Les Tarses (Tarsus
La partie qui termine la patte des insectes a reçu le nom de tai-se. Elle se compose d'un certain nombre de pièces, jamais au dessus de cinq, articulées les unes à la suite des autres, auxquelles on donne le nom d^ articles ou de 2^h^l<ingps. La plupart des entomolo^gistes, après Geoffroi, se sont servis du nombre des articles des tarses, pour partager les Coléoptères en différentes coupes, quoique ce mode de classification vienne souvent interrompre les séries de la méthode naturelle. Dans les autres ordres, les tarses fournissent aussi de bons caractères génériques. Voici les noms des différentes sections de Coléoptères partagés d'après le nombre des articles des tarses.
Pentamère}^, ceux qui ont cinq articles à tous les tarses. A cette section appartiennent plus de la moitié des Coléoptères, la plupart des Lépidoptères et des Névroptères, tous les Diptères, etc. Ex : les Cicindèles, les Calosomes, les Hannetons, etc. Fig, 12, a, b, e.
Hétéromèrcs, ceux qui ont 5 articles aux 4 tarses anté-
rieurs et 4 aux 2 post(5rieurs. Ex. : les Tunébrions, les Méloés, les Cantharides, etc.
Tétrnmères, ceux qui ont 4 articles à tous les tarses. Ex : les Charançons, les Scoljtes, les Saperdes, etc., Fig. 12, c.
Trimères, ceux qui n'ont que 3 articles à tous les tarses. Ex. : les Coccinelles, les Grillons, et presque tous les Hémiptères. Fig. 12, d.
Fis. 12.
La forme des articles des tarses varie considérablement dans les dififérents genres, souvent même dans les sexes ; plusieurs Carabiques ont les articles des tarses antérieurs dilatés dans les mâles seulement. Chez les Apiaires, le
Fig. 12 — or, patte de la Chlœnitts serîceus ; 6, patte de VAphodius fosapr ; c, patte de Saperde, à 4 articles dont la 3e bilobé ; d, patte de Coccinelle ; e, patte d'une Abeille, le premier article en corbeille ; /, patte de Bélostome.
56 ENTOMOLOGIE ÉlÉMEXTAIRE.
premier article des tarses postérieurs est fortement dilaté et comme encavé, de manière à former une espèce de corbeille, qui sert à l'insecte à recueillir le pollen des fleurs, Fig. 12, e. Dans un grand nombre d'insectes, le pénultième article des tarses est bilobé ou fortement dilaté, Fio-. 12 c.
Les tarses, en outre des crochets qui les terminent, sont encore souvent pourvus d'appendices, qui permettent aux insectes de pouvoir marcher sur les corps les plus lisses, mênie en tenant leur cor^^s renversé, dans bien des espèces.
Les croclietg qui terminent les tarses sont, dans le plus grand nombre des espèces, doubles, c'est-à-dire composés d'une tige articulée avec le dernier article du tarse, et se partageant en 2 branches crochues à sa partie inférieure. Il arrive dans certain cas que l'une des branches se trouve mobile, par une articulation avec sa jumelle ; mais le plus souvent la tige et les branches ne font qu'un tout. Dans quelques espèces, Tune des branches est plus courte que l'autre, comme dans les Hoplies ; quelquefois même elle paraît réduite à une simple soie, comme dans quelques Elatérides. Les Galéruques, Macrodactyles, etc., paraissent avoir 4 crochets à chaque tarse, chaque branche étant fendue en 2. Les Bélostomes et quelques autres espèces n'ont qu'un seul crochet aux tarses antérieurs, fig. 12, /.
Mr. Kirby a donné le nom de pulvilH aux appendices des tarses des insectes qui les rendent capables de s'attacher aux surfaces liesses. Ces appendices se partagent en 4 espèces diflcrentes, savoir : brosse, pelote, sole, ventouse.
La bro=:se consiste en un faisceau de poils longs et tellement serrés, qu'ils prennent l'apparence d'un velours garnissant le dessous entier des tarses ou quelques uns de leurs articles seulement : les Curculionites, les Longicornes, les Chrysomolines, etc. Dans certaines espèces, les brosses ne sont bien développées que chez les mâles. Ex.: Cicindèles, Sil[hcs, Staphylins, etc.
La pelote, qu'on rencontre le plus souvent chez les Orthoptères, et dans bien des cas unie aux ventouses, consiste en une membrane vésiculeuse, convexe, oblongue, divisée longitudinalement en 2 par un sillon et fixée à la plante de chaque article par sa partie centrale. Elle varie comme la brosse en nombre et en situation.
La sole est un appendice membraneux, se terminant par un ou deux tubes qui débordent l'article du tarse ; cet appendice est souvent garni de poils sur les bords.
Enfin la ventouse est un appendice propre ù faire le vide, comme l'instrument dont elle porte le nom. C'est au moyen des ventouses dont sont munies leurs pattes, que les mouches peuvent marcher, même sur le verre, le y corps renversé. Cet appareil consiste en une membrane cupuliforme, faiblement dentée dans son intérieur, granulée extérieurement, capable de dilatation et de contraction et attachée à la plante du tarse par un cou étroit qui lui permet de se mouvoir dans tous les sens. La ventouse en s'appliquant sur un corps, s'empare par sa dilatation, d'un plus grand espace dont elle expulse l'air atmosphérique, et fixe au moyen de ce vide la patte de l'insecte au corps touché.
Telle est en générale la conformation de la patte chez les insectes. En étudiant attentivement cette conforma-
tion, dans les dififorentes espèces, il ne sera pns difficile de se rendre compte de la manière dont peut s'opérer les trois sortes de mouvements particuliers aux insectes, savoir : la marche, la nage et le saut, puisqu'on rencontre facilement dans chacune les instruments propres à se prêter à ces mouvements.