‹ Petite faune entomologique du Canada et particulièrement de la province de Québec [microforme]Chapitre 8 sur 594 · LA · texte numérisé non relu

LA

6 ORTUOPTÈRES,

Prothorax plan, souvent rebordé latéralement,

Elytres presque crustacées, sans réticulations,horizontales, toujours plus courtes que l'abdomen, tronquées à leur extrémité et se joignant par une suture droite,

Ailes très amples lorsqu'elles sont développées, demi. coriaces à la base, membraneuses à l'extrémité, C’est sous la partie coriace, qui d'ordinaire dépasse les élytres, que la partie membraneuse plissée en éventail, vient se replier en travers dans le repos, contrairement à ce quia lieu dans toutes les autres familles de l'Ordre.

Abdomen allongé, de 7 segments dans les © et de 9 dans les &, terminé dans les deux sexes par une pince formée de deux branches.

Pattes movennes;. jambes ordinairement mutiques. T'arses de 3 articles.

Cette famille diffère essentiellement de toutes les autres, par ses élytres sans réticulations et à suture droite, et par ses ailes se repliant en travers dans le repos. Aussi, après avoir été longtemps confondus avec les Coléoptères, ces insectes ont constitué suivant certains auteurs, un Ordre particulier; mais à la fin, on est canvenu de les ranger parmi les Orthoptères, comme ayant plus d’aflnité avec cet Ordre qu'avec tous les autres.

Les Forficulaires sont généralement de petite taille. Ils se nourrissent de fruits, cerises, raisins, etc., et mangent aussi les restes d’autres insectes. Ils sont fort agiles, et se plaisent particulièrement dans les lieux sombres et humides. Nous en avons souvent pris au vol, vers le soir, en Juillet et Août. La pince qui termine leur abdomen est bien une arme défensive, mais ne peut leur servir que contre certains insectes très faibles. Elle est loin surtout de pouvoir opérer les méfaits que le vulgaire s'est plu à lui attribuer pendant longtemps. Ces insectes, disait-on, s’introduisent dans les oreilles, et au moyen de leur pince se percent une issue jusque dans le crâne en causant la mort. Inutile d'ajouter que cette absurdité n’a pas même de vraisemblance.

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1I—BLATTAIRES, 7

genres, n'est représentée dans notre faune que par le suivant.

Gen. LABtE. Labia, Leach,

Tête presque en cœur, un peu déprimée, vertex ur peu convexe Antennes de douze articles, noueuses Prothorax carré, plan. Pattes de longueur moyenne. Tarses avec le premier et le &e article allongés, le 2e petit, bilobé, plus où moins dilaté.

Une seule espèce,

Labie petite. Zabia minuta, Seudder,

Long. .20 pouce ; longueur de la pince du mâie 15. Thorax, élytres et partie exposée des ailes, brunâtres, avec de petits poils blanchâtres ; la tête avec les côtés de l'abdomen, brun-foncé ; le milieu de l'abdomen et la pince d'un rougcûtre brun, Antennes de 12 articles, pubescentes, aplaties, l'article bastlaire grand, le 2e tiès petit, les 2 articles terminaux jaune pâle, le reste brunâtre. Pattes jiune.pâle, Mâle avec les branches de la pince grêles, un peu courbées en dehors et nese fermant qu’à l'extrémité. Dans la ® les branches sont paral. lèles, beaucoup plus courtes, et vont en diminuant de la base à l'extrée mité,

Un g'et 3 $ examinés, pris au CapRouxe et à Portneuf.

Fam. II. BLATTAIRES. B/aullarie.

Tête presque triangulaire, le plus souvent entièrement cachée sous le prothorax, très inclinée, de manière que la bouche touche presque le présternum.

Antennes sétacées, plus où moins longues, insérées dans un sinus interne des yeux, à articles nombreux, le premier beaucoup plus gros que les autres.

Yeux aplatis, oblongs, échancrés. Deux ocelles,

Bouche à labre étroit, transversal; mandibules larges, dures, comprimées latéralement, denticulées au côté interne ; mâchoires avec un galète plate et à peu près ovale les égalant presque en longueur.

Palpes maxillaires de 5 articles, le dernier sécuriforme ; les iabiaux de 5, presque égaux.

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8 ONTIOPTÈNES.

Prothorax clypéiforme, semicireulaire où suborbicuaire, s'avançant sur la tête et la couvrant ordinairement un entier.

Élytres horizontales, minces, coriaces, en recouvrement oblique à la suture, avec nervures plus où moins nombreuses Ailes amples, membraneuses, pliées longitudinalement dans le repos.

Abdomen large et aplati en dessus, terminé dans les d' par ? filets cylindriques apparents.

Pattes plus ou moins longues ; hanches grandes ; jambes postérieures hérissées d'épines fortes et mobiles, Tarses de 5 articles.

Les Blattaires, qui sont répandus dans toutes les parties du monde, sont des insectes fort agiles à la course, et la plupart destructeurs et fort incommodes; les Kakerlacs et les Coquerelles de nos cuisines, particulièrement dans nos villes, nous en fournissent une preuve convaincante. La plupart de ces insectes sont lucifuges, et ne se montrent au grand jour pour ainsi dire que par accident.

Une singulière particularité chez la plupart des Blattaires, c'est que les femelles, au lieu de pondre des œnfs isolés, comme le font d'ordinaire les insectes, produisent des coques où capsules renfermant de 15 à 30 œufs. Peu de temps après la fécondation, on voit sortir de l'extrémité de l'abdomen de la femelle une sorte de coque oblongue, de substance coriace, carénée sur l’un de ses côtés, rayée ou unie en dessus suivant les espèces. Cette coque, dont ia carène est souvent dentée en scie, est susceptible de s'ouvrir en deux parties comme une coquille bivalve, et est partagée à son intérieur en cellules distinctes renfermant les œufs.

Les petites larves au sortir de la coque sont blanches et de la même forme que leurs parents, sauf Ja taille et les ailes qu’elles n'acquièrent qu'après un certain nombre de mues successives, Il est cependant un grand nombre d'espèces dont les femelles demeurent toujours aptères, et dans plusieurs autres, les deux sexes même n’acquièrent m ais d'ailes.

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II—BLATTAIRES, ÿ

Cette famille, qui compte une quinzaine de genres, n'est représentée q: par les deux qui suivent dans notre faune, que nous devons encore à l'importation ; de sorte que sans les Kakerlacs et les Coquerelles qui se sont naturulisées ici dans nos demeures, nous n'aurions aucun Blattaire en ce pays, du moins en cette Province, car peut-être Ontario et la Nouvelle-Écosse en possèdent-ils quelques espèces indigenes,

Fomelles à ailes 0, où rudimentaires.........,,:e 1, STYLOPYGA,

L'emelles à ailes parfaitement développées. ...,,,,.. 2, Ecroia. 1. Gen. KAKERLAC, Slylopyga, Fischer de W.

Kakerlac, Latreille ; Blaila, auctorum.

Prothorax presque orbiculaire,. Antennes glabres, au moins de la longueur du corps. Elytres avec une strie arquée. Plaque sous-anale des deux sexes à découvert ; filets sexuels des mâles très saillants hors de l’abdomen. Pattes allongées, déliées, cuisses épineuses en dessous, Tarses postérieurs ayant le premier article aussi long que les 4 autres.

Une seule espèce.

Kakerlac orientale. Stylopyga orientalis, Fisch. ; Kakerlac orientalis, Latr, ; Blatta, Linné.

Long. .90 à 1 pouce. D'un brun roussâtre ; le labre avec un point près de la base de chaque antenne, jaunâtre ; les pattes, les antennes et le dessous du corps, brun-roussâtre clair. Antennes longues, à articles nombreux, fort courts, noduleux, les deux premiers lisses, luisants, les autres poilus. Prothorax presque orbiculaire, un peu plus large que long, lisse, luisant, avec une impression de chaque côté, large, oblique, Elytres sensiblement plus courtes que l'abdomen ; la strie arquée qui part de l'épaule pour rejoindre le bord intérieur vers les dicux tiers de la longueur de l’élytre renferme un espace chargé de stries formées par des points, en dehors de cet espace se sont des réticulations formées en travers des ramifications des nervures longitudinales, Aïles d’un jaune sale, un peu plus courtes que les élytres. Filets sexuels longs, articulés, poilus.

Femelle sans ailes, avec des élytres rudimentaires, en ovale allon-

gé, d'environ 2 gnes de long, On y distingue la strie arquée et la ligne élevée latérale. Couleur presque noirâtre, Antennes un peu plus courtes que dans le mâle,

Cette Kakerlac qui nous vient d'Orient est aujourd'hui répandue dans toute la Zone tempérée, tant de PEurope que de l'Amérique, D’après Harris, elle se trouverait sur les bords de la mer dans le Massachusetts, mais ici on ne la rencontre que dans les habitations. En France, on lui donne généralement le nom de Caffurd, mais à Québec elle n’est guère connue autrement que sous le nom de Barbeau de cuisine. La Kakerlac aitne particulièrement les endroits obscurs et chauds, comme les fours, les cheminées de cuisine etc. Dans le jour, elle reste cachée dans les fentes des murs et des planchers, mais elle sort la nuit et se répand partout pour dévorer les provisions de bouche, particulièrement le pain et la farine, dont elle se montre très friande, Le mâle, quoique pourvu d'ailes, en fait rarement usage ; mais les deux sexes, au moyen de leurs griffes, peuvent grimper partout. lle exhale une odeur désagréable, se rapprochant beaucoup de celle de Ia souris.

À part la malpropreté et ses dégats dans les provisions de bouche, elle est tout à fait incapable de nuire, ne pouvant ni piquer ni mordre.

On se sert de divers moyens pour lui faire la chasse ; l’un des plus efficaces est de lui préparer une avenue à quelque vase en faience à parois verticales, dans lequel on jette quelques petits morceaux de pain. Une fois dans le vase, l’étamage des parois ne donnant pas assez de prise à ses griffes, elle se trouve incapable d’en sortir.

D’autres emploient encore le moyen suivant, Ils déposent un torchon humide au milieu de la cuisine le soir, et enlève la lumière. Après un certain temps, ils reparaissent tout à coup avec la lumière et trouvent les Kakerlacs en quantité, s'abreuvant an torchon, Bien qu’elles fuient alors de tout côté pour chercher leurs retraites, on a le temps d'en écraser un grand nombre qui ne peuvent y parvenir assez tot.

Enlin les poudres et pâtes insecticides peuvent être employées aussi avec beaucoup de succès.

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II—-BLATTAIRES, 2. Gen. BLATTE. £clobia, Westwood.

Tête presque entièrement cachée sous le prothorax. Antennes lonvues, légèrement pubescentes. Prothorax nn peu plus étroit en avant, à bord postérieur arrondi et sans rebord. Plaque sousanale cachée dans les femelles, apparente dans les mâles. Filets sexuels assez longs dans les 4. Pattes de longueur moyenne; tarses à crochets munis d’une pelote au milieu, le 4e article très petit et bilubée,

Une seule espèce.

La Blatte Germanique. Æctobia, germanica, Stephens ; Blatta parallela, Say ; BL. germaniea, Li; Kulkerlac germanicanus, Brullé. Vulgt. Coguerelle ; Angl, Cockrouch.—Fig. 1. Crotrn (ON |

Long. 45 pouce. D'un jaune livide ; tête brunâtre avec une bande testacée entre les yeux. Prothorax un peu plus étroit en avant les côtés diaphanes, finement rebordés, avee 2 bandes longitudinales brunes sur le disque. Elytres dépassant l'abdomen, un peu rétrécies à l'extrémité, striées et reticulées, tant dans la partie circonscrite par la strie oblique qu’en dehors; de chaque côté, une ligre fine, élevée, brunâtre, part de la base et se prolonge en s’affaiblissant jusqu’à l'extrémité, bords diaphanes, Aïles de la longueur des élytres, testacées, striées longitudinalement, Dessous du corps noirâtre, sauf la poitrine qui est testacée, Pattes testacées, annelées de brunâtre à la jointure de la cuisse avec la jambe. Antennes brunâtres, de la longueur du corps au moins,

On assigne la Prusse comme la patrie de l’importune Coquerelle. On dit qu’elle fut transportée en Russie pendant la guerre desept ans. Aujourd’hui, grâce aux facilités de communication, elle est répan.

due dans tous les pays du monde.

Elle est cependant beaucoup plus incommode dans les cli.

mats tempérés que dans la zône n torride, par ce qu'elle se confine

Fig, 1. dans les premiers, uniquement dans les habitations, tandis que dans les climats plus chauds elle habite également les habitations et les

Fig. 1.—Ja Blatte germanique, Æctobia germanica ; © laisse voir La coque d'œufs qu’elle porte à l’extrémité de son abdomen,

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forêts. Les vaisseaux sur mer ont souvent aussi grandement à souffrir de sa présence.

La Coquerelle recherche de préférence les endroits les plus chauds des habitations; les fourneaux des cuisines Jui offrent surtout une demeure de prédilection; nous en avons vu résister à une chaleur où il était impossible d'y tenir la main. Les pelotes ou ventouses dont sont armées les grifles de ses pattes, lui permettent de s'attacher aux corps mêmes les plus lisses, aussi on la voit se promener à l'aise sur les plafonds. Le mâle se sert rarement de ses ailes, et ia femelle presque jamais ; on ne voit même presque jamais le premier remuer ses élytres,

La Coquerelle mange à peu près tout ce qu'elle peut rencontrer; cependant elle parait préférer 2 pain. Elle ne recherche pas la farine comme sa cous la kakerlac, et se soucie peu de la viande, lorsqu'elle peut trouver d'autre nourriture, Ses habitudes vagabondes la rendent encore plus importune que la kakerlac dans nos cuisines ; marchant sur les plafonds, la vapeur qui s'échappe des chaudrons lorsqu'on les découvre, la fait souvent tomber sur les aliments qu'on cuit. Il faut une attention constante de la part des cuisinières pour soustraire les aliments à sa rencontre et restreindre sa multiplication, On emploie pour la combattre les mêmes moyens que pour la Kkakerlac.

Nous ne mentionnons que ces deux Blattaires, toutes deux domestiques, pour la Province de Québec; il pourrait se faire que la kakerlac Américaine, Periplanela Americana, Burmeister, que nous avons trouvée si abondante dans l'Illinois, se rencontrerait aussi dans Ontario, c’est ce dont nous n’avons pu nous assurer d’une manière certaine,

Fam. III PHASMIDES. Phasmide.

Tête souvent bombée postérieurement, plus petite dans

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Antennes souvent aussi longues que le corps, le plus souvent filiformes et velues,

Yeux petits, arrondis; ocelles o où au nombre de 8.

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ITI—PHASMIDES, 13

Bouche à labre transversal, échancré en avant; mandibules grosses; mâchoires peu développées, avec une galète fort courte ; lèvre avec une galète s'étendant jnsqu'au labre,

Palpes épais, aplatis, les Mmaxillaires de 5 articles les labiaux de 3.

Thorax variable, Méso.

| thorax ayant souvent 3 ou 4 fois la longuenr du pro- | thorax.

| Elytres courtes dans les / d', ne recouvrant que la base des ailes, celles-ci Manquant souvent dans les ?, Abdomen de 8 segments, . le plus souvent très allongé et cylindrique.

Pattes le plus souvent longues, les antérieures éloignées des deux autres paires, Tarses de 5 articles, les 4 premiers appendiculés en dessous.

à Ÿ Cette famille renferme \ les plus grands insectes | Connus; c’est elle aussi ; qui compiend ces formes

bizarres qui leur ont fait

à donner les noms de Jan-

| “ lômes, feuilles animées, dia.

À bles, spectres, feuilles ambu-

t lantes,elc. Cesont tousdes

Fig, 2. insectes assez iourds, se nourrissant de végétaux, et qu'on trouve d'ordinaire sur le Sommet des arbrisseaux solitaires et se remuant peu. On

2.—Le Diaphomère à cuisses reuflées, Diaphomera Jemorata ; de grandeur naturelle,

dit qu'à l’état de larves, s’il arrive qu'un accident leur enlève une patte, cette patte reparait aussitôt à la mue suirante, mais un peu plus petite, comme la chose a lieu pour les Crustacés.

Cette famille n’est représentée dans notre faune que par une seule espèce que nous n'avons jamais rencontrée dans le voisinage de Québec, mais qu'on a pu prendre plusieurs fuis sur la montagne de Montréal,

Gen. DIAPHOMÈRE. Diaphomera, Gray.

Tête moyenne. Antennes longues, sétacées, multiarticulées. Thorax long ; mésothorax ayant au moins 3 fois la longueur du prothorax. Abdomen plus court que le thorax. Pattes longues, les 4 dernières cuisses armées d’un chochet unique, spiniforme, recourbé, les intermédiaires renflées dans les &. Ailes 0.

Une seule espère.

Diaphomère à cuisses renflees. D'aphomera femorata, Scudder, D. Suyi, Gray ; Spectrum femoratum, Say ; Bacteria Sayi, Burwm.—Vulst. Spectre,

Long, 3 pouces. D'un vert brunâtre, lisse et luisant, Deux petites lignes blanchâtres sur la tête, au-dessus des yeux. Pattes intermédiaires plus courtes que les autres. Cuisses annelées de brun et de jaunâtre, avec des lignes longitudinales élevées, les 4 dernières avec une épine recourbée près de leur extrémité, Antennes aussi longues que le corps et de même couleur. Femelle à corps plus robuste, à cuisses intermédiaires non renflées,.

Le Rév. M. Rousseau, du Collége de Montréal, nous dit en avoir pris plusieurs fois sur des feuilles de frêne, dans le voisinage de cette ville, Nous ne sachons pas qu'on l'ait jamais rencontré ailleurs en cette province.

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