent aussitôt une retraite dans le premier trou ou la première fente qu’elles trouvent, s’il ne leur arrive pas de rencontrer des ouvrières qui les guident elles-mêmes à l'ancienne demeure, ou leur en préparent une autre pour fonder une colonie nouvelle.
59 Les larves.— Tous ceux qui ont découvert des fourmilières ont remarqué de suite un grand nombre de petits corps blancs ou jaunâtres, oblongs ou ovoides, que les Fourmis s’'empressent aussiôt d'enlever pour les transporter en lieu plus sûr, dans les parties les plus reculées de leurs galeries. On dit communément que ce sont là les œufs des Fourmis. Le plus souvent cependant ce ne sont pas des œufs, mais bien des larves on des nymphes, En effet, si vous les examinez avec une loupe, vous reconnaissez de suite aux anneaux qui les composent que ce sont des petits vers trapus, apodes, qui ne sont doués que de mouvements à peine perceptibles. Ce sont-là les enfants de la famille que les ouvrières sont chargées de nourrir, en leur dégorgeant dans la bouche la miellée qu'elles sont allées cueillir sur les plantes à la poursuite des pucerons.
Ceux qui ont mis des fourmilières sous verre pour étudier les mœurs de leurs habitants de plus près, assurent avoir vu les nourrices continuellement occupées de leurs nourrissons ; ne pouvant les laisser pour aller à la picorée; elles attendent les quêteuses à la porte, reçoivent d'elles la miellée qu’elles déversent aussitôt dans la bouche des petits. On dit même qu'elles les bercent ou les dorlotent comme pour leur faire sentir qu’elles sont toujours ià pour les protéger, Plusieurs fois par jour, elles les transportent d’un
596 HYMÉNOPTERES
étage à l’autre de la demeure suivant le degré de chaleur et d'humidité qu'elles savent leur être nécessaire.
Dans plusieurs espèces, les larves se filent un cocon pour subir leur métamorphose, C'est encore aux nourrices qu'incombe le soin de rompre ce tissu lorsque le temps de l'éclosion est arrivé.
On voit par tout ce que nous venons d'exposer, qu'il n'est guère d'animaux dont les mœurs soient plus intéres. santes que ies Fovrmis; elles laissent certainement les abeilles bien en arrière d'elles sous ce rapport.
La famille des Formicides se divise en un assez grand nombre de genres, dont plusieurs sont particuliers à des climats plus chauds, Cette famille a encore été si peu étudiee, surtout pour cette Province, qu'on ne pourrait fixer, méme approximativement, le nombre de genres et d'espèces que nous possédons. On croit que les Erats- Uuis en possèdent à peu près 200 espèces; nous n’oserions affirmer que celles de notre Province pourraient attendre la dixième partie de ce nombre. Nous n'avons encore rencontré que les 2 genres qui suivent,
Clef pour la distinction des Genres.
Pédieule de l'abdomen avee un seul nœ id ...... ...... 1. Forurea, Pédicule ie l'ablomen avee 2 nœuds; métathorax épineux. 2, Myu wica,