ENVOI
Comme un des plus grands obstacles, en ce pays, à l'étude de l'histoire naturelle, est le manque d'ouvrages traitant spécialement des productions naturelles de cette partie du nouveau continent, nous voulons faire suivre les principes généraux de la science entomologique que nous avons donnés, d'une petite faune de nos insectes, afin que les amateurs puissent y trouver un moyen de reconnaître, par l'application, les principes que nous avons posés, en même temps qu'une méthode pour coordonner les collections qu'ils ne doivent pas manquer de commencer dès le début, s'ils veulent faire connaissance avec ce monde des infiniment
128 PETITE FAl'NT ENTOMOLOGIQUE
petits, et se rendre familières les règles qui régissent leur organisation, leur vie, leurs mœurs, leurs transformations, leur habitat, etc. Sans collectionner, inutile de viser à devenir, nous ne dirons pas une autorité dans la science qui a fixé votre choix, Entomologie, Conchyologi^, Botanique etc., mais pas même un amateur éclairé en fait de ces sciences.
Nous intitulons ces études sur nos insectes Petite Faune, par ce que nos études, nos observations, et les matériaux à notre disposition ne nous permettraient pas encore de pousser nos prétentions jusqu'à devenir l'auteur d'une véritable faune Entomologique de notre pays; et d'ailleurs, les quelques pages de notre publication que nous réservons à ces articles seraient bien insuffisantes pour l'étendue qu'exigerait un tel ouvrage.
Tous les jours nous recevons des demandes comme celles ci : Par quel moyen parvenir à l'identification des insectes que je rencontre ? - Ou pourrais-je en trouver des descriptions exactes ? Quel ouvrage me procurer dans ce but ? etc. Et nous sommes forcé de répondre : La Faune Entomologique de l'Amérique est encore à faire ; les faunes Européennes, quoique très utiles à ceux qui écrivent sur la matière, sont d'un faible secours pour les amateurs qui voudraient parvenir en peu de temps à l'identification de tel ou tel insecte qu'ils peuvent
Tencontrer. Il existe, il est vrai, une foule d'écrits sur les insectes de l'Amérique, mais ces écrits sont éparpillés et distribués par parties dans un grand nombre de publications périodiques fort dispendieuses, et qui, par faute de méthode, et pour n'être pas exclusivement consacrées à l'Entomologie, rendent les recherches très difficiles et souvent même impossibles ; ajoutons qu'à peu d'exceptions près, ces écrits sont tous en langue anglaise. Les quelques monographies Américaines qui ont été publiées jusqu'à ce jour, se bornent, le plus souvent, à une' seule famille ou à un seul groupe, souvent même à un seul genre, et les descriptions d'espèces étant très souvent détachées de celles de leurs genres, et faites sans aucune liaison avec leurs voisines, l'identihcation, la plupart du temps, devient un traveil long, difficile et très peu sûr. Bornant nos études aux seuls insectes du Canada, nous espérons pouvoir offrir à nos lecteurs, au moyen des clefs et des descriptions succinctes que nous donnerons, une voie assez sûre d'identifier la plupart de nos insectes, si non, de pouvoir du moins, assez facilement, déterminer la place que tel ou tel spécimen qu'ils pourraient capturer, et dont nous n'aurions pas donné la description, devrait occuper dans leur collection.
Les tables et clefs analytiques que nous donnerons seront trouvées, nous ne l'ignorons
130 COLÉOPTÈllKS.
pas, défectueuses clans bien des cas ; cependant, employées pendant plusieurs années, nous leur avons fait subir maintes et maintes corrections pour les rendre de plus en plus sûres, et toutes défectueuses qu'elles restent encore, elles nous ont toujours été d'un très grand secours.
Nous commencerons par les Coléoptères, et nous passerons successivement aux autres ordres, s'il nous est donné de pouvoir nous y rendre.
1 Ordre. Les Coléoptères.
Le mot Coleoptère vient de deux mots grecs, kolem^^ qui signifie étui, et pteron^ aile. Ces insectes ont à la vérité quatre ailes; mais les supérieures, qui sont dures, coriaces, épaisses, sont plutôt des étui qui servent à protéger les inférieures, que de véritables ailes ; aussi ces étuis ne servent ils de rien dans le vol.
Cette consistance cornée des ailes supérieures, qui donne à tout l'insecte une apparence plus ou moins solide, permet à preuîière vue, de distinguer les Coleoptère de tous les autres ordres. On donne vulgairement le nom de barbeaux ù tous les Coléoptères ; les Anglais les appellent brelles, et souvent aussi, mais très improprement, bugs;.
La tôte, dans les Coléoptères, est unie aux thorax par une membrane plus ou moins flexible. Elle varie beaucoup dans sa forme, et plus souvent elle est enfoncée dans la partie antérieure du prothorax, mais elle est aussi quelquefois rétrécie en cou en arrière des yeux.
Les yeux, qui font aussi déforme très variable, sont composés d'un grund nonibre de petites lentiles réunies.. Les ocelles ne se montrent (jue dans un très petit nombre d'espèces.
Les antennes aflfectent une très grande variété do formes, elles tout filiformes, serrées, pectinées, en massue, moniliformes, capitées, lamellées, etc. Elles sont insérées au devant des yeux, un peu au-dessus de la base des mandibules.
Les organes buccaux se composent d'un labre, d'une paire de mandibules, d'une paire de mâchoires armées chacune d'un p;ilpe, et d'une lèvre inférieure portant 1 aussi deux palpe*.
Le menton qui est ordinairement assez petit, est souvent échancré en avant, portant au milieu de cette éehancrure une dent qui est souvent bifide au sommet. La forme de cette dent sert souvent dans la distinction des genres.
]jes trois segments du thorax, qui portent chacun une paire de pattes, varient beaucoup en étendue et en forme. Le prothorax est toujours séparé du mésothorax et se meut indépendamment des deux autres segments, qui sont recouverts par la base des élytres.
Les épimères du prothorax atteignent quelquefois la hanche, et quelquefois elles s'en trouvent séparées par les épisternes ; c'est la un caractère important dans la classification.
Les élytres ou ailes supérieures, qui sont toujours plus ou moins cornées, sont portées par le mt'sothorax.
Les ailes inférieures, membraneuses,, que porte le mé-
tathorax, après s'être plissées dans le sens de leur longueur, se replient ensuite en travers pour se loger sous les élytres dans le repos. Elles manquent dans quelques espèces.
Les pattes qui sont très variables dans leur forme, portent aux tarses tantôt cinq articles, tantôt quatre, et d'autrefois trois seulement. Ce caractère est d'un grand usage dans la direction des genres, et même des familles.
L'abdomen n'a jamais plus de neuf segments, et les arceaux dorsaux sont unis aux ventraux par une membrane qui porte les stigmates.
Tous les Coléoptères sont à métamorphoses complètes. Les larves sont ou hexapodes ou apodes ; elles ont toujours la tête bien distincte du reste. Les nymphes sont inactives et enveloppées d'une membrane assez lâche pour laisser voir les organes de l'insecte parfait.
De tous les insectes, les Coléoptères sont de beaucoup les plus nombreux et ceux qui ont été les plus étudiés». On ne porte pas à moins de 120,000 le nombre des espèces connues. De ce nombre, l'Amérique boréale pourrait en réclamer environ 1.500, et le Canada en particulier à peu près 1,500, réparties en 54 familles distinctes,
La table systématique qui suit peut servir à distinguer ces familles les unes des autres.
TahJe systématique des familles des Coléojyfères.
N. B. — Si la réponse à chaque proposition émise suivant le chiffre d'ordre est affirmative, vous devez passer au numéro suivant, jusqu'à ce que vous parveniez à un
Coleopte;îê3.
IRB
hôiu de famille ; mais si cette réponse est négiitivc, il faut p isi«er au numéro indiiiué dans la parenthèse pour continuer le mcMne procédé.
Les chiffres romains à la suite du nom de chaque famille, indique le numéro d'ordre de chacune de ces familles.
PEXTAMÈRES.
1 (G6) Cinq articles à tous les tarses ;
2 ( 9) Premier s'jgiu'ent abdoîninal visible seuîen-.ent aux
côtés ; v^ ( 6) Jambes propres à la marche )
4 ( 5) Antennes insérées sur le fron!.. . CiCiNUÉUDES L
5 ( 4) Antennes insérées sous un rebord
de la tête . . , Carabiques IL
6 ( '^) Jambes propres à la nage 5
^ ( 8) Deux yeux; antennes grêles. . . , D\^tiscïdes IIL
8(7) Quatre yeux I antennes Cjuries, ir-
régulières Gyrixides IV.
B ( 2) Premier segment abdominal visible au milieu et aux côtés j
10 (21) Segments dorsaux reco*aVerts par l-es élytres demi
membraneux ; il (47) Antennes sans fnassue lameî'.éej jambes ïïon fouisseuses ;
12 (35) Segments ventraux libres;
13 (51) An'tennctj en inasslîe plus eu moins di.-tip.ct«, mais
non lamelfée ;
14 (41) Tarses de cinq articles 5
15 (IG) Palpes lotigs, les labiaux très dis^
tants. . , •. HvdropSilides V".
16 (15) Palpes labiaux se touchant à la base ;
17 <24) Hanches antérieures grauiles, coniques, proémi-
nentes, à cavités ouvertes en arrière j
18 (27) Hanches po?térieures proéiiiinenteF, un peu ccni^
ques, sans sillon pour recevoir les cuissses ;
19 (20) Yeux nuls, ou finement granulés. . Silphtdes VJ.
20 (19) Yeux fortement granulés. — Scydménides Vil.
21 (10) Segments dorsaux à découvert, entièrement cor*
nés ; •22 (23) Abdomen non flexible ; segments
ventraux 5 ou 6 Psélaphides VllL
23 (22) Abdomen flexible 5 seguients ven-
traux 8 Staphylinides IX,
24 (28) Hanches antérieures transversea, non proémi-
nentes 5
25 (44) Hanches postérieures aplaties, sans sillon pour re-
cevoir les cuisses )
26 (30) Antennes géniculées Histértdes X.
27 (43) Hanches postérieures ovales^ non
proéminentes, sans sillons; dernier
segment ventral long,, ScapUidiides XI.
28 (40) Hanches antérieures ovales ou arrondies, non proé-
minentes;
29 (37) Hanches postérieures aplaties; 1er
anneau ventral le phis grand. .. Pbalacrides XII.
30 (26; Antennes droites;
SI (34) Tarses plus ou moins dilatés;
32 (33) Cinquième article des tarses plus
court que tous les autres réunis.. Nitidulîdes XIII 83 (32) Cinquième article des tarses plus
long que tous les autres réunis. Monotomides XIV.
34 (31) Tarses non dilatés, 1er article
court Trogositides XV.
35 (45) Les 4 premiers segments ventraux soudés ; tarses
à 4 articles;
36 (46) Antennes régulières; jambes non
fouisseuses Colydiides XVI,
37 (29) Hanches postérieures légèrement proéminentes?
segments ventraux sub-égaux 5
COIÉOPTÈRES. 135
38 (39) Hanche? interinéJiaires distantes
des antérieures Cucujidks XV'IL
30 (38) Hanches interniéJiaires et antérieures contigues Cuyptophagides XVKI.
40 (28) Hanches antérieures coniques,
leurs cavités confiuentes, fermées en
arrière Dérodoxtides XIX.
41 (42) Tarses (le 3 articles. .. . ... Lathriduues XX.
42 (14) Tarses (îe 4 articles. .. . Mycétoph.\gides XXI. 4'S (18) Hanches postérieures avec un sillon pour recevoir les cuisses . Dermestides XXII.
44 (25) Hanches postérieures avec un sil-
lon pour recevoir les cuisses. . . Byrrhides XXIII.
45 (50) Les 3 premiers segments ventraux
soudés ; tarses à 5 articles, le dernier très long ». Parxides XXIV.
46 (3G) Antennesirrégulières, jambes fouis-
seuses. HÉTÉROCÉRIDES XXV.
47 (11) Antennes à massue lamellée ; jambes fouisseuses;
48 (49) Articles de la massue fixes... . Lucanides XXVI.
49 (48) Articles de la massue mo-
biles SCARABÉIDES XXVII.
50 (35) Les 2 premiers segments ventraux
soudés; antennes dentées.. . Buprestides XXVIII.
51 (13) Antennes plus ou moins dentées,
sans massue réçrulière :
52 (57) Hanches postérieures avec un sil-
lon pour recevoir les cuisses ;
53 (54) Hanches antérieures globu-
leuses ..... Elatérides XXIX.
54 (53) Hanches antérieures transverses ou coniques ;
55 (63) Tête non rétrécie en arrière ;
56 (64) Epimères du mésothorax atteignant
les hanches Dasctllides XXX.
57 (52) Hanches postérieures sans sillon ;
loG COl.ÉOPïèllES.
58 (62) Tarses non lobés; lianches postérieures plus ou
moins proéiuinentes ]
59 (65) Hanches antérieures longues, avec
un trochantin;
60 (61) Segments ventraux 7 ou 8.. Lampyrides XXXI.
61 (60) Segments ventraux 6, ou 5 en ap-
parence. .... . Malacbiides XXXîI.
62 (58) Tarses avec lobes tnenibraneux;
hanches postérieures aplaties... Ci.ÉiaDES XXXIII.
63 (55) Tête brusquement rétrécie en ar-
rière CUPÉSIDES XXXIV.
64 {ô^) Epimères du mésothorax n'attei-
gnant pas les hanches Ptinides XXXV
65 (59) Hanches antérieures arrondies,
sans trochantin Ptinides XXXV.
HÉTÉROMÈRES.
66 (89) Quatre articles aux tarses posté-
rieurs, 5 aux 2 autres paires ;
67 (72) Cavités coxales antérieures fer-
mées en arrière ; Ç>'è (70) Crochets des tarses simples ;
69 (71) Pénultième article des tarses muni
d'une brosse Téxébrioxid es XXXVI.
70 i'o'è) Crochets des tarses pectines. CiSTÉLiuES XXXVII.
71 (69) Pénultième article des tarses muni
d'une brosse Lagriides XXVItl.
72 (67) Cavités coxales antérieures ouvertes en arrière; 78 (78) Tête non fortement rétrécie en arrière;
74 (76) Hanches intermédiaires coniques, fortes;
75 (77) Prothorax à bords latéraux dis-
tincts MÉLANDRITDES XXXIX.
76 (74) Hanches intermédiaires peu proé-
minentes ; tête horizontale Pythides XL.
7 (75) Prothorax sans bords latéraux dis-
tincts Œdémérides XLI.
78 (7o) Tête fortenient rétrécie en arrière
des jeux ;
79 (80) Tête graduellement rétrécie en ar-
rière des yeux Céphaloides XLII.
80 (79) Tête brusquement rétrécie en ar-
rière des yeux;
81 (82) Prothorax à sutures latérales dis-
tinctes, sa base de la longueur des
élytres Mordellides XLIIL.
82 (81) Prothorax sans sutures latérales distinctes;
83 (88) Prothorax plus étroit que la base des élytres;
84 (85) Hanches postérieures non proémi-
nentep Axthicides XLIV-
85 (34). Hanches postérieures fortes, j)roéminente5 ;
86 (87) Crochets des tarses simples. Pyrochroides XLV.
87 (b'6) Crochets des tarses fendus ou den-
tés MÉLOIDES XLVI..
88 (83) Prothorax, aussi large que la base
des élytres Rhipiphorides XLVH.